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mardi 22 février 2011

Quand le «Sarkoboy» Boris Boillon soutenait Kadhafi

DIPLOMATIE - L’ambassadeur français, invité du Grand Journal de Canal+ en novembre dernier, prenait alors la défense du dirigeant libyen...

«Kadhafi était un terroriste, il ne l'est plus (…) Dans sa vie, on fait tous des erreurs, et dans sa vie, on a tous le droit au rachat.» L’échange, entre Boris Boillon, alors ambassadeur en Irak, et le journaliste Jean-Michel Apathie, se tient sur le plateau du Grand Journal de Canal+, le 25 novembre dernier. Un appui du jeune diplomate, proche du président de la République, qui fait grincer des dents, alors que le dirigeant libyen réprime aujourd’hui sa population dans le sang.

«Il a fait son autocritique»

Et le diplomate continue: «Mais qui peut se prétendre parangon de vertu et de démocratie?... Je ne suis pas un avocat, il ne faut pas laisser court aux clichés.» Selon Boris Boillon, le dirigeant –lié notamment à l’attentat de Lockerbie, en Ecosse, qui a fait 270 morts- a «fait son autocritique». Il aurait donc droit à la réhabilitation…

«Sus aux idées reçues»

Dans ce même extrait, le jeune «Sarkoboy» répond à une question sur sa relation avec le colonel: «Khadafi vous appelle-t-il mon fils?» «Oui». «Et vous le dites comme si c’était normal!». Après l’absolution, surgit le dévoilement d’une proximité affective entre les deux personnalités. Voilà qui réjouira tant la diplomatie française, qui connait depuis plusieurs semaines des ratés, que la population libyenne, actuellement réprimée.

A.-L.B.
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20minutes

jeudi 10 février 2011

La nomination du nouvel ambassadeur de France en Tunisie est choquante



On ne nomme pas un ambassadeur comme on nomme un préfet. La diplomatie est un dialogue avec un pays étranger, son gouvernement et son chef d'Etat. La nomination de Boris Boillon comme ambassadeur de France en Tunisie par le conseil des ministres du 26 janvier est la négation de ce principe élémentaire, elle est donc choquante voire dangereuse pour les relations à venir entre Paris et Tunis.

Quand le gouvernement français envisage de nommer un nouvel ambassadeur dans un pays donné la première démarche est celle de la demande d'agrément. En clair, l'ambassadeur partant, ou le chargé d'affaires s'il n'y a pas d'ambassadeur en place, propose au ministre des affaires étrangères du pays auprès duquel il est accrédité le nom et le CV du diplomate proposé par Paris pour lui succéder. On attend l'accord des plus hautes autorités du pays étranger avant de proposer au conseil des ministres la nomination du nouvel ambassadeur. J'ai connu des cas où le pays étranger émettait des réserves sur le candidat désigné, on avait alors proposé un autre diplomate en mesure de mener un dialogue utile. Précisons qu'un dialogue ne veut pas dire l'approbation sans nuance de la politique menée dans le pays étranger.

Revenons à Boris Boillon. Il n'y avait pas encore de gouvernement à Tunis, le 26 janvier, puisque le remaniement réclamé par les Tunisiens n'était pas encore intervenu. A qui a-t-on demandé l'agrément pour Boris Boillon ? De plus, personne n'est en mesure de dire qui sera le chef de l'Etat tunisien demain, intérimaire dans un premier temps, définitif après les élections tunisiennes. Et si ce nouveau chef de l'Etat tunisien n'apprécie pas d'avoir comme interlocuteur français un diplomate dont on sait qu'il a défendu l'intervention américaine en Irak ! Passons sur son âge puisque sous M. Sarkozy l'expérience peut être acquise très tôt, surtout quand on a été un collaborateur du dit Nicolas Sarkozy au ministère de l'intérieur ! Et si le nouveau chef de l'Etat tunisien refusait, demain, de recevoir les lettres de créance de M. Boillon ?

La nomination précipitée à Tunis de ce diplomate venant de Bagdad où il n'était en poste que depuis 18 mois est encore une faute. Décidemment nous les accumulons avec ce pays et, surtout, nous mettons en danger les relations entre la France et cette Tunisie nouvelle que l'on devine déja au travers des soubresauts de la révolution du jasmin.

