Affichage des articles dont le libellé est france. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est france. Afficher tous les articles

mardi 22 février 2011

Quand le «Sarkoboy» Boris Boillon soutenait Kadhafi

DIPLOMATIE - L’ambassadeur français, invité du Grand Journal de Canal+ en novembre dernier, prenait alors la défense du dirigeant libyen...

«Kadhafi était un terroriste, il ne l'est plus (…) Dans sa vie, on fait tous des erreurs, et dans sa vie, on a tous le droit au rachat.» L’échange, entre Boris Boillon, alors ambassadeur en Irak, et le journaliste Jean-Michel Apathie, se tient sur le plateau du Grand Journal de Canal+, le 25 novembre dernier. Un appui du jeune diplomate, proche du président de la République, qui fait grincer des dents, alors que le dirigeant libyen réprime aujourd’hui sa population dans le sang.

«Il a fait son autocritique»

Et le diplomate continue: «Mais qui peut se prétendre parangon de vertu et de démocratie?... Je ne suis pas un avocat, il ne faut pas laisser court aux clichés.» Selon Boris Boillon, le dirigeant –lié notamment à l’attentat de Lockerbie, en Ecosse, qui a fait 270 morts- a «fait son autocritique». Il aurait donc droit à la réhabilitation…

«Sus aux idées reçues»

Dans ce même extrait, le jeune «Sarkoboy» répond à une question sur sa relation avec le colonel: «Khadafi vous appelle-t-il mon fils?» «Oui». «Et vous le dites comme si c’était normal!». Après l’absolution, surgit le dévoilement d’une proximité affective entre les deux personnalités. Voilà qui réjouira tant la diplomatie française, qui connait depuis plusieurs semaines des ratés, que la population libyenne, actuellement réprimée.

A.-L.B.
------------
20minutes

lundi 21 février 2011

La France a-t-elle protégé des neveux de Ben Ali dans un trafic de yacht ?

Huit prévenus avaient été jugés à Ajajcio. Imed et Moez Trabelsi, ainsi qu’un autre ressortissant tunisien Naoufel Ben Mohamed el Habib n’avaient pas été cités par le parquet d’Ajaccio. Ils avaient été condamnés à des peines allant de six mois à deux ans de prison. (Photo Pierre-Antoine Fournil)

Des neveux de Ben Ali mis en examen dans une affaire de vols de yachts entre la Côte d'Azur et la Corse n'ont jamais été cités à comparaître : une nouvelle affaire tunisienne pour MAM, garde des Sceaux à l'époque ?

Impliqués dans un trafic de yachts de luxe entre la France et la Tunisie, Imed et Moez Trabelsi n'ont jamais été jugés en France. En septembre 2009, ces deux neveux de l'ancien président tunisien Ben Ali avaient pourtant été mis en examen par un juge d'instruction en Corse pour vol aggravé.

Pendant l'instruction, les deux hommes avaient été présentés comme les commanditaires des vols de bateaux. Renvoyés devant la justice, Imed et Moez Trabelsi n'ont bizarrement jamais été cités par le parquet.

« Le procureur a expliqué qu’au plus haut niveau des assurances avaient été données pour qu’une instruction soit menée en Tunisie et qu’ils soient jugés là-bas », affirme aujourd'hui Me Michel Mas, avocat d'un commerçant toulonnais condamné dans cette affaire.

"Le code de procédure pénale fait obligation de citer les prévenus"

Saisi de cet incident, le tribunal avait estimé dans le rendu de son jugement que le « parquet n’a pas fait citer ces prévenus (...) alors que le Code de procédure pénale lui en fait l’obligation ».

« Il y a un déni total du juge français et aucune indépendance du parquet », martèle l'avocat toulonnais.

A l'époque, Michèle Alliot-Marie n'était autre que la garde des Sceaux.

----------

nicematin

vendredi 18 février 2011

A son excellence, L’ambassadeur de France en Tunisie, Mr Boillon






tunisienumerique

En rapport à votre premier jour auprès de votre résidence à Tunis durant lequel vous vous adressez au peuple tunisien, nous voudrions attirer votre attention sur certains aspects pour nous essentiels afin que votre séjour en Tunisie soit entouré de sérénité et de bons rapports, non seulement avec les représentants du peuple mais avec tout le peuple tunisien.

A la question « que pouvez-vous répondre aux préoccupations du peuple tunisien par rapport au comportement de la France durant la révolution » vous avez répondu qu’il s’agit de préjudices et vous avez complété vos propos en disant qu’il s’agit d’une question débile. Nos préoccupations après la position prise par la France, pays « ami », durant la révolution, vous semblent déplacées ? Nous-y voilà. Le peuple tunisien n’a jamais été un peuple stupide, alors évitez de nous prendre pour une bande de « dupes », ce que nous ne sommes pas. Nous avons eu la disgrâce de vivre sous un dictateur « ami » de la France, qui nous avait dépouillé de notre droit de nous exprimer. Ceci ne voulant point dire que nous ne savons réfléchir, comprendre et surtout nous prononcer.

L’attitude pleine de mépris et l’arrogance avec laquelle vous avez congédié la journaliste tunisienne qui posait les questions du peuple au représentant de la République Française, a choqué plus d’un, mais la réaction plus diffuse parmi nos concitoyens tunisiens a été l’envie de vous exprimer que vous n’êtes pas le bienvenue, Monsieur l’Ambassadeur, dans notre pays. Vous avez réussi avec votre comportement dédaigneux à tirer le pire du peuple tunisien, connu par son accueil et sa générosité. Vous faillez à votre mission.

Diderot a défini l’ambassadeur un homme rusé, instruit et faux, envoyé aux nations étrangères pour mentir en faveur de la chose publique. Mr Boillon, vous pourriez vous permettre d’être hypocrite dans vos réponses, la langue de bois ne nous dérangeant point mais nous exigeons du respect et de la politesse, comme vous même la prescririez envers votre personne et votre rang.

