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lundi 21 février 2011

Après la Tunisie et l’Egypte, le Wisconsin (dans le Midwest) USA



20 février 2011 (Nouvelle Solidarité) – Depuis une semaine, le parlement de l’Etat du Wisconsin est assiégé par des dizaines de milliers de manifestants qui défilent au son de « Scott Walker, Mubarak, même combat ! » pour protester contre la suppression du droit de négociation des syndicats du secteur public. Initié par des syndicats d’enseignants en début de semaine, le mouvement a rapidement pris de l’ampleur puisqu’ils se sont vus rejoints par les étudiants et lycéens, des syndicats du privé et d’autres syndicats du secteur public non-concernés par le projet de loi. Hier, plus de 70 000 personnes étaient rassemblées dans les rues de la capitale de cet état du midwest, soit l’équivalent en proportion du million d’égyptiens qui manifestèrent place Tahrir.

Si le fait déclencheur de ce mouvement est local – le plan d’austérité du gouverneur républicain entend imposer des coupes massives en supprimant le droit de négociation collective des syndicats – la cause finale est globale, comme en Egypte, en Tunisie, en Lybie ou au Bahreïn. La crise financière et le renflouement des grandes banques internationales ont laissé l’économie exsangue et face à un durcissement brutal des conditions de vie et dans un monde où le politique ne répond plus aux inspirations des peuples, les gens se révoltent.

Sur les pancartes des manifestants, l’on peut lire : « Marchons comme des égyptiens » ; « Walker, le cheikh du West-Bahreïn » ; « Egypte : 18 jours, Wisconsin : ??? », etc.

Face à cela, Scott Walker a menacé de recourir à la garde nationale pour forcer les manifestants à reprendre leur travail alors que les députés de sa majorité ont tenté d’adopter le budget 2011 en l’absence de leurs homologues démocrates, en organisant un vote à main levé avant la reprise officielle de la séance. Du côté du sénat du Wisconsin, les démocrates ont quitté l’Etat pour empêcher qu’un vote puisse avoir lieu, le gouverneur étant habilité à les réquisitionner pour atteindre le quorum parlementaire.

Si, depuis Washington, Barack Obama a pris la défense du droit syndical, il ne cesse de promouvoir des coupes budgétaires nouvelles au niveau fédéral, encourageant les Etats à faire de même. En s’opposant au rétablissement de la loi Glass-Steagall qui castrerait Wall Street, enrayerait la dynamique de crise et permettrait de renflouer les Etats pour leurs missions fondamentales d’éducation, de justice, de sécurité et de santé, Obama est devenu un obstacle au changement.

samedi 5 février 2011

Obama et Sarkozy face à l'Egypte et à la Tunisie : tentative de comparaisonLa comparaison entre les situations égyptienne et tunisienne

La comparaison entre les situations égyptienne et tunisienne permet également d'estimer les politiques étrangères de Sarkozy et d'Obama. L'influence US en Egypte est certes plus importante que celle de la France en Tunisie. Or les différences sont patentes. D'un côté la passivité de la politique étrangère française, superbement illustrée par la pusillanimité de sa Ministre, par les déclarations de Bruno Le Maire allant jusqu'à prendre la défense de Ben Ali, Ali, "souvent mal jugé", et qui avait "fait beaucoup de choses". Alors qu'il avait prétendu vouloir refonder la politique extérieure autour de la question de la promotion de la démocratie, Sarkozy n'a fait que cautionner les le régime d'un homme, frauduleusement réélu pendant 24 ans et la dernière fois avec 94,49 % des suffrages, ce qui en son temps avait fait déclarer à l'ineffable Eric Raoult que ce score signifiait que « beaucoup de Tunisiens aiment Ben Ali » !

Et le 13 janvier, alors que des émeutes sanglantes faisaient 50 morts, la France se dit inquiète de «l'utilisation disproportionnée de la violence» !

Lors de sa dernière visite, Sarkozy a déclaré n'avoir pas de leçons au président Ben Ali avant de se justifier ainsi : « Et quant aux questions de sécurité et de terrorisme, qui peut penser que l'Europe serait plus heureuse avec un régime taliban en Algérie, en Tunisie, sans parler du Maroc ? ». Et le 13 janvier, prés d'un mois après l'immolation d'un jeune vendeur ambulant, alors que des émeutes sanglantes ont lieu début janvier dans le centre ouest faisant 50 morts selon les syndicats, que les rues sont pleines de manifestants sur lesquels des balles de fabrication française sont de nouveaux morts, la France se dit inquiète de «l'utilisation disproportionnée de la violence» ! Le 19 Janvier, un mois après les premiers affrontements MAM a cette phrase mémorable : «Soyons honnêtes: nous avons tous été surpris par la Révolution de jasmin" et personne n'en a perçu "l'accélération"». Pourtant la France pouvait prétendre à une énorme influence en Tunisie pour arrêter le massacre.

