Affichage des articles dont le libellé est fortune. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est fortune. Afficher tous les articles

samedi 12 février 2011

Quoi de commun entre la fortune du clan Ben Ali et le système Moubarak ?


Des spécialistes affirment que la fortune de la famille du président égyptien se situe entre 40 et 70 milliards de dollars. Une estimation difficile à vérifier et qui donne un faux air de Tunisie au régime d’Hosni Moubarak.

La fortune de la famille du président égyptien Hosni Moubarak pourrait atteindre les 70 milliards de dollars [51 milliards d’euros, NDLR]. L'estimation en question (qui évoque une fourchette entre 40 et 70 milliards de dollars), avancée dans les colonnes du quotidien britannique The Guardian de dimanche, provient d’évaluations faites par des experts égyptiens.

La plupart de cette fortune serait placée dans des banques étrangères ou investie dans l’immobilier à Londres, New-York ou encore à Los Angeles.

Ce tableau d’une famille roulant sur les dollars suggère un parallèle avec le clan formé par le président déchu tunisien Zine El-Abidine Ben Ali et la famille Trabelsi. Un raccourci réfuté par plusieurs spécialistes de l’Égypte.

"A part son salaire public de plusieurs milliers d’euros, on ne sait rien de la richesse exacte d’Hosni Moubarak", estime Jean-Noël Ferrié, directeur de recherche au CNRS et auteur de "L’Egypte, entre démocratie et islamisme. Le système Moubarak à l’heure de la succession". Il estime que l’évaluation de la fortune de la famille du président est exagérée "d’un ou deux zéros au moins". Tewfik Aclimendos, chercheur spécialisé sur l’Égypte au Collège de France partage le même avis. Pour lui, la richesse du président égyptien est inchiffrable.

Un clan pratiquant le clientélisme à l’extrême

Cela dit, contrairement à la Tunisie, la société égyptienne toute entière, "du petit gradé de la police au proche du pouvoir", participe de ce système de corruption, selon Jean-Noël Ferrié. Là où certains dénonçait en Tunisie un "racket organisé" par le pouvoir, l’Égypte souffrirait davantage, selon le chercheur du CNRS, d’un système de "clientélisme poussé à l’extrême".

En effet, Hosni Moubarak - et même l’ancien président Anouar el-Sadate dans les années 70 - ont octroyé des avantages à toute une partie de la population – hommes d’affaires, militaires - afin d’acheter leur soutien, assurent les deux spécialistes. La plupart du temps, ces largesses prennent la forme d’opportunités immobilières, comme des hôtels ou des parcelles de terrains bradés à bas prix. En Tunisie, une petite clique, liée au président et à la famille de sa femme, les Trabelsi, récupérait la plus grosse part du pactole.

Au sein du clan présidentiel, les proches d’Hosni Moubarak ont profité à plein du système. "On sait, notamment, que Gamal Moubarak [le fils cadet, ndlr] doit une partie de sa fortune à son mariage avec la fille d’un richissime entrepreneur égyptien spécialisé dans le bâtiment", précise Jean-Noël Ferrié.

Mais le placement de fonds à l’étranger est loin d’être une spécificité du président et de ses proches. "N’importe quel entrepreneur égyptien, même d’une société de moyenne envergure, crée des montages financiers hors d’Égypte", assure Jean-Noël Ferrié.

Contrairement donc à la Tunisie, où une petite clique avait accaparé une grande partie de la richesse du pays, en Égypte, un bien plus grand nombre de personnes dépendent toujours financièrement du régime d’Hosni Moubarak.

---------

france24

lundi 7 février 2011

Tunisie: les sanctions de l'UE contre Ben Ali entrent en vigueur

Abidine Ben Ali

Les sanctions adoptées par l'Union européenne à l'encontre de responsables tunisiens, dont le président Zine El Abidine Ben Ali actuellement en exil, sont entrées lundi en vigueur après la publication de la liste des intéressés par le Journal officiel de l'UE.