Monsieur l’Ambassadeur de France, vous êtes si jeune, mais tellement vieux dans vos manières de faire, que vous rappelez à certains d’entre nous les soldats ardents et insultants de la période colonialiste. Aujourd’hui ce passé est bien loin, nous ne sommes même plus dans le post-colonialisme comme certains voudraient qualifier, c’est une histoire bien lointaine, qui laisse aujourd’hui place à une Tunisie postrévolutionnaire.

Par Wejdane et Afef Hagi,

--------

nawaat

mardi 15 février 2011

Migrants tunisiens : Hortefeux délivre un message de fermeté

«Ce n'est l'intérêt ni de la Tunisie qui l'a parfaitement compris, ni de l'Europe, ni de la France que d'encourager et d'accepter ces migrations clandestines», a martelé Brice Hortefeux pour qui «la réponse doit être une réponse européenne». (Crédits photo: François Bouchon/Le Figaro)
«Ce n'est l'intérêt ni de la Tunisie qui l'a parfaitement compris, ni de l'Europe, ni de la France que d'encourager et d'accepter ces migrations clandestines», a martelé Brice Hortefeux pour qui «la réponse doit être une réponse européenne». (Crédits photo: François Bouchon/Le Figaro)

Suite à l'afflux massif d'immigrants en Italie, Brice Hortefeux a rappelé ce mardi qu'un clandestin «a vocation à être reconduit dans son pays d'origine». Les contrôles à proximité de la frontière franco-italienne ont été intensifiés.

Alors qur l'exode de migrants tunisiens vers la petite île italienne de Lampedusa fait craindre l'afflux massif de clandestins vers l'Hexagone, où sont déjà établis environ 600.000 de leurs compatriotes, les autorités françaises sont en alerte. Questionné ce mardi à l'Assemblée nationale sur cette préoccupante situation, le ministre de l'Intérieur et de l'Immigration, Brice Hortefeux, a délivré un message de fermeté. «Un étranger en situation irrégulière a vocation à être reconduit dans son pays d'origine sauf situation humanitaire particulière», a déclaré l'hôte de la Place Beauvau tout en ajoutant que «la règle qui s'appliquera, c'est celle de notre politique migratoire». En clair, les candidatures à l'exil seront appréciées avec discernement, et au cas par cas. Il s'agit, considère-t-on dans son entourage, de «ménager les bonnes relations avec le nouveau pouvoir en place» et «d'accompagner ce grand mouvement de démocratie qui s'est exprimé ces dernières semaine». «Ce n'est l'intérêt ni de la Tunisie qui l'a parfaitement compris, ni de l'Europe, ni de la France que d'encourager et d'accepter ces migrations clandestines», a martelé Brice Hortefeux pour qui «la réponse doit être une réponse européenne».

Les gardes-côtes en alerte

Convaincu que la politique de la France en matière d'immigration et d'asile doit être «cohérente, concertée et partagée», il avait fait adopter, en 2008, un pacte signé à l'unanimité par les pays membres de l'Union. C'est dans ce cadre que l'agence Frontex, qui gère la coopération opérationnelle aux frontières extérieures de la Communauté, a pu débloquer des moyens matériels et humains pour résoudre des problèmes «ponctuels et conjoncturels» à la frontière gréco-turque. En France, les contrôles sont renforcés sur le terrain. Dès samedi dernier, le Centre opérationnel interministériel de la fonction de garde-côtes a été mis en alerte et les contrôles mobiles à proximité de la frontière franco-italienne ont été intensifiés. «Ce sont 5500 migrants qui se sont rendus sur les côtes italiennes depuis le 1er janvier. C'est à rapprocher de 2010, où le phénomène s'était limité à 4400 sur douze mois, a estimé Brice Hortefeux. Face à cela, nous devons agir. D'ailleurs, les autorités tunisiennes l'ont elles-mêmes bien compris, puisqu'elles ont réagi avec beaucoup d'efficacité. Il n'y a plus depuis lundi matin d'arrivée de migrants sur ces côtes italiennes du fait des mesures » prises par Tunis. Lundi dernier, devant un parterre de préfets, d'ambassadeurs et de consuls, le ministre avait déclaré que «c'est pour réussir l'intégration des étrangers en situation légale que nous combattons l'immigration irrégulière», révélant que «plus de 110.000 personnes ont été raccompagnées depuis 2007 dans leur pays d'origine». Soit environ 28.000 éloignements par an, essentiellement vers la Roumanie, le Maroc, l'Algérie, la Tunisie ou encore la Bulgarie, contre 10.000 au début des années 2000.

Désireuses de renforcer l'utilisation de passeports biométriques dans les postes consulaires et lors de contrôles de police et de gendarmerie, les autorités ont décidé d'équiper 27 nouvelles représentations diplomatiques afin qu'elles puissent délivrer ce sésame infalsifiable. Il permet, grâce à un système baptisé «Visabio», d'identifier n'importe où sur le territoire le titulaire d'un titre de tourisme expiré et de le reconduire à la frontière. Fin 2010, 170 postes consulaires ont déjà délivré quelque 500.000 visas biométriques.

-------

lefigaro

Les parents de Michèle Alliot-Marie en affaires en Tunisie, selon le "Canard Enchaîné"

PARIS (AP) — Nouvelle polémique autour des vacances en Tunisie de Michèle Alliot-Marie. Pendant le séjour de la ministre des Affaires étrangères, ses parents achetaient les parts d'une société à un homme d'affaire "proche de Ben Ali", affirme le "Canard Enchaîné" paraissant mercredi.

Le 30 décembre dernier en Tunisie, Aziz Miled et son fils Karim ont vendu "toutes leurs parts" d'une société civile immobilière (SCI), Ikram, à Bernard et Renée Marie, les parents de la ministre, respectivement âgés de 94 et 92 ans, écrit l'hebdomadaire satirique.

