Affichage des articles dont le libellé est union européenne. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est union européenne. Afficher tous les articles

jeudi 29 septembre 2011

L'UE octroie à la Tunisie deux dons d'une valeur de 300 millions de dinars

L'UE octroie à la Tunisie deux dons d'une valeur de 300 millions de dinars








Deux  conventions de financement entre l'Union Européenne (UE) et la Tunisie pour un don total d'une valeur de 157 millions d'euros (environ 300 millions de dinars) ont sanctionné la première réunion de la task force UE-Tunisie, tenue ces deux derniers jours à Tunis.

La première convention porte des programmes d'appui à la relance économique moyennant une enveloppe de 100 millions d'euros, alors que la deuxième prévoit un programme d'appui aux politiques publiques de gestion des ressources en eau pour le développement rural et agricole, grâce à des financements de 57 millions d'euros.
La cérémonie de signature des conventions a été précédée par une réunion du groupe de travail à laquelle ont pris part, côté tunisien MM. Mohamed Mouldi Kéfi, Jalloul Ayed et Abdelhamid Triki, respectivement ministre des Affaires étrangères, ministre des Finances et ministre de la Planification et de la Coopération internationale et côté européen des représentants des institutions internationales et de parlementaires européens.
"C'est une nouvelle Tunisie qui se dessine, une Tunisie ouverte, dynamique et démocratique", a déclaré, jeudi, Mme Ashton, "ministre des AE de l'UE", à l'issue de la signature des conventions.
"La Tunisie a un immense potentiel, des gens qualifiés et de grandes opportunités", a-t-elle soutenu, estimant indispensable que "les investissements reviennent".

Lors d'un briefing avec les médias, M. Bernardino Leon, représentant spécial de l'UE pour la région de la Méditerranée du Sud a annoncé que des négociations seront entamées, le 6 octobre, entre la Tunisie et l'Union Européenne pour conclure un accord cadre de partenariat.

mardi 1 mars 2011

Libye : les USA déploient leur armée

La pression internationale monte autour de Kadhafi, qui ne contrôle plus que Tripoli et sa région.

La pression internationale monte autour de Kadhafi, qui ne contrôle plus que Tripoli et sa région.

Le plan anti-Kadhafi des pays occidentaux est passé à la vitesse supérieure. Au 14eme jour d'une révolte sans précédent contre le régime du leader libyen, la communauté internationale emmenée par les Etats-Unis a engagé des sanctions financières et étudie l'option militaire.

Les Etats-Unis, première armée du monde, sont en train de mobiliser spectaculairement leurs ressources contre le leader libyen. Les forces navales et aériennes américaines sont en plein déploiement autour de la Libye. La chef de la diplomatie Hillary Clinton a toutefois précisé qu'aucune action militaire impliquant des navires américains n'était prévue dans le pays. Ce déploiement militaire est donc officiellement engagé dans des visées humanitaires, mais à Washington, on assure que toutes les options étaient sur la table.

Interdiction de survol

Pour mettre fin à l'instabilité dans le pays, une interdiction de l'espace aérien été envisagée par plusieurs pays, notamment les Etats-Unis. En France, le Premier ministre a indiqué que toutes les options étaient à l'étude, dont celle de l'interdiction du survol du territoire libyen qui nécessiterait toutefois l'implication de l'Otan et l'approbation de l'ONU. L'Italie s'est également déclarée favorable à une interdiction du survol de la Libye. Mais le chef de la diplomatie canadienne Lawrence Cannon a déclaré qu'il «ne semble pas y avoir de consensus» entre les alliés occidentaux sur l'imposition d'une zone d'exclusion aérienne en Libye.

Les sanctions économiques commencent également à pleuvoir sur le régime de l'homme fort de Tripoli. Après l'ONU et les Etats-Unis, l'Union européenne a adopté lundi un embargo sur les armes contre la Libye ainsi qu'un gel des avoirs et des interdictions de visa contre le colonel Kadhafi et 25 de ses proches. Les Etats-Unis ont annoncé avoir bloqué 30 milliards de dollars d'actifs libyens depuis les sanctions annoncées vendredi par la Maison Blanche, a indiqué un haut responsable du Trésor.