Approuvées le 31 janvier par les chefs de diplomatie des 27 pays membres de l'Union européenne, les "mesures restrictive ciblées" prévoient, entre autres, "le gel des fonds et des ressources économiques de certaines personnes responsables de détournements de fonds revenant à l'État tunisien et de personnes qui leur sont associées".

La liste compte au total 48 personnes, y compris l'ex-président Bel Ali et son épouse.

Document 1 -Règlement (UE) no 101/2011 du Conseil du 4 février 2011 concernant des mesures restrictives à l’encontre de certaines personnes, entités et organismes au regard de la situation en Tunisie

Document 2 - Décision d’exécution 2011/79/PESC du Conseil du 4 février 2011 mettant en œuvre la décision 2011/72/PESC concernant des mesures restrictives à l’encontre de certaines personnes et entités au regard de la situation en Tunisie

Engagées en décembre 2010, des manifestations populaires contre les mauvaises conditions de vie, la corruption et le chômage en Tunisie ont débouché, le 14 janvier, sur la chute du pouvoir. Le président Ben Ali s'est réfugié en Arabie Saoudite. Arrivé à la tête de l'Etat, le premier ministre Mohammed Ghannouch a abandonné la magistrature suprême au profit du président du parlement, Fouad Mebazaa, nommé chef d'Etat par intérim.

La "révolution de jasmin" a fait plus de 80 morts et des centaines de blessés. Le préjudice matériel est évalué à 1,6 milliard d'euros.

---------------

RIA Novosti

La fortune des Moubarak dépasserait les 40 milliards

La fortune d'Hosni Moubarak serait estimée à 15 milliards de dollars, selon des experts du Moyen-Orient.
La fortune d'Hosni Moubarak serait estimée à 15 milliards de dollars, selon des experts du Moyen-Orient. Crédits photo : KHALED DESOUKI/AFP

Selon des experts cités par le journal britannique The Guardian, la fortune de la famille Moubarak pourrait même atteindre 70 milliards de dollars à la suite de partenariats d'affaires avec des entreprises étrangères.

Le peuple égyptien réclame ostensiblement son départ, mais Hosni Moubarak s'accroche. Alors qu'environ 40% de la population (l'Egypte compte 80 millions d'habitants) vivrait avec moins de trois dollars par jour, le journal britannique The Guardian rapporte ce dimanche que selon des experts du Moyen-Orient la fortune de la famille du président égyptien serait comprise entre 40 et 70 milliards de dollars. Elle serait répartie comme tel : 15 milliards de dollars pour Hosni Moubarak, un milliard pour son épouse Suzanne, huit milliards pour son fils aîné, Alaa et 17 milliards pour son second fils Gamal. Par comparaison, celle du couple Ben Ali est estimée à cinq milliards de dollars, selon le classement du magazine américain Forbes. Et celle de l'homme le plus riche des Etats-Unis, Bill Gates, à 54 milliards.

Selon le journal algérien Al Khabar, une bonne partie de la fortune des Moubarak serait déposée dans des banques ou investie dans de l'immobilier. La famille Moubarak possèderait ainsi, en dehors de l'Égypte, des propriétés aux États-Unis, en Grande-Bretagne (dont les fils et la mère détiennent la nationalité), en France, en Suisse, en Allemagne, en Espagne et à Dubaï. Enfin, ses deux fils, Gamal et Alaa ont créé et pris des participations dans de nombreuses sociétés en Europe et aux États-Unis. A en croire la chaîne de télévision australienne ABC News, le premier aurait commencé son business dans les années 80 en spéculant sur la dette de son pays sur le marché financier international. Avec les bénéfices réalisés, il acquérait des terrains militaires à des prix défiant toute concurrence qu'il revendait à des investisseurs. Le produit était directement versé dans des comptes en banques en Europe.

