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vendredi 18 février 2011

le nouvel ambassadeur français en Tunisie apparaît en maillot de bain sur le Net







M
éconnu du grand public, Boris Boillon s'est vite fait connaître des internautes et de la Twittosphère qui s'affole depuis quelques heures autour de celui qui vient d'être nommé ambassadeur de France en Tunisie. En cause : une photo de lui postée sur son profil du site copainsdavant.com où il apparaît sur la plage, en maillot de bain.

« Boris Boillon la joue plus James Bond 2.0, posant torse nu sur sa page Copainsdavant.com histoire d'exhiber une musculature solide et se rappeler aux bons souvenirs de ses ancien(ne)s camarades de classe » ironisent nos confrères de Marianne. « Son Excellence Boris Boillon, nouvel ambassadeur de France en Tunisie, en maillot de bain version Daniel Craig » s'amuse un autre utilisateur sur Twitter.

Boris Boillon n'a pas encore réagi à la mise en avant de ce cliché personnel par les médias. « L'hospitalité tunisienne n'est pas un mythe : à peine arrivé ce matin, je suis déjà accrédité ! Merci à tous pour cet accueil fantastique » se félicitait-il hier sur son compte Twitter. Toujours est-il que le nouvel ambassadeur peut déjà compter sur de nombreux fans sur le Net.
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ozap

A son excellence, L’ambassadeur de France en Tunisie, Mr Boillon






tunisienumerique

En rapport à votre premier jour auprès de votre résidence à Tunis durant lequel vous vous adressez au peuple tunisien, nous voudrions attirer votre attention sur certains aspects pour nous essentiels afin que votre séjour en Tunisie soit entouré de sérénité et de bons rapports, non seulement avec les représentants du peuple mais avec tout le peuple tunisien.

A la question « que pouvez-vous répondre aux préoccupations du peuple tunisien par rapport au comportement de la France durant la révolution » vous avez répondu qu’il s’agit de préjudices et vous avez complété vos propos en disant qu’il s’agit d’une question débile. Nos préoccupations après la position prise par la France, pays « ami », durant la révolution, vous semblent déplacées ? Nous-y voilà. Le peuple tunisien n’a jamais été un peuple stupide, alors évitez de nous prendre pour une bande de « dupes », ce que nous ne sommes pas. Nous avons eu la disgrâce de vivre sous un dictateur « ami » de la France, qui nous avait dépouillé de notre droit de nous exprimer. Ceci ne voulant point dire que nous ne savons réfléchir, comprendre et surtout nous prononcer.

L’attitude pleine de mépris et l’arrogance avec laquelle vous avez congédié la journaliste tunisienne qui posait les questions du peuple au représentant de la République Française, a choqué plus d’un, mais la réaction plus diffuse parmi nos concitoyens tunisiens a été l’envie de vous exprimer que vous n’êtes pas le bienvenue, Monsieur l’Ambassadeur, dans notre pays. Vous avez réussi avec votre comportement dédaigneux à tirer le pire du peuple tunisien, connu par son accueil et sa générosité. Vous faillez à votre mission.

Diderot a défini l’ambassadeur un homme rusé, instruit et faux, envoyé aux nations étrangères pour mentir en faveur de la chose publique. Mr Boillon, vous pourriez vous permettre d’être hypocrite dans vos réponses, la langue de bois ne nous dérangeant point mais nous exigeons du respect et de la politesse, comme vous même la prescririez envers votre personne et votre rang.

Monsieur l’Ambassadeur de France, vous êtes si jeune, mais tellement vieux dans vos manières de faire, que vous rappelez à certains d’entre nous les soldats ardents et insultants de la période colonialiste. Aujourd’hui ce passé est bien loin, nous ne sommes même plus dans le post-colonialisme comme certains voudraient qualifier, c’est une histoire bien lointaine, qui laisse aujourd’hui place à une Tunisie postrévolutionnaire.

Par Wejdane et Afef Hagi,

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nawaat

jeudi 10 février 2011

La nomination du nouvel ambassadeur de France en Tunisie est choquante



On ne nomme pas un ambassadeur comme on nomme un préfet. La diplomatie est un dialogue avec un pays étranger, son gouvernement et son chef d'Etat. La nomination de Boris Boillon comme ambassadeur de France en Tunisie par le conseil des ministres du 26 janvier est la négation de ce principe élémentaire, elle est donc choquante voire dangereuse pour les relations à venir entre Paris et Tunis.

Quand le gouvernement français envisage de nommer un nouvel ambassadeur dans un pays donné la première démarche est celle de la demande d'agrément. En clair, l'ambassadeur partant, ou le chargé d'affaires s'il n'y a pas d'ambassadeur en place, propose au ministre des affaires étrangères du pays auprès duquel il est accrédité le nom et le CV du diplomate proposé par Paris pour lui succéder. On attend l'accord des plus hautes autorités du pays étranger avant de proposer au conseil des ministres la nomination du nouvel ambassadeur. J'ai connu des cas où le pays étranger émettait des réserves sur le candidat désigné, on avait alors proposé un autre diplomate en mesure de mener un dialogue utile. Précisons qu'un dialogue ne veut pas dire l'approbation sans nuance de la politique menée dans le pays étranger.

Revenons à Boris Boillon. Il n'y avait pas encore de gouvernement à Tunis, le 26 janvier, puisque le remaniement réclamé par les Tunisiens n'était pas encore intervenu. A qui a-t-on demandé l'agrément pour Boris Boillon ? De plus, personne n'est en mesure de dire qui sera le chef de l'Etat tunisien demain, intérimaire dans un premier temps, définitif après les élections tunisiennes. Et si ce nouveau chef de l'Etat tunisien n'apprécie pas d'avoir comme interlocuteur français un diplomate dont on sait qu'il a défendu l'intervention américaine en Irak ! Passons sur son âge puisque sous M. Sarkozy l'expérience peut être acquise très tôt, surtout quand on a été un collaborateur du dit Nicolas Sarkozy au ministère de l'intérieur ! Et si le nouveau chef de l'Etat tunisien refusait, demain, de recevoir les lettres de créance de M. Boillon ?

La nomination précipitée à Tunis de ce diplomate venant de Bagdad où il n'était en poste que depuis 18 mois est encore une faute. Décidemment nous les accumulons avec ce pays et, surtout, nous mettons en danger les relations entre la France et cette Tunisie nouvelle que l'on devine déja au travers des soubresauts de la révolution du jasmin.

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lemonde