Kadhafi ne contrôle plus que Tripoli

Au 14e jour d'un soulèvement sans précédent, et ses forces ne contrôlent plus que Tripoli et sa région. Selon le commissaire européen à l'Energie Gunther Oettinger, les principaux champs de pétrole libyens sont désormais «sous le contrôle de tribus et de forces provisoires qui ont repris le pouvoir». L'opposition a annoncé la reprise imminente des exportations de pétrole à partir de l'est du pays qu'elle contrôle. En dehors de l'Est, l'opposition revendique le contrôle de plusieurs villes autour de la capitale et dans l'Ouest, dont Nalout (230 km à l'ouest de Tripoli) et Zawiyah (60 km à l'ouest de la capitale).nLes villes stratégiques de Misrata, à l'Est, et Gherien, au Sud, semblent aussi sous contrôle de l'opposition

Face à la pression croissante de la communauté internationale, M. Kadhafi, au pouvoir depuis plus de 40 ans, est resté inflexible. «Mon peuple m'adore. Ils mourraient pour me protéger», a-t-il affirmé dans un entretien avec la chaîne de télévision ABC. Des déclarations qualifiées de «délirantes» par l'ambassadrice des Etats-Unis à l'ONU Susan Rice.

samedi 19 février 2011

Libye : L'ambassadeur hongrois convoqué après la prise de position de l'UE

Bruxelles, Bureau européen - Le secrétaire-général du ministre des affaires étrangères libyen a convoqué récemment l'ambassadeur de Hongrie à Tripoli pour lui signifier la mauvaise humeur de son pays suite aux prises de position exprimées par la diplomatie européenne. La Hongrie assume actuellement la présidence tournante du Conseil des Vingt-Sept.

Selon les informations obtenues par Le Monde, le diplomate libyen visait Catherine Ashton, la Haute représentante pour la politique étrangère. Mercredi 16 février, elle avait, via sa porte-parole, appelé Tripoli à renoncer à "toute violence" et à respecter "l'expression libre". Mme Ashton avait également indiqué qu'elle suivait "de très près "la situation en Libye. Son communiqué – assez prudent - suivait les premiers incidents survenus à Benghazi.

MENACE

Le secrétaire-général a indiqué à l'ambassadeur hongrois qu'en cas de "récidive" de la Haute représentante, le régime libyen suspendait sa coopération avec les Européens dans la lutte contre l'immigration illégale. De nombreux réseaux d'acheminement provenant de l'Afrique sub-saharienne transitent par le territoire de la Libye, qui a signé des accords bilatéraux avec certains Etats européens. La diplomatie européenne estime que M. Kadhafi a également un rôle à jouer dans la lutte contre le terrorisme islamiste.

Bruxelles poursuit actuellement la négociation avec Tripoli d'un accord cadre. En mai dernier, le délégué de l'UE pour ces pourparlers évoquait la volonté d'établir "des relations importantes et fondées sur des bases solides". Commerce, investissements, énergie, santé, octroi de visas mais, surtout, les migrations figuraient au menu de ces discussions. Le "rôle constructif " de la Libye dans les pourparlers pour la paix au Proche-Orient était également évoqué.

"PERSONNE NE REGRETTERAIT QUE LA DÉMOCRATIE S'INSTAURE"

En novembre 2010, un sommet UE-Union africaine s'est tenu à Tripoli, donnant l'occasion au chef de l'Etat libyen de réclamer 5 milliards d'euros pour lutter contre l'immigration clandestine et "préserver "l'Europe. A propos des droits de l'homme, M. Kadhafi avait estimé devant ses nombreux hôtes qu'il s'agissait d'une matière "subjective".