Régime corrompu

Cet enrichissement fulgurant ne surprend pas les experts. Selon Christopher Davidson, professeur de politique au Moyen-Orient à l'Université de Durham, Moubarak, son épouse et ses deux fils «ont été en mesure d'accumuler ces richesses dans le cadre d'un certain nombre de partenariats d'affaires avec des entreprises et des investisseurs étrangers, à l'époque où il était général dans l'armée et en position de bénéficier de la corruption dans les entreprises». Il ajoute : «Presque tous les projets ont besoin d'un parrain et Moubarak était bien placé pour profiter de toutes les offres proposées. Il y avait beaucoup de corruption dans ce régime et un étouffement des ressources publiques à des fins personnelles».

La plupart des Etats du Golfe exigent des entreprises étrangères de donner à un partenaire local 51% de parts dans de nouvelles start-up. «En Egypte, le chiffre est généralement plus proche de 20% mais cela permet toujours aux politiciens et à leurs proches alliés dans l'armée d'avoir accès à d'énormes profits sans mise de fonds initiale et avec peu de risques», poursuit le professeur de Princeton. C'est pour cette raison que McDonald's aurait refusé de s'implanter en Tunisie.

Ces pratiques seraient comparables à celles d'autres dirigeants régionaux, à en croire Amaney Jamal, professeur de sciences politiques à l'Université de Princeton.«C'est le modèle appliqué par d'autres dictateurs du Moyen-Orient afin que leur richesse ne soit pas saisie au cours d'un changement de pouvoir. Ces dirigeants prévoient ce cas», affirme-t-il.

Par Guillaume Errard
Journaliste, Le Figaro.fr

jeudi 3 février 2011

Les belles adresses des Ben Ali en France

Le Monde a enquêté sur les multiples biens attribués aux Ben Ali et à leurs alliés, notamment en recherchant leurs traces dans les documents cadastraux et commerciaux.

Le plus difficile restera alors à faire pour les policiers de l'Office central de répression de la grande délinquance financière (OCRGDF), chargés de l'enquête : apporter, le cas échéant, la preuve que les financements de l'acquisition de ces immeubles proviennent d'un "détournement de fonds publics" tunisiens. Pour l'heure, la plainte des ONG suppose seulement que la fortune amassée par Ben Ali "ne serait pas le fruit des seuls salaires et émoluments perçus (...) en qualité de président de la Tunisie".

Comme le souligne Me William Bourdon, président de Sherpa, l'une des organisations plaignantes, les manifestants tunisiens eux-mêmes ont fait de la restitution des biens mal acquis "une revendication centrale". A la différence des pays d'Afrique subsaharienne où les régimes accusés de prédation (Congo, Gabon, Guinée-Equatoriale), dans une autre procédure judiciaire ouverte à Paris, restent en place et n'ont nulle volonté de faciliter pareilles investigations, la Tunisie nouvelle devrait aider à apporter la preuve des détournements.

L'ambassade tunisienne à Paris. Situé rue Barbet-de-Jouy, au coeur du très chic 7e arrondissement, l'élégant hôtel particulier de la Tour-du-Pin n'a pas été "vendu" par les Ben Ali comme l'affirme la rumeur. Il demeure la propriété de l'Etat tunisien, assure un récent communiqué officiel. Sa privatisation semble avoir été plus insidieuse.

En 2006, l'ambassadeur, dont la résidence se trouvait sur place, a été prié de déménager afin que ses appartements (600 m2 selon certaines sources) puissent accueillir les familles du président et de son épouse, Leïla Ben Ali-Trabelsi, pendant leurs séjours parisiens. Mais les travaux de rénovation entrepris semblent avoir été si ambitieux qu'ils ne sont toujours pas achevés. "Le bâtiment n'a donc été habité par personne" depuis mars 2006, assure-t-on aujourd'hui à l'ambassade.