Le "Canard Enchaîné" souligne que "le montant exact de la transaction n'est pas connu", ni ce sur quoi elle a porté.

L'homme d'affaires Aziz Miled est décrit par l'hebdomadaire comme "proche de Ben Ali et soutien du régime".

Michèle Alliot-Marie a déjà reconnu avoir voyagé à deux reprises à bord d'un avion privé d'Aziz Miled, pendant ses vacances de fin d'année 2010 en Tunisie.

"Les éventuelles transactions effectuées par les parents de Michèle Alliot-Marie ne la concernent en rien et elle n'a pas à les commenter", déclarait-on mardi au cabinet du ministre, laissant entendre qu'il n'y a "rien d'illégal ni d'immoral" à racheter des parts d'une SCI en Tunisie.

Le président déchu de Tunisie Zine El Abidine Ben Ali a quitté le pouvoir le 14 janvier dernier, après un mois de manifestations et d'émeutes dans le pays. AP

-------------------------

tempsreel.nouvelob

dimanche 13 février 2011

Tunisie: Une démission qui tombe mal

Le ministre tunisien des Affaires étrangères, Ahmed Ounaïes, a démissionné dimanche, pour s'être montré trop proche de Michèle Alliot-Marie mais aussi pour avoir nié la contribution populaire au renversement de Ben Ali. Une mauvaise nouvelle pour son gouvernement, confronté à une crise diplomatique face à l'Italie.

Début février, les éditorialistes tunisiens interrogés par leJDD.fr qualifiaient la polémique autour des vacances de Michèle Alliot-Marie d'"affaire franco-française". Mais depuis quelques jours, elle semble s'être invitée dans le nouvel exécutif tunisien. A tel point que Ahmed Abderraouf Ounaïes, le ministre des Affaires étrangères, a dû présenter sa démission dimanche après-midi.

Cette démission a pour origine sa visite en France. Cet ancien ambassadeur à la retraite, âgé de 75 ans et qui a servi sous les présidences Bourguiba et Ben Ali, était devenu ministre des Affaires étrangères le 27 janvier. Neuf jours plus tard, il s'était déplacé à Paris pour rencontrer Michèle Alliot-Marie, au quai d'Orsay. Alors que le ralliement tardif de l'Elysée avait fait grincer des dents outre-Méditerranée, Ahmed Ounaïes n'avait pas tari d'éloges sur son homologue française: "J'aime écouter Mme Alliot-Marie en toutes circonstances et dans toutes les tribunes", avait-il affirmé.

Le "fou d'Alliot-Marie"

Lundi dernier, il a de nouveau été épinglé pour "déni de révolution", après ses déclarations sur la chaîne privée de télévision Nesma. Evoquant le gouvernement de transition, il y éludait l'effort populaire qui a contribué au changement de régime. Des mots de trop pour les fonctionnaires des Affaires étrangères qui ont chahuté leur ministre quelques heures plus tard. Le diplomate a alors pris ses affaires et quitté son bureau.

Les médias se sont alors déchaînés sur son sort. Le site d'informations Kapitalis a donné le ton dans un article où sont dénoncées "les courbettes diplomatiques" face à la France. De son côté, le journal en ligne du fournisseur d’accès Gnet a qualifié, à la Une de son site, les propos d'Ahmed Ounaïes de "piètres".Mardi, le quotidien tunisien Le Temps a mis en Une la caricature d'Ahmed Ounaïes, qualifié de "fou d'Alliot-Marie" et agenouillé devant MAM. Plus d'un millier de personnes sont fans d'une page Facebook intitulée "pour que Ahmed Abderraouf Ounaies consulte un psychiatre"…

De la compétence des ambassadeurs

Après plusieurs jours de polémique, le principal intéressé a décidé de se confier sur Kapitalis . Il a rejeté le "déni de révolution", sans revenir sur ses propos: "La révolution populaire tunisienne n’a pas été suscitée par un groupe pensant et dogmatique au nom d’une doctrine ou d’une idéologie. Si elle a réussi, c’est grâce à un gouvernement d’union nationale qui occupe le centre de la scène politique." Des propos qui n'ont pas calmé ses détracteurs.

Un problème de fond double cette polémique de mots. Les fonctionnaires des Affaires étrangères dénoncent des problèmes de compétence. Selon un groupe de diplomates tunisiens, plus de 60% des chefs de missions diplomatiques et consulaires tunisiennes ne sont pas des fonctionnaires du ministère et ont été désignés par le président déchu pour des considérations personnelles: "Ces nominations sont, dans la majeure partie des cas, 'des rétributions pour service rendus ou pour la sauvegarde des intérêts' de sa famille et de son épouse", dénoncent-ils dans une lettre ouverte.

Vers une crispation diplomatique avec l'Italie

Ahmed Ounaïes a rencontré plusieurs délégations de personnels ainsi que des associations. Mais il n'a pas réussi à dissiper leurs inquiétudes et, las, il a présenté sa démission. Le moment est pourtant crucial, le nouveau gouvernement traversant sa première crise diplomatique. L'Italie s'apprête en effet à demander le déploiement de policiers italiens en Tunisie pour tenter d'empêcher les nombreux départs d'immigrants clandestins depuis ce pays. Quelque 5.000 clandestins sont arrivés à Lampedusa en cinq jours, pour la plupart des Tunisiens expliquant avoir fui un "pays à la dérive" comme en écho aux centaines de personnes qui manifestent tous les jours en Tunisie pour réclamer un emploi, un meilleur salaire ou un toit.