Les ministres des affaires étrangères doivent se réunir dimanche et lundi 20 et 21 février, à Bruxelles, pour examiner, les développements récents dans les pays arabes. A propos de la Libye, une haute responsable de l'Union résume la situation de la manière suivante : "Ou bien l'on considère que c'est un régime épouvantable, ou bien on pense qu'il peut encore être impliqué dans un dialogue qui inclurait, aussi, le respect des droits de l'homme. En tout cas, personne ne regretterait que la démocratie s'instaure dans ce pays".

La question de l'immigration est, quoi qu'il en soit, un sujet de vive préoccupation pour les Vingt-Sept. Les ministres de l'intérieur devraient, pour leur part, l'évoquer lors d'un autre sommet, jeudi 24 février.

Jean-Pierre Stroobants
---------
Lemonde

lundi 14 février 2011

Emigration clandestine: "La Tunisie rejette catégoriquement toute ingérence dans ses affaires intérieures"




ImageTUNIS, 13 fév 2011 (TAP)- Suite à la déclaration de M. Roberto Maroni, ministre italien de l'Intérieur, dans laquelle il a évoqué la question du déploiement de la police italienne en Tunisie afin de lutter contre l'émigration clandestine, une source autorisée du ministère des affaires étrangères affirme : "Autant la Tunisie est fortement attachée à préserver les excellentes relations d'amitié et de coopération établies avec l'Italie et à les promouvoir davantage, autant elle exprime son étonnement face à cette position et affirme son rejet catégorique de toute ingérence dans ses affaires intérieures ou de porter atteinte à sa souveraineté."

"La Tunisie, ajoute le communiqué, réitère sa disposition à coopérer avec les pays frères afin d'identifier les solutions idoines au phénomène de l'émigration clandestine, fondées sur le respect des droits et de la dignité humaine, et sur le principe du développement solidaire."

La même source précise également que "la Tunisie aspire à examiner cette question en toute transparence avec les responsables italiens lors de prochains contacts au cours des jours à venir."

mardi 8 février 2011

Hubert Védrine : «Quelque chose de considérable a commencé en Tunisie...»

Ecrit par
Jacques HUBERT-RODIER
Jacques HUBERT-RODIER
Editorialiste diplomatique Les Echos

La révolution tunisienne a provoqué une véritable onde de choc dans l'ensemble du monde arabe. Après l'Egypte, voyez-vous le mouvement se propager à d'autres pays ?

Ce qui a commencé en Tunisie est le début de quelque chose de considérable qui va s'étendre sur des années. Cela concerne le monde arabe, et au-delà tous les pays corsetés par des régimes autoritaires ou devenus insupportables, en Asie centrale, en Afrique, voire un pays comme l'Albanie... Mais il est encore trop tôt pour dire comment tout cela va tourner. Le monde arabo-musulman n'est pas homogène. En outre, l'hypothèque islamiste n'est pas encore levée : lorsque le Shah d'Iran a été renversé en 1979, la plupart des démocrates, le président américain Jimmy Carter en tête, pensaient que cela allait faire naître la démocratie en Iran. On sait ce qui s'est passé. Ce précédent pèse, incontestablement, même s'il faut tout faire pour dépasser cette fatalité.

La Tunisie est d'ores et déjà entrée dans une phase de transition. Selon vous, le chemin vers la démocratie sera-t-il long ?

Cela peut prendre des années ! Dans l'histoire des pays européens, à travers des révolutions et des contre-révolutions, cela a pris au bas mot un ou deux siècles. Tout va plus vite mais ce n'est toujours pas du café instantané. C'est un processus long, et cela peut déraper. Les Tunisiens ont admirablement franchi les premières étapes. Maintenant, ils doivent se mettre d'accord sur les conditions que devront remplir les partis islamistes pour participer aux élections et éventuellement au gouvernement. En fin de compte, on sera tout à fait sûr que la démocratisation est enclenchée lorsque les islamistes, quelque part, auront quitté le pouvoir après avoir perdu des élections.

Compareriez-vous les événements actuels à ce qui s'est passé dans l'ancien bloc soviétique après la chute du mur de Berlin ?