... et quatre jours seulement après la première journée de contestation, le porte-parole d'Obama a expressément refusé de dire qu'il soutenait Moubarak

Les USA en ont bien davantage en Egypte puisque l'aide militaire directe se chiffrait à 1,3 milliards de dollars et 28 milliards de dollars d'aide au développement ! Or le 28, quatre jours seulement après la première journée de contestation massive, le porte-parole d'Obama a expressément refusé de dire que Washington soutenait Moubarak, réitérant que c'était « au peuple d'Egypte de décider de la suite des événements », un peuple »qui a des demandes légitimes ». Mais surtout, il a admis que les Etats-Unis envisageaient de « réévaluer l'aide » qu'ils apportent à l'Egypte ! Lorsque Moubarak annonce le 1er février qu'il reste au pouvoir mais qu'il ne sera pas candidat à la présidentielle, Obama affirme avoir dit à Moubarak qu'une transition politique pacifique doit débuter "maintenant". Et pourtant l'aide apportée par Moubarak aux USA est loin d'être négligeable : relations apaisées avec Israël, musèlement des islamistes, toujours prêt à accueillir un sommet international de crise.

Obama, contrairement à notre Président a lu les télégrammes diplomatiques dépeignant une élite profondément déconnectée du peuple

Obama aurait pourtant beaucoup plus à perdre dans certaines hypothèses, mais lui, contrairement à notre Président a lu les télégrammes diplomatiques américains rendus publics par le site WikiLeaks dépeignant une élite au pouvoir profondément déconnectée du peuple. Les autorités y apparaissent comme paralysées par des luttes de pouvoir et très frileuses sur la question de droits de l'Homme. Mieux, toujours selon Wikileaks les États-Unis ont financé à hauteur de plusieurs dizaines de millions de dollars des organisations de promotion de la démocratie en Égypte, selon des notes publiées vendredi par le journal norvégien Aftenposten. Hier encore, alors que le chaos provoqué par les nervis de Moubarak régnait sur la place de la Libération, Obama a déclaré prier " pour que la violence en Egypte s'arrête, que les droits et les aspirations des Egyptiens se réalisent, et que des jours meilleurs arrivent en Egypte et dans le monde entier".

Obama a dit qu'il souhaitait un changement « maintenant » et « maintenant, cela veut dire maintenant » a sèchement ajouté son porte-parole

Si le pouvoir reprend (provisoirement) la main, c'est plus la réaction sanglante d'une bête blessée qu'une promesse pour l'avenir. Car la Maison-Blanche a vivement condamné les violences de la place Tahrir, martelant qu'Obama souhaitait qu'un changement intervienne « maintenant » et « maintenant, cela veut dire maintenant » a sèchement ajouté son porte-parole. Ce vendredi , les Etats-Unis discutent avec des responsables égyptiens des modalités d'un départ immédiat du président Hosni Moubarak et du transfert du pouvoir à un gouvernement de transition dirigé par le vice-président Omar Souleimane, rapportait jeudi le New York Times. Bien que M. Moubarak ait refusé de démissionner du poste qu'il occupe depuis près de 30 ans, des responsables américains et égyptiens réfléchissent à un scénario dans lequel M. Souleimane, soutenu par les militaires, engagerait immédiatement un processus de réforme constitutionnelle, ajoute le New York Times. Le quotidien américain cite des responsables de l'administration Obama et des diplomates arabes. Le projet est destiné à recueillir le soutien de l'armée égyptienne. C'est toute la différence entre deux diplomaties et deux politiques !

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nouvelobs.com

mardi 1 février 2011

La Tunisie dans le discours d’Obama

“Recent events have shown us that what sets us apart must not just be our power – it must be the purpose behind it. In South Sudan – with our assistance – the people were finally able to vote for independence after years of war. Thousands lined up before dawn. People danced in the streets. One man who lost four of his brothers at war summed up the scene around him: “This was a battlefield for most of my life. Now we want to be free.”

“We saw that same desire to be free in Tunisia, where the will of the people proved more powerful than the writ of a dictator. And tonight, let us be clear: the United States of America stands with the people of Tunisia, and supports the democratic aspirations of all people.

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http://clesnes.blog.lemonde.fr