Rome, qui craint une crise humanitaire, a demandé à l'Union européenne de prendre rapidement une décision définitive, d'ici une dizaine de jours, sur le déploiement d'une mission Frontex qui permet le renforcement du dispositif douanier en mer Méditerranée. Catherine Ashton, chef de la diplomatie européenne, se rend lundi en Tunisie pour faire le point. Le départ d'Ahmed Ounaïes place donc son exécutif en porte-à-faux par rapport à l'UE. Un nouveau couac pour un gouvernement de transition qui navigue toujours à vue.

jeudi 10 février 2011

Agence Elysée : Air Moubarak, Air Ben Ali et Air Carla !

François Fillon a été hébergé par le gouvernement égyptien pendant ses vacances de fin d’année et a emprunté un avion « de la flotte gouvernementale » du pays pour une excursion, a annoncé Matignon mardi 8 février, dans un communiqué qui confirme des informations du Canard enchaîné.

Comment voulez-vous qu’il puisse condamner Michèle Ailée-Marie après ça ? Et Nicolas Sarkozy lui-même, que pourra-t-il dire demain lors du Conseil des ministres ?

Cette République est assassinée. République irréprochable ? Je crois plutôt que nos amis vont créer, bientôt, une agence de voyage.

Sarkozy qui se déplace à Bruxelles, 300 km, avec deux avions aux frais du contribuable, puis à New-York voir son « bonne chance mon papa » alias Louis, je crois que ce Gouvernement a atteint le fond.

On se souvient d’Estrosi et son aller-retour Paris-New-York à plus de 100 000 euros. Et d’autres aussi comme Joyandet aux Antilles. Je crois bien que le Conseil des ministres d’aujourd’hui sera Rock’n’Roll.

S'il y a vraiment une agence touristique qui mérite bel et bien le label qualité, c'est celui de l'Elysée, qui met plus son accent au Moyen-Orient et au Maghreb. L'Agence Elysée a multiplié le pied de grue auprès de certaines dictatures, pour profiter, qui, de leurs jets, qui, de leurs avions gros porteurs, qui, de leurs bateaux, qui, de leurs hôtels luxueux. Et, le mystère élucidé de certaines postures est net. On comprend aisément, enfin, pourquoi les uns et les autres s'entremêlent comme des cheveux dans un peigne, pour se soutenir, se congratuler ou se défendre. La couardise et la forfaiture étant les syntagmes les mieux partagés.

Fillon soutient Alliot-Marie aka Ailée-Marie qui soutient Estrosi, qui, lui, soutient Joyandet ou Sarkozy et vice versa. Que va-t-il se passer lors du Conseil des ministres de ce matin ? Ce qui est sûr, après les exploits du chef de l'Etat et son voyage bruxellois puis new-yorkais avec deux avions, il ne peut vraiment faire aucun reproche à son premier-ministre et à sa ministre des Affaires étrangères après son propre forfait. Le pouvoir se justifie aujourd'hui en arguant que la sécurité passe avant le souci d'économies. Ah, pendant qu'on demande aux uns et aux autres de serrer la ceinture, d'autres parlent de leur sécurité, avec à la clé, la "nécessité" de rejoindre l'Hexagone rapidement, en cas de problème. Soit...

Mais, malgré ce plaidoyer en trompe-l'oeil, on ne peut être que sceptiques sur la valeur que nos dirigeants portent sur notre opinion dont ils se contrefichent royalement. En plus du zèle -il faut voir Alliot-Marie contre-attaquer sans vergogne-, pour se rendre bien compte de la situation Sarkozy sera face aux Français sur TF1. Alors qu'il est de plus en plus difficile de virer MAM sans inclure François fillon pris lui aussi les doigts dans la confiture, sans compter le compagnon de MAM Patrick ollier, en option, c'est trois de chute. Trois boulets plus le roi nu, plus déshinibé que Lady GaGa dans sa dernière photo. Difficile à imaginer à un an de la présidentielle, l'éjection de ces membres du Gouvernement.

Les cadres de l'UMP ne savent plus à quels saints se vouer. 2012 c'est demain et, tous fuient les micros après les révélations faites par la primature. Tous pourris ? Non mais, avec des amateurs dans son exécutif, la France est ridiculisée, sur le plan international surtout. Sur le plan national, les Français semblent être résignés, groggys par une situation qui les dépasse, les tétanise. Le roitelet élyséen a définitivement massacré la France, ses institutions, la fonction présidentielle. Il a tout cassé. Quand on voit la fronde du pouvoir exécutif, faut-il encore vous faire un dessein sur la prévarication du système, celui des amis à qui on pardonne tout. Honteux.

La faute est toujours pour les autres. Le populisme abscons de Nicolas sarkozy qui récupère le moindre fait-divers devient insupportable. On l'a vu exploiter honteusement la mort de la jeune Laétitia. Or, s'ils mettaient le prix de leurs escapades au budget de la justice, la magistrature aurait les moyens de faire appliquer les lois . S'il étaient conscients un tant soi peu de leurs vrais responsabilités dans les échecs de cette dernière au lieu d'accuser les magistrats, mieux ça vaudrait. C'est Sarkozy le véritable responsable de cet échec qui est à l'origine de la mort de cette jeune personne...C'est plutôt à l'Elysée qu'il y a un dysfontionnement grave de l'Etat....

Allain Jules

Dessin de PEZ
----------
agoravox

mardi 8 février 2011

WikiLeaks accable la France sur la Tunisie

Par Marion Sauveur

Le président français Nicolas Sarkozy et l'ancien chef d'Etat tunisien Ben Ali. © MAXPPP

La diplomatie française jugeait la Tunisie comme "le pays le plus stable du Maghreb".

La France avait visiblement mal évalué la situation tunisienne. Selon des documents diplomatiques obtenus par WikiLeaks et publiés mardi matin par 20minutes.fr, un an avant la chute du président tunisien Ben Ali, la France considérait la Tunisie comme "le pays le plus stable du Maghreb".