Les similitudes ne sont qu'apparentes. L'URSS dominait alors tout un système. Les attaques des dissidents, de Lech Walesa, de Jean-Paul II, ou des comités « Helsinki » n'auraient pas suffi à l'emporter s'il n'y avait pas eu le gigantesque fiasco économique, moral et politique du communisme soviétique. Et, bien sûr, Mikhaïl Gorbatchev. A partir de 1986, quand Gorbatchev, maître de l'URSS, a prévenu les dirigeants d'Europe de l'Est qu'il n'emploierait jamais la force pour maintenir leur régime, ils étaient condamnés, même s'ils ne le savaient pas encore. De ce point de vue, la « chute » du mur de Berlin n'a pas été un point de départ, mais une conséquence parmi d'autres. Ce n'est pas transposable aux événements actuels : aucune puissance totalitaire ne contrôle le monde arabe et ne peut prendre une décision d'ensemble ; les forces en présence ne sont pas les mêmes d'un pays à l‘autre.

Dans ces conditions, quel doit être le rôle des pays occidentaux ?

Définissons une stratégie d'accompagnement constructif et positif. Faisons-le sans ingérence ni paternalisme. Soyons disponibles pour répondre à leurs demandes. Préparons-nous à un long processus, qui va connaître des coups d'arrêt et des rebonds.

Concrètement, par quoi doit se traduire cet « accompagnement » ?

Il faut trouver les mots justes et au bon moment, pays par pays. C'est la quintessence de la diplomatie. Il faut être en contact avec toutes les forces en présence. N'envoyons pas des experts, des juristes, des constitutionnalistes : les Tunisiens, comme les Egyptiens, ont tout ce qu'il faut. Nous n'avons pas non plus à leur dire comment gérer leurs élections, si les islamistes peuvent ou non participer... C'est à eux de décider. Sur le plan économique, nous pouvons aider -je parle de la Tunisie -en soutenant leur industrie textile, en maintenant les flux touristiques, en concluant la négociation sur le « statut avancé » avec l'Union européenne, en contrebalançant la réaction étroite et apeurée des agences de notation. Cela dépendra des cas : en Egypte, seuls les Américains ont des leviers. N'oublions pas de toute façon que si les pays occidentaux sont toujours riches et puissants, ils ne gouvernent plus le monde. Cela, il faut bien se le mettre dans le crâne. Nous devons changer de ton, de posture...

Dans ce contexte particulièrement mouvant, la menace islamiste vous inquiète-t-elle?

Il y a, à l'intérieur du monde musulman, un gigantesque bras de fer, un affrontement historique, entre des forces modernistes, pas très nombreuses, et une minorité assez forte de fondamentalistes, religieux ou politiques, dont une infime partie dégénère en terroristes. Ces deux camps se battent pour le contrôle de la masse centrale des musulmans. C'est une bataille énorme, qui est loin d'être finie. Il serait bien naïf de l'ignorer. A titre personnel, je pense plutôt que les modernistes finiront par l'emporter, mais quand ? Le monde arabo-musulman a le sentiment qu'il a vécu un siècle « pour rien ». Le modernisme des années 1930 n'a pas marché. Pas plus que le nationalisme, le nassérisme ou le libéralisme. Une partie du monde arabe s'est donc repliée sur ses valeurs profondes, sur l'Islam, convaincue qu'il n'y a pas d'alternative.

A vos yeux, quelles sont aujourd'hui les principales menaces pour la planète ?

La seule vraie menace pour l'ensemble de l'humanité, c'est le compte à rebours écologique. L'Europe s'est focalisée sur le changement climatique. Les Etats-Unis, non. Ni les pays émergents, qui contestent nos injonctions, au nom d'une sorte de rancune historique. Mais il y a aussi l'effondrement de la biodiversité. Il faut dépasser notre système économique prédateur, flanqué d'un peu de croissance verte. La réponse, c'est une « écologisation du monde », qui transformera en vingt ou trente ans l'industrie, l'agriculture, l'habitat, l'énergie, les transports...