Vacances à Saint-Tropez et à Courchevel. La chronique mondaine de la Côte d'Azur ne garde la trace que de locations. Durant l'été 2008, les Ben Ali ont passé des vacances à Saint-Tropez dans une villa louée par l'un de leurs gendres, Sakher El-Materi. Selon des opposants, ce séjour aurait été facturé 18 000 euros, sans compter les personnels chargés de la sécurité et de l'intendance, les limousines et les allers-retours en Tunisie par jet présidentiel. Une photographie de Leïla Ben Ali-Trabelsi jouant avec deux enfants, publiée dans Paris Match du 27 janvier, a pour cadre une maison de Saint-Tropez. Une autre la représente descendant en manteau de fourrure de l'avion présidentiel sur l'aéroport de Courchevel.

17, rue Le Sueur (Paris 16e). Cet hôtel particulier de quatre niveaux est la propriété d'une société civile immobilière (SCI) créée en avril 2010 baptisée Nes, diminutif de Nesrine Ben Ali, 24 ans, fille de l'ancien président et de Leïla Trabelsi. Le prix du mètre carré dans cette artère qui donne sur l'avenue Foch atteint environ 9 000 euros. La jeune femme est associée dans cette SCI à son époux, Sakher El-Materi, 29 ans.

Ce dernier, souvent qualifié de "gendre préféré" et élu député en 2009, était présenté comme un dauphin possible de Ben Ali. Il est le fils de Moncef El-Materi, un officier auteur d'un putsch manqué contre Bourguiba en 1962. La fortune de Sakher est liée à la privatisation de la Banque du Sud, une opération qualifiée de "délit d'initié" par un témoin cité en 2009 par Le Monde. A la tête d'un empire baptisé Princesse Holding, il contrôlait notamment la banque islamique Zitouna et la radio du même nom. Présent dans l'automobile et le tourisme, il était aussi entré récemment dans le capital de l'opérateur de téléphonie mobile Tunisiana.

16, rue d'Odessa (Paris 14e). Deux appartements, au coeur de Montparnasse, sont la propriété de la SCI Sadryna fondée en 2007, dont le gérant est Tahar El-Materi, 78 ans, président du groupe pharmaceutique Adwia. Tahal El-Materi est le frère de Moncef El-Materi qui fut président honoraire de Nestlé-Tunisie jusqu'au renversement de Ben Ali. Lui-même est le père de Sakher, propriétaire du 17, rue Le Sueur.

18, rue de Galilée et 16, place des Etats-Unis (Paris 16e). Non loin de la place de l'Etoile, la SCI MA Meunier possède le premier appartement tandis que Florus est propriétaire du second. Les deux SCI, créées respectivement en 1999 et 2005, sont gérées par les frères Mohamed Ali, 45 ans, et Ismail Mabrouk, 44 ans, dont un autre frère, Marwan, a épousé Cyrine Ben Ali, née du premier mariage de l'ex-président. Héritiers d'un gros industriel, les trois frères sont à la tête d'un empire qui se déploie dans la distribution alimentaire (Monoprix et Géant), la banque (BIAT) et l'automobile. Marwan Mabrouk détient 51 % d'Orange-Tunisie créée en mai 2010 en partenariat avec Orange-France.

86, avenue Raymond-Poincaré (Paris 16e). Classé "nettement somptueux" par le cadastre, cet appartement est détenu par la SCI MNM fondée en 2009 et gérée par Moncef Mzabi, 62 ans, et son épouse. Proche de l'ancien régime, M. Mzabi possède la concession exclusive des automobiles Renault et Nissan en Tunisie, et il est actionnaire de plusieurs banques.

44, avenue Kléber (Paris 16e). A deux pas de l'Etoile, cet appartement est détenu par une SCI créée en 2007 et dont les gérants sont Slim Chiboub, 52 ans, et son épouse, Dorsaf, fille issue du premier mariage de Ben Ali. Cet ancien joueur de basket, qui préside le Comité olympique tunisien, est propriétaire en France d'une écurie de chevaux de course classée sixième au palmarès national des propriétaires 2011 de France Galop, association organisatrice des courses en France. En 2007, Slim Chiboub a acquis l'exceptionnel pur-sang arabe Dahess, moyennant une enchère record de 1 050 000 euros.

Philippe Bernard
------------------------
http://www.lemonde.fr