C’est ce qui ressort notamment d’un échange entre deux diplomates du Quai d’Orsay avec des confrères américains, en janvier 2010 et qui pourraient expliquer la frilosité de la France à réagir face à la révolution tunisienne, en décembre dernier.

"La Tunisie ne connaîtra pas de période de déstabilisation"

La raison ? Dans le câble diplomatique confidentiel, l’un des diplomates français explique que "la Tunisie a le taux de chômage le plus faible de la région et une bureaucratie qui fonctionne raisonnablement bien. L'économie tunisienne a une bonne réputation [...]". C’est pourquoi, assure-t-il, "la France ne croit pas que le pays connaîtra, à court terme, de période de déstabilisation, à part lors de la succession de Ben Ali".

Pour autant, un diplomate français note que la gouvernance de Ben Ali "contient des risques significatifs : le développement d'une classe moyenne qui réclame plus de liberté politique et le risque que la croissance du pays freine ou s'arrête. Si le gouvernement ne peut plus fournir une sécurité sociale et financière, il aura rompu son contrat tacite. Et sa population pourrait devenir moins docile".

"Je voyais ça dans 10 ans"

La France n’imaginait pas que le peuple tunisien serait capable de se révolter ainsi, il y a un an, comme le confirme un diplomate français interrogé par 20minutes. "Je voyais plutôt ça dans dix ans", assure-t-il. Mais, précise un ancien diplomate et conseiller Moyen-Orient à l'Institut français des relations internationales, Denis Bauchard, "ce mouvement a surpris tout le monde : diplomates, journalistes et les Tunisiens eux-mêmes".

Mais si la France n’a pas réalisé ce qui allait se passer, c’est pour une simple raison selon Jacques Lanxade, ancien ambassadeur à Tunis. "Les alertes du terrain ne remontaient pas jusqu'au Quai d'Orsay. On faisait la sourde oreille, on n'a pas pris la mesure de ce qui se passait", assure-t-il dans le quotidien gratuit. Et ce, parce que "de Mitterrand jusqu'à Sarkozy, la politique de l'Elysée a toujours été de soutenir Ben Ali. On le voyait comme un rempart à l'islamisme", conclut Denis Bauchard.

-----------

europe1.fr

vendredi 4 février 2011

Première rencontre franco-tunisienne à Paris après le soulèvement populaire


Ahmed Abderraouf Ounais le 2 février 2011 à Bruxelles
Ahmed Abderraouf Ounais le 2 février 2011 à Bruxelles Georges Gobet AFP/Archives

La France et la Tunisie post-Ben Ali cherchaient vendredi, lors d'une première rencontre bilatérale, à jeter de nouvelles bases à leur coopération et à dépasser les critiques et incompréhensions suscitées par la position française face à la révolution du jasmin.

Après plusieurs entretiens téléphoniques, la chef de la diplomatie française, Michèle Alliot-Marie, recevait son nouvel homologue tunisien, Ahmed Abderraouf Ounaï, pour un déjeuner de travail à Paris.

C'est la première rencontre entre ces deux responsables et elle survient en pleine polémique en France sur un voyage d'agrément lors des fêtes de fin d'année de la ministre française, effectué en Tunisie où avait débuté deux semaines auparavant puis la révolte contre l'ex-président Zine el Abidine Ben Ali.

Après avoir reconnu une "sous-estimation" de la contestation, proposé une coopération policière à l'ancien régime peu avant qu'il ne s'effondre, Michèle Alliot-Marie a dû s'expliquer cette semaine sur l'utilisation pendant ces vacances d'un avion privé appartenant à un Tunisien, présenté comme lié au clan Ben Ali. Fragilisée, elle a rejeté toute démission, réclamée par l'opposition.

L'accord d'Ahmed Abderraouf Ounaïs pour un déjeuner ce vendredi, deux jours après avoir été à Bruxelles à la rencontre de l'Union européenne, est présenté par le ministère français des Affaires étrangères comme "un signal très fort et très positif à l'égard de la France".

Ce déjeuner "permettra d'aborder la situation en Tunisie, que la France suit très attentivement et avec beaucoup de sympathie et de respect pour la transition menée par les Tunisiens", fait valoir le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Bernard Valero.

Michèle Alliot-Marie "fera part à son homologue tunisien des travaux" menés en France pour "donner un nouvel élan" à la coopération bilatérale, a-t-il ajouté sans autre précision.

La Tunisie attend pour sa part de l'ancienne puissance tutélaire "que la France, premier partenaire commercial, réaffirme haut et fort son soutien aux autorités de transition", selon une source proche du ministère tunisien des Affaires étrangères.

"On a tourné la page du régime Ben Ali et on veut construire une autre Tunisie", a-t-on ajouté de même source, en indiquant que Tunis attend aussi que "Paris use de son influence au sein de l'Union européenne pour faire progresser rapidement le dossier sur le statut avancé".

Ce statut privilégié dans les relations avec l'Union européenne permet un traitement douanier préférentiel pour les échanges et une libéralisation des visas.

En Tunisie, les controverses qui entourent depuis plus de trois semaines les interventions sur le sujet de Michèle Alliot-Marie sont jugées révélatrices d'un malaise avec la France, accusée d'avoir fermé les yeux jusqu'au bout sur le régime Ben Ali.

Les médias tunisiens ont parlé de "grande maladresse" et d'"erreur" de la France, dont les liens étroits avec Zine Ben Ali, longtemps entretenus par la classe politique française, ont été maintes fois soulignés.

Rappelé le 26 janvier, l'ambassadeur de France à Tunis Pierre Ménat, remplacé par un spécialiste des situations de crise, Boris Boillon, jusque-là en poste en Irak, a fait les frais des erreurs d'appréciation de la diplomatie française sur la révolution tunisienne.

------------

ladepeche.fr

jeudi 3 février 2011

La France qui donne des Leçons aux autres . . . !!!