La fin du monopole occidental suppose un nouvel ordre mondial, du fait de l'émergence d'autres puissances. Comment faire fonctionner ce système multipolaire ?

Il n'y a pas de vrai « système », ou alors très instable. Le droit international parle d'un monde multilatéral entre 192 Etats souverains et égaux. Vision idéale. L'Europe est ingénue, elle croit beaucoup à la « communauté internationale ». Le monde des Bisounours en quelque sorte ! Mais le monde multipolaire est un monde de compétition effrénée. Si les Etats-Unis restent la première puissance, et plus « l'hyperpuissance » que j'avais photographiée dans les années 1990, il y a maintenant la fusée chinoise, mais aussi l'Inde, toujours le Japon, même stagnant, le Brésil, la Russie qui veut revenir, l'Europe peut-être, si les Européens se mettent d'accord. Mais ce sont des pôles qui ne sont pas au même niveau. Derrière, il y a plus d'une vingtaine de puissances émergentes dynamiques. Comme le disent Brent Scowcroft et Zbigniew Brzezinski, c'est la première fois dans l'histoire du monde que tous les peuples sont politiquement actifs. Personne ne gère tout cela ! Bien sûr, l'existence du G20 est une bonne chose. Mais ce n'est qu'une enceinte, pas le gouvernement du monde.

Au final, l'équilibre des forces ne se résume-t-il pas au G2, autrement dit à un face-à-face entre la Chine et les Etats-Unis ?

C'est plus compliqué que cela. Quelle que soit leur puissance, la Chine et les Etats-Unis peuvent empêcher les autres de leur imposer quelque chose, mais ne peuvent pas non plus imposer leur volonté propre au reste du monde. Malgré sa croissance phénoménale, la Chine aura des problèmes. En outre, qui peut dire ce que sera son régime politique dans vingt ans ? En fait, les deux pays sont plutôt liés par leurs problèmes communs, leur dépendance mutuelle plus ou moins conflictuelle, que par une capacité à gérer les affaires du monde.

Que pèse l'Europe dans ce nouveau paysage géopolitique ?

Sur le papier beaucoup. Mais les Européens ne sont pas clairement d'accord entre eux sur ce que l'Europe doit devenir. On voit se creuser un fossé entre d'un côté des élites économiques plutôt fédéralistes - et bien relayées dans les médias -, et de l'autre, un public qui renâcle. Entre les deux, des gouvernements prudents qui veillent à leurs intérêts -voyez Mme Merkel qui entend définir les règles de la zone euro. Les élites ne voient qu'une issue : « Toujours plus d'Europe ! » Cette fuite en avant est vouée à l'échec. Les citoyens d'Europe souffrent déjà d'un sentiment de dépossession démocratique. Ce qu'ils veulent, ce n'est pas une Europe plus fédérale, de nouvelles pertes de souveraineté. Ils veulent simplement que l'Europe défende leurs intérêts dans la grande bataille du monde.

Quelles solutions préconisez-vous pour répondre à ces attentes ?

L'Europe est devenue anxiogène. Pour inverser cette tendance, il faut trois clarifications. Sur le plan institutionnel, une pause. Nous ne ferons pas les « Etats-Unis d'Europe » car les peuples européens sont différents. En revanche, on peut imaginer une sorte de confédération d'Etats-Nations si l'on raisonne à 27, et une fédération d'Etats-Nations pour la zone euro. Dans ce cadre-là, efforçons-nous de définir des politiques économiques communes, harmonisées. Il faudra ensuite stabiliser géographiquement l'Union européenne. Vivre dans un ensemble gazeux qui se dilate à l'infini est angoissant ! On pourrait fixer tout de suite la liste des pays qui ont encore vocation à adhérer - dont la Turquie, si elle est prête un jour, puisque l'on a ouvert des négociations avec elle -, et définir une fois pour toutes les limites. Quand cela sera fait, l'élargissement sera terminé et « l'Europe » sera constituée. Enfin il faut clarifier la place de l'Europe dans le monde. Que voulons-nous ? Etre une grosse ONG multipliant les déclarations sur les droits de l'homme et distribuant de l'aide ? Ou une véritable puissance ?