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lemonde

mardi 8 février 2011

WikiLeaks accable la France sur la Tunisie

Par Marion Sauveur

Le président français Nicolas Sarkozy et l'ancien chef d'Etat tunisien Ben Ali. © MAXPPP

La diplomatie française jugeait la Tunisie comme "le pays le plus stable du Maghreb".

La France avait visiblement mal évalué la situation tunisienne. Selon des documents diplomatiques obtenus par WikiLeaks et publiés mardi matin par 20minutes.fr, un an avant la chute du président tunisien Ben Ali, la France considérait la Tunisie comme "le pays le plus stable du Maghreb".

C’est ce qui ressort notamment d’un échange entre deux diplomates du Quai d’Orsay avec des confrères américains, en janvier 2010 et qui pourraient expliquer la frilosité de la France à réagir face à la révolution tunisienne, en décembre dernier.

"La Tunisie ne connaîtra pas de période de déstabilisation"

La raison ? Dans le câble diplomatique confidentiel, l’un des diplomates français explique que "la Tunisie a le taux de chômage le plus faible de la région et une bureaucratie qui fonctionne raisonnablement bien. L'économie tunisienne a une bonne réputation [...]". C’est pourquoi, assure-t-il, "la France ne croit pas que le pays connaîtra, à court terme, de période de déstabilisation, à part lors de la succession de Ben Ali".

Pour autant, un diplomate français note que la gouvernance de Ben Ali "contient des risques significatifs : le développement d'une classe moyenne qui réclame plus de liberté politique et le risque que la croissance du pays freine ou s'arrête. Si le gouvernement ne peut plus fournir une sécurité sociale et financière, il aura rompu son contrat tacite. Et sa population pourrait devenir moins docile".

"Je voyais ça dans 10 ans"

La France n’imaginait pas que le peuple tunisien serait capable de se révolter ainsi, il y a un an, comme le confirme un diplomate français interrogé par 20minutes. "Je voyais plutôt ça dans dix ans", assure-t-il. Mais, précise un ancien diplomate et conseiller Moyen-Orient à l'Institut français des relations internationales, Denis Bauchard, "ce mouvement a surpris tout le monde : diplomates, journalistes et les Tunisiens eux-mêmes".

Mais si la France n’a pas réalisé ce qui allait se passer, c’est pour une simple raison selon Jacques Lanxade, ancien ambassadeur à Tunis. "Les alertes du terrain ne remontaient pas jusqu'au Quai d'Orsay. On faisait la sourde oreille, on n'a pas pris la mesure de ce qui se passait", assure-t-il dans le quotidien gratuit. Et ce, parce que "de Mitterrand jusqu'à Sarkozy, la politique de l'Elysée a toujours été de soutenir Ben Ali. On le voyait comme un rempart à l'islamisme", conclut Denis Bauchard.

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europe1.fr

samedi 5 février 2011

Obama et Sarkozy face à l'Egypte et à la Tunisie : tentative de comparaisonLa comparaison entre les situations égyptienne et tunisienne

La comparaison entre les situations égyptienne et tunisienne permet également d'estimer les politiques étrangères de Sarkozy et d'Obama. L'influence US en Egypte est certes plus importante que celle de la France en Tunisie. Or les différences sont patentes. D'un côté la passivité de la politique étrangère française, superbement illustrée par la pusillanimité de sa Ministre, par les déclarations de Bruno Le Maire allant jusqu'à prendre la défense de Ben Ali, Ali, "souvent mal jugé", et qui avait "fait beaucoup de choses". Alors qu'il avait prétendu vouloir refonder la politique extérieure autour de la question de la promotion de la démocratie, Sarkozy n'a fait que cautionner les le régime d'un homme, frauduleusement réélu pendant 24 ans et la dernière fois avec 94,49 % des suffrages, ce qui en son temps avait fait déclarer à l'ineffable Eric Raoult que ce score signifiait que « beaucoup de Tunisiens aiment Ben Ali » !

Et le 13 janvier, alors que des émeutes sanglantes faisaient 50 morts, la France se dit inquiète de «l'utilisation disproportionnée de la violence» !