Gendarmes d'Anduze


© ZIMPROD

Une enquête a été ouverte sur la vidéo montrant un gendarme gazant des manifestants calmes.

La gendarmerie se serait bien passée de cette vidéo, qui suscite un malaise grandissant, tant sur internet qu’au sein de l’institution. Déjà visionné 100.000 fois, ce document montre un gradé de la gendarmerie faisant usage de gaz lacrymogène contre des manifestants apparemment inoffensifs à Anduze, dans le Gard.

Les faits remontent au 21 janvier dernier en gare d'Anduze, dans les Cévennes. Des manifestants et des élus ont organisé un sit-in sur les voies du chemin de fer d’un train touristique régional, afin de protester contre une réorganisation locale de communes.

Alors que les manifestants semblent pacifiques, un commandant chef d'escadron prend l’initiative de gazer les manifestants.

Cette manifestation et les débordements qui ont suivi "avaient soulevé une vive émotion dans les Cévennes, tant du côté des partis politiques que des associations", rapporte le quotidien régional Midi Libre .

Une enquête ouverte

Une "enquête de commandement" va être ouverte par la gendarmerie, a-t-on annoncé jeudi. Le directeur général de la gendarmerie nationale (DGGN), le général Jacques Mignaux, est à l'origine de cette démarche.

De source proche de la DGGN, on assurait mercredi soir que la vidéo était "sans aucun doute parcellaire" et que la "manifestation n'était pas aussi pacifiste que l'on peut le penser.

Des gendarmes expriment leur honte

Plusieurs blogs et sites de gendarmes, pourtant tenus à un strict devoir de réserve, témoignent néanmoins de l’embarras. Le forum Gendarmes et citoyens a même mis en place un débat intitulé “Si c'est vrai j'aurais honte d'être ce gendarme“. “Encore un acte où certains citoyens honnêtes qui nous appréciaient vont retourner leur veste, et à juste cause !! C'est tout simplement honteux !!!“, déplore ainsi Kratos.

“Tout ce qui ne devait pas être fait a été fait ! Le maintient de l'ordre est un métier, et on s'aperçoit qu'il y a un certain manque de sang froid. Je crois qu'un stage à Saint Astier s'impose!!!“ estime pour sa part Spiderman 61, en faisant référence au Centre national d'entraînement des forces de gendarmerie .

------------------------

http://www.europe1.fr

Les belles adresses des Ben Ali en France

Le Monde a enquêté sur les multiples biens attribués aux Ben Ali et à leurs alliés, notamment en recherchant leurs traces dans les documents cadastraux et commerciaux.

Le plus difficile restera alors à faire pour les policiers de l'Office central de répression de la grande délinquance financière (OCRGDF), chargés de l'enquête : apporter, le cas échéant, la preuve que les financements de l'acquisition de ces immeubles proviennent d'un "détournement de fonds publics" tunisiens. Pour l'heure, la plainte des ONG suppose seulement que la fortune amassée par Ben Ali "ne serait pas le fruit des seuls salaires et émoluments perçus (...) en qualité de président de la Tunisie".

Comme le souligne Me William Bourdon, président de Sherpa, l'une des organisations plaignantes, les manifestants tunisiens eux-mêmes ont fait de la restitution des biens mal acquis "une revendication centrale". A la différence des pays d'Afrique subsaharienne où les régimes accusés de prédation (Congo, Gabon, Guinée-Equatoriale), dans une autre procédure judiciaire ouverte à Paris, restent en place et n'ont nulle volonté de faciliter pareilles investigations, la Tunisie nouvelle devrait aider à apporter la preuve des détournements.

L'ambassade tunisienne à Paris. Situé rue Barbet-de-Jouy, au coeur du très chic 7e arrondissement, l'élégant hôtel particulier de la Tour-du-Pin n'a pas été "vendu" par les Ben Ali comme l'affirme la rumeur. Il demeure la propriété de l'Etat tunisien, assure un récent communiqué officiel. Sa privatisation semble avoir été plus insidieuse.

En 2006, l'ambassadeur, dont la résidence se trouvait sur place, a été prié de déménager afin que ses appartements (600 m2 selon certaines sources) puissent accueillir les familles du président et de son épouse, Leïla Ben Ali-Trabelsi, pendant leurs séjours parisiens. Mais les travaux de rénovation entrepris semblent avoir été si ambitieux qu'ils ne sont toujours pas achevés. "Le bâtiment n'a donc été habité par personne" depuis mars 2006, assure-t-on aujourd'hui à l'ambassade.

Vacances à Saint-Tropez et à Courchevel. La chronique mondaine de la Côte d'Azur ne garde la trace que de locations. Durant l'été 2008, les Ben Ali ont passé des vacances à Saint-Tropez dans une villa louée par l'un de leurs gendres, Sakher El-Materi. Selon des opposants, ce séjour aurait été facturé 18 000 euros, sans compter les personnels chargés de la sécurité et de l'intendance, les limousines et les allers-retours en Tunisie par jet présidentiel. Une photographie de Leïla Ben Ali-Trabelsi jouant avec deux enfants, publiée dans Paris Match du 27 janvier, a pour cadre une maison de Saint-Tropez. Une autre la représente descendant en manteau de fourrure de l'avion présidentiel sur l'aéroport de Courchevel.

17, rue Le Sueur (Paris 16e). Cet hôtel particulier de quatre niveaux est la propriété d'une société civile immobilière (SCI) créée en avril 2010 baptisée Nes, diminutif de Nesrine Ben Ali, 24 ans, fille de l'ancien président et de Leïla Trabelsi. Le prix du mètre carré dans cette artère qui donne sur l'avenue Foch atteint environ 9 000 euros. La jeune femme est associée dans cette SCI à son époux, Sakher El-Materi, 29 ans.