Propos recueillis par Daniel Fortin, Jacques Hubert-Rodier et Pascal Pogam, Les Echos

vendredi 4 février 2011

Première rencontre franco-tunisienne à Paris après le soulèvement populaire


Ahmed Abderraouf Ounais le 2 février 2011 à Bruxelles
Ahmed Abderraouf Ounais le 2 février 2011 à Bruxelles Georges Gobet AFP/Archives

La France et la Tunisie post-Ben Ali cherchaient vendredi, lors d'une première rencontre bilatérale, à jeter de nouvelles bases à leur coopération et à dépasser les critiques et incompréhensions suscitées par la position française face à la révolution du jasmin.

Après plusieurs entretiens téléphoniques, la chef de la diplomatie française, Michèle Alliot-Marie, recevait son nouvel homologue tunisien, Ahmed Abderraouf Ounaï, pour un déjeuner de travail à Paris.

C'est la première rencontre entre ces deux responsables et elle survient en pleine polémique en France sur un voyage d'agrément lors des fêtes de fin d'année de la ministre française, effectué en Tunisie où avait débuté deux semaines auparavant puis la révolte contre l'ex-président Zine el Abidine Ben Ali.

Après avoir reconnu une "sous-estimation" de la contestation, proposé une coopération policière à l'ancien régime peu avant qu'il ne s'effondre, Michèle Alliot-Marie a dû s'expliquer cette semaine sur l'utilisation pendant ces vacances d'un avion privé appartenant à un Tunisien, présenté comme lié au clan Ben Ali. Fragilisée, elle a rejeté toute démission, réclamée par l'opposition.

L'accord d'Ahmed Abderraouf Ounaïs pour un déjeuner ce vendredi, deux jours après avoir été à Bruxelles à la rencontre de l'Union européenne, est présenté par le ministère français des Affaires étrangères comme "un signal très fort et très positif à l'égard de la France".

Ce déjeuner "permettra d'aborder la situation en Tunisie, que la France suit très attentivement et avec beaucoup de sympathie et de respect pour la transition menée par les Tunisiens", fait valoir le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Bernard Valero.

Michèle Alliot-Marie "fera part à son homologue tunisien des travaux" menés en France pour "donner un nouvel élan" à la coopération bilatérale, a-t-il ajouté sans autre précision.

La Tunisie attend pour sa part de l'ancienne puissance tutélaire "que la France, premier partenaire commercial, réaffirme haut et fort son soutien aux autorités de transition", selon une source proche du ministère tunisien des Affaires étrangères.

"On a tourné la page du régime Ben Ali et on veut construire une autre Tunisie", a-t-on ajouté de même source, en indiquant que Tunis attend aussi que "Paris use de son influence au sein de l'Union européenne pour faire progresser rapidement le dossier sur le statut avancé".

Ce statut privilégié dans les relations avec l'Union européenne permet un traitement douanier préférentiel pour les échanges et une libéralisation des visas.

En Tunisie, les controverses qui entourent depuis plus de trois semaines les interventions sur le sujet de Michèle Alliot-Marie sont jugées révélatrices d'un malaise avec la France, accusée d'avoir fermé les yeux jusqu'au bout sur le régime Ben Ali.

Les médias tunisiens ont parlé de "grande maladresse" et d'"erreur" de la France, dont les liens étroits avec Zine Ben Ali, longtemps entretenus par la classe politique française, ont été maintes fois soulignés.

Rappelé le 26 janvier, l'ambassadeur de France à Tunis Pierre Ménat, remplacé par un spécialiste des situations de crise, Boris Boillon, jusque-là en poste en Irak, a fait les frais des erreurs d'appréciation de la diplomatie française sur la révolution tunisienne.

------------

ladepeche.fr