Lors de sa dernière visite, Sarkozy a déclaré n'avoir pas de leçons au président Ben Ali avant de se justifier ainsi : « Et quant aux questions de sécurité et de terrorisme, qui peut penser que l'Europe serait plus heureuse avec un régime taliban en Algérie, en Tunisie, sans parler du Maroc ? ». Et le 13 janvier, prés d'un mois après l'immolation d'un jeune vendeur ambulant, alors que des émeutes sanglantes ont lieu début janvier dans le centre ouest faisant 50 morts selon les syndicats, que les rues sont pleines de manifestants sur lesquels des balles de fabrication française sont de nouveaux morts, la France se dit inquiète de «l'utilisation disproportionnée de la violence» ! Le 19 Janvier, un mois après les premiers affrontements MAM a cette phrase mémorable : «Soyons honnêtes: nous avons tous été surpris par la Révolution de jasmin" et personne n'en a perçu "l'accélération"». Pourtant la France pouvait prétendre à une énorme influence en Tunisie pour arrêter le massacre.

... et quatre jours seulement après la première journée de contestation, le porte-parole d'Obama a expressément refusé de dire qu'il soutenait Moubarak

Les USA en ont bien davantage en Egypte puisque l'aide militaire directe se chiffrait à 1,3 milliards de dollars et 28 milliards de dollars d'aide au développement ! Or le 28, quatre jours seulement après la première journée de contestation massive, le porte-parole d'Obama a expressément refusé de dire que Washington soutenait Moubarak, réitérant que c'était « au peuple d'Egypte de décider de la suite des événements », un peuple »qui a des demandes légitimes ». Mais surtout, il a admis que les Etats-Unis envisageaient de « réévaluer l'aide » qu'ils apportent à l'Egypte ! Lorsque Moubarak annonce le 1er février qu'il reste au pouvoir mais qu'il ne sera pas candidat à la présidentielle, Obama affirme avoir dit à Moubarak qu'une transition politique pacifique doit débuter "maintenant". Et pourtant l'aide apportée par Moubarak aux USA est loin d'être négligeable : relations apaisées avec Israël, musèlement des islamistes, toujours prêt à accueillir un sommet international de crise.

Obama, contrairement à notre Président a lu les télégrammes diplomatiques dépeignant une élite profondément déconnectée du peuple

Obama aurait pourtant beaucoup plus à perdre dans certaines hypothèses, mais lui, contrairement à notre Président a lu les télégrammes diplomatiques américains rendus publics par le site WikiLeaks dépeignant une élite au pouvoir profondément déconnectée du peuple. Les autorités y apparaissent comme paralysées par des luttes de pouvoir et très frileuses sur la question de droits de l'Homme. Mieux, toujours selon Wikileaks les États-Unis ont financé à hauteur de plusieurs dizaines de millions de dollars des organisations de promotion de la démocratie en Égypte, selon des notes publiées vendredi par le journal norvégien Aftenposten. Hier encore, alors que le chaos provoqué par les nervis de Moubarak régnait sur la place de la Libération, Obama a déclaré prier " pour que la violence en Egypte s'arrête, que les droits et les aspirations des Egyptiens se réalisent, et que des jours meilleurs arrivent en Egypte et dans le monde entier".

Obama a dit qu'il souhaitait un changement « maintenant » et « maintenant, cela veut dire maintenant » a sèchement ajouté son porte-parole

Si le pouvoir reprend (provisoirement) la main, c'est plus la réaction sanglante d'une bête blessée qu'une promesse pour l'avenir. Car la Maison-Blanche a vivement condamné les violences de la place Tahrir, martelant qu'Obama souhaitait qu'un changement intervienne « maintenant » et « maintenant, cela veut dire maintenant » a sèchement ajouté son porte-parole. Ce vendredi , les Etats-Unis discutent avec des responsables égyptiens des modalités d'un départ immédiat du président Hosni Moubarak et du transfert du pouvoir à un gouvernement de transition dirigé par le vice-président Omar Souleimane, rapportait jeudi le New York Times. Bien que M. Moubarak ait refusé de démissionner du poste qu'il occupe depuis près de 30 ans, des responsables américains et égyptiens réfléchissent à un scénario dans lequel M. Souleimane, soutenu par les militaires, engagerait immédiatement un processus de réforme constitutionnelle, ajoute le New York Times. Le quotidien américain cite des responsables de l'administration Obama et des diplomates arabes. Le projet est destiné à recueillir le soutien de l'armée égyptienne. C'est toute la différence entre deux diplomaties et deux politiques !

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nouvelobs.com