Ce dernier, souvent qualifié de "gendre préféré" et élu député en 2009, était présenté comme un dauphin possible de Ben Ali. Il est le fils de Moncef El-Materi, un officier auteur d'un putsch manqué contre Bourguiba en 1962. La fortune de Sakher est liée à la privatisation de la Banque du Sud, une opération qualifiée de "délit d'initié" par un témoin cité en 2009 par Le Monde. A la tête d'un empire baptisé Princesse Holding, il contrôlait notamment la banque islamique Zitouna et la radio du même nom. Présent dans l'automobile et le tourisme, il était aussi entré récemment dans le capital de l'opérateur de téléphonie mobile Tunisiana.

16, rue d'Odessa (Paris 14e). Deux appartements, au coeur de Montparnasse, sont la propriété de la SCI Sadryna fondée en 2007, dont le gérant est Tahar El-Materi, 78 ans, président du groupe pharmaceutique Adwia. Tahal El-Materi est le frère de Moncef El-Materi qui fut président honoraire de Nestlé-Tunisie jusqu'au renversement de Ben Ali. Lui-même est le père de Sakher, propriétaire du 17, rue Le Sueur.

18, rue de Galilée et 16, place des Etats-Unis (Paris 16e). Non loin de la place de l'Etoile, la SCI MA Meunier possède le premier appartement tandis que Florus est propriétaire du second. Les deux SCI, créées respectivement en 1999 et 2005, sont gérées par les frères Mohamed Ali, 45 ans, et Ismail Mabrouk, 44 ans, dont un autre frère, Marwan, a épousé Cyrine Ben Ali, née du premier mariage de l'ex-président. Héritiers d'un gros industriel, les trois frères sont à la tête d'un empire qui se déploie dans la distribution alimentaire (Monoprix et Géant), la banque (BIAT) et l'automobile. Marwan Mabrouk détient 51 % d'Orange-Tunisie créée en mai 2010 en partenariat avec Orange-France.

86, avenue Raymond-Poincaré (Paris 16e). Classé "nettement somptueux" par le cadastre, cet appartement est détenu par la SCI MNM fondée en 2009 et gérée par Moncef Mzabi, 62 ans, et son épouse. Proche de l'ancien régime, M. Mzabi possède la concession exclusive des automobiles Renault et Nissan en Tunisie, et il est actionnaire de plusieurs banques.

44, avenue Kléber (Paris 16e). A deux pas de l'Etoile, cet appartement est détenu par une SCI créée en 2007 et dont les gérants sont Slim Chiboub, 52 ans, et son épouse, Dorsaf, fille issue du premier mariage de Ben Ali. Cet ancien joueur de basket, qui préside le Comité olympique tunisien, est propriétaire en France d'une écurie de chevaux de course classée sixième au palmarès national des propriétaires 2011 de France Galop, association organisatrice des courses en France. En 2007, Slim Chiboub a acquis l'exceptionnel pur-sang arabe Dahess, moyennant une enchère record de 1 050 000 euros.

Philippe Bernard
------------------------
http://www.lemonde.fr

Tunisie : les approximations de Michèle Alliot-Marie

Michèle Alliot-Marie en août 2010.

Michèle Alliot-Marie en août 2010.AFP/LOIC VENANCE

Michèle Alliot-Marie a choisi de faire front. Isolée, au cœur d'une série de polémiques autour de la Tunisie, la ministre des affaires étrangères s'est exprimée, mercredi 2 février, sur les plateaux de télévision pour se défendre. Quitte à commettre quelques approximations.

Déjà sur la sellette pour avoir proposé d'offrir à l'Etat tunisien le "savoir-faire français en matière de maintien de l'ordre", quelques jours avant la chute de Ben Ali, Mme Alliot-Marie a été épinglée par Le Canard enchaîné. L'hebdomadaire satirique a révélé qu'elle avait, ainsi que son compagnon, Patrick Ollier, ministre des relations avec le Parlement, profité, entre Noël et le jour de l'an, du jet privé d'Aziz Miled, riche homme d'affaires tunisien, pour un trajet entre Hammamet et Tabarka.

DE NOMBREUSES ERREURS

Invitée de Canal+, puis du 20 Heures de France 2 (voir la vidéo), la ministre, qui se dit "meurtrie", a tenté de se défendre tous azimuts contre "des choses qui sont fausses". Mais sa propre version n'est pas exempte d'erreurs.

"Aucune répression" lors de son séjour ?

La ministre a ainsi affirmé "qu'il n'y avait aucune répression" au moment de son voyage en Tunisie, soit entre Noël et le jour de l'an. Pour elle, il n'y avait "rien", "quelques événements qui n'avaient rien à voir avec ce qu'on a connu ensuite". La ministre a également encouragé David Pujadas, sur France 2, à "se reporter à la presse de l'époque" pour confirmer ces dires. Or, il suffit de se replonger dans la presse de cette fin 2010 pour constater que les émeutes étaient déjà fortes. Elles ont par exemple fait un mort et dix blessés, le 24 décembre, dans la région de Sidi Bouzid.

Le suicide de M. Bouazizi s'est produit "à la fin de mon séjour".

Visiblement mal informée, la ministre n'a pas hésité à affirmer que "le suicide qui a été à l'origine des événements s'est produit à la fin de mon séjour". Une affirmation totalement fausse : la tentative de suicide de Mohamed Bouazizi, jeune vendeur ambulant qui s'est immolé par le feu à Sidi Bouzid dans le sud du pays, événement considéré comme le déclencheur des émeutes et de la révolution tunisienne, s'est produite le 17 décembre. Donc bien avant l'arrivée de Mme Alliot-Marie.

Miled, "victime" du clan Ben Ali ?

Autre affirmation de Mme Alliot-Marie : M. Miled, un ami de son père, était "surtout une victime du clan Ben Ali". Pourtant, sans être un complice actif du régime, Aziz Miled, associé – contre son gré, selon lui – au beau-frère de M. Ben Ali, Belhassen Trabelsi, a su faire des affaires sous le régime du président déchu. Il a également signé plusieurs appels à une réélection de ce dernier, dont il a financé la campagne en 2004. Il était également membre du comité central du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), le parti au pouvoir. Ce qui lui a valu de voir ses avoirs gelés par la Suisse après la chute du régime.

Pour plus de détails, lire "Aziz Miled, l'ami tunisien d'Alliot-Marie, victime ou complice du régime ?"

Un avion qui n'a "pas été mis à disposition" ?

Autre version avancée par la ministre : son voyage en avion serait le fruit d'un heureux hasard. "[Aziz Miled] n'a à aucun moment mis son avion à ma disposition, je l'ai accompagné pendant vingt minutes de trajet en avion", qui allait, selon ses dires, vers la même destination, et ce qui lui a permis d'éviter "deux heures de route dans des conditions difficiles". L'histoire d'une rencontre, au hasard de l'aéroport de Tunis, avec ce "vieil ami" qui – coïncidence – allait justement, lui aussi, à Tabarka, à bord de son jet de 12 places justement vide, laisse tout de même quelque peu sceptique.

"Si je prends mes vacances parfois en Tunisie, c'est à mes frais, voyages et hôtels."

Interrogés à ce sujet par le Canard enchaîné, les services du Quai d'Orsay n'ont pas été en mesure de fournir la note de l'hôtel où ont séjourné Mme Alliot-Marie, son compagnon, Patrick Ollier, et les parents de ce dernier. Le ministre des relations avec le Parlement a, depuis, assuré qu'il avait réglé cette note, mais sans en fournir de preuve. Et Mme Alliot-Marie a admis que l'hôtel en question était, comme de nombreux autres en Tunisie, la propriété du même Aziz Miled.

Samuel Laurent
------------------------
http://www.lemonde.fr

samedi 29 janvier 2011

INTERVIEW - Ce petit FAI français qui dépanne les Égyptiens

Propos recueillis par Guerric Poncet

Le fournisseur d'accès à Internet (FAI) français French Data Network (FDN) a ouvert un accès pour que les Égyptiens puissent à nouveau se connecter au Web. Avec ses 200 abonnés et son titre de plus ancien FAI de l'hexagone, FDN s'était rendu célèbre en combattant la loi Hadopi. Interview avec son fondateur, Benjamin Bayart.

Le Point.fr : Pourquoi avoir ouvert ce numéro pour les Égyptiens ?

Benjamin Bayart : Des gens se battent pour la liberté, et d'autres, en face, tirent. Forcément, on se sent proche des manifestants. L'Égypte, je n'y suis jamais allé, et FDN n'est pas là pour faire la révolution. Nous sommes là pour faire qu'Internet marche : le réseau est en panne, nous le réparons. Le régime égyptien a coupé Internet, et donc la liberté d'expression. Pour moi, c'est le même objet.

Comment ça marche ?

L'aspect technique est extraordinairement simple. Nous utilisons nos structures bas débit, que nous possédons toujours pour dépanner nos abonnés en cas de coupure ADSL. Il suffit d'appeler, avec un modem bas débit et y compris de l'étranger, le numéro "+33 1 72 89 01 50". Le nom d'utilisateur et le mot de passe sont "toto". C'est une vraie ligne téléphonique, donc il suffit d'appeler avec un modem. Ça coûte cher en téléphone, mais ça marche !

Combien de connexions sont arrivées depuis votre annonce ?

Nous ne voulons pas donner ce chiffre. Si je vous dis trois, c'est ridicule. Et si je vous dis 30.000, notre numéro sera immédiatement mis sur liste noire par les autorités égyptiennes. Mais nous avons vu des connexions arriver, notamment grâce au soutien de Michael Moore, qui a relayé notre numéro via son compte Twitter. Ses 746.000 abonnés ont largement diffusé la nouvelle !

Quand allez-vous fermer le service ?

Ce compte de test a toujours existé. Nous allons peut-être supprimer le compte "toto" dans les prochaines semaines, une fois que l'épisode égyptien sera passé. Mais peut-être pas : nous avons vu des connexions arriver de Syrie, d'Irak ou encore des Émirats arabes unis. Nous sommes ravis !

D'autres vous ont-ils suivis ?

Quelques FAI étrangers semblent nous suivre. Et certains internautes publient les comptes de tests de grands FAI américains. L'idée se répand, c'est très sain !

Vous vous êtes rendus célèbres en France lorsque vous avez dénoncé la loi Hadopi. Comment vous positionnez-vous ?

FDN s'est toujours défini comme non partisan. Nous avons toujours refusé de prendre part aux campagnes de tel ou tel parti. Mais cela ne nous empêche pas de défendre très clairement la liberté d'expression. Quand l'accès à Internet de braves gens est mis en panne par un gouvernement sans décision d'un juge, nous ne sommes pas d'accord.

Ne craignez-vous pas que certains vous accusent de fournir l'accès Internet à des personnes mal intentionnées ?

Nous fournissons l'accès à des terroristes en Égypte, je peux vous l'affirmer. Mais ce n'est que parce qu'ils sont nommés ainsi là-bas ! Nous ne sommes pas d'accord sur la définition de terroriste : ce n'est pas parce que des gens manifestent contre un gouvernement qu'ils sont des terroristes... Quant aux petits plaisantins, d'où qu'ils viennent, qui voudraient se connecter sur notre service pour consulter des contenus pédophiles par exemple, il faut qu'ils sachent que nous avons des traces de leur connexion, comme pour n'importe quel abonné ou presque. Nous avons au moins leur numéro de téléphone, et c'est une donnée très fiable si un juge souhaite les retrouver.
----------------------
http://www.lepoint.fr