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jeudi 17 février 2011

Ben Ali dans le coma depuis deux jours : Le point sur les contestations au Moyen-Orient et dans le monde arabe, pays par pays. Situation explosive en

Zine el Abidine Ben Ali
(c) AFP Zine el Abidine Ben Ali

Voici la situation au Moyen-Orient, pays par pays, jeudi 17 février.

En Algérie : La grande manifestation de samedi a été maintenue, malgré les promesses de réel changement formulées par le pouvoir.

A Bahreïn : Jeudi en milieu de journée, des dizaines de blindés de l'armée et de transports de troupes étaient déployés aux abords de la place de la Perle, où se concentrent les manifestants, dans la capitale Manama. La nuit a fait quatre morts, victimes de la répression policière, parmi les manifestants, ce qui porte le nombre de tués à six depuis le début de la contestation lundi. Les manifestants, des chiites -comme la majorité de la population- ne demandent pas le départ du roi -sunnite-, mais des réformes politiques et sociales dans le pays, pour aboutir à une "monarchie constitutionnelle". Ils ont campé une seconde nuit sur la place de la Perle, dans le centre de la capitale Manama. Près d'une centaine de personnes auraient été blessées dans l'assaut des forces de l'ordre, qui ont tenté de disperser la foule. Dans un communiqué diffusé par l'agence officielle BNA, le porte-parole du ministère de l'Intérieur, le général Tarek al-Hassan, a affirmé que "les forces de sécurité ont évacué la place de la Perle (..) après avoir épuisé toutes les chances de dialogue" avec les protestataires. "Certains ont quitté les lieux d'eux-mêmes alors que d'autres ont refusé de se soumettre à la loi, ce qui a nécessité une intervention pour les disperser", a-t-il ajouté.
En réaction, le bloc chiite au Parlement bahreïni, qui compte 18 sièges sur 40, a l'intention de se retirer de l'Assemblée, a déclaré un député jeudi. L'opposition a réclamé la démission du gouvernement. Le Premier ministre, cheikh Khalifa ben Salmane Al-Khalifa, oncle du roi, est à ce poste depuis l'indépendance de Bahreïn, en 1971.

En Egypte : Dans plusieurs endroits du pays, les grèves réclamant des hausses de salaires se poursuivent, malgré les appels de l'armée à reprendre le travail. La Bourse du Caire restera fermée encore jusqu'à dimanche au moins. Environ 365 personnes ont été tuées et 5.500 blessées durant les 18 jours de manifestations à travers l'Egypte qui ont provoqué la chute du président Hosni Moubarak, selon le ministère de la Santé. Quant à l'ancien président, il "ne va pas bien, a baissé les bras et veut mourir à Charm-el-Cheikh", selon un responsable saoudien qui a pu s'entretenir avec lui.

En Iran : Une manifestation de "haine et de colère", organisée par le pouvoir, est prévue vendredi contre les deux principaux chefs de l'opposition, Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi. "La population de Téhéran, après la prière du vendredi, participera avec force à une manifestation pour exprimer sa haine, sa colère et son dégoût devant les crimes sauvages et répugnants des chefs de la sédition et leurs alliés hypocrites et monarchistes", a annoncé le Conseil pour la coordination de la propagande islamique, qui organise les grandes manifestations populaires du pouvoir. Les opposants sont devenus la cible du pouvoir depuis les rassemblements de plusieurs milliers de personnes à Téhéran lundi, et qui se sont soldés par la mort d'au moins deux individus.

En Libye : Malgré le peu d'informations qui filtrent, la révolte se poursuit au royaume du colonel Khadafi, dont le régime réplique par la violence. Six personnes ont été tuées jeudi à Benghazi, dans l'est du pays, épicentre de l'opposition, et 35 blessées, d'après des sites d'opposition basés à l'étranger.
Au moins quatre personnes avaient trouvé la mort mercredi, là encore lors d'affrontements avec les forces de l'ordre, à Al-Baïda. L'organisation libyenne Human Right Solidarity, basée à Genève, qui cite des témoins, a indiqué de son côté que des snipers postés sur des toits avaient tué 13 manifestants et blessé des dizaines d'autres. Un appel à une "journée de colère" qui a été lancé sur Facebook par un groupe dont les membres sont passés de 4.400 à 9.600 en deux jours a été lancé pour ce jeudi.

En Tunisie : L'ex-président tunisien Zine El Abidine Ben Ali, qui a fui son pays le 14 janvier sous la pression de la rue, est "dans le coma" depuis deux jours dans un hôpital de Jeddah, en Arabie Saoudite où il a trouvé refuge, suite à une attaque cérébrale vasculaire, a annoncé jeudi un proche de sa famille, confirmant une information du journaliste Nicolas Beau.
Le nouvel ambassadeur de France en Tunisie, Boris Bouillon, a déclaré jeudi devant des journalistes à Tunis vouloir écrire "une nouvelle page" dans les relations bilatérales franco-tunisiennes, ce qui "suppose un autre style, une autre approche".
Le montant total des prêts accordés par les banques aux entreprises des clans Ben Ali/Trabelsi est évalué à 2,5 milliards de dinars (1,3 milliard d'euros), dont 430 millions (224 millions d'euros) sans garantie de remboursement, selon la Banque centrale de Tunisie (BCT). Les familles et proches du président déchu le 14 janvier Zine El Abidine Ben Ali, au pouvoir pendant 23 ans, et de sa femme Leïla Trabelsi ont fait main basse sur les richesses du pays.

Au Yémen : Les jours se suivent et se ressemblent dans la capitale Sanaa. De nouveau, les étudiants qui voulaient manifester ce jeudi contre le régime du président Saleh ont été attaqués par des partisans du chef de l'Etat, armés de gourdins et de pierres. Selon l'AFP, 25 blessés sont à déplorer. Mercredi, de violents heurts avaient opposé des manifestants anti-régime et policiers à Aden, dans le sud du pays, faisant deux morts. Etat indépendant jusqu'en 1990, le sud du Yémen est le théâtre d'une contestation de séparatistes.

(Challenges.fr)

mardi 15 février 2011

Tour d'horizon des manifestations organisées dans le monde arabe






Les révolutions tunisienne et égyptienne ont créé comme un appel d'air pour de nombreux dissidents politiques du monde arabe. Ils reviennent sur le devant de la scène politique et se permettent d'exprimer leur mécontentement. Panorama.

IRAN : À Téhéran, plusieurs milliers de personnes ont manifesté malgré l'interdiction des autorités. La police a fait usage de gaz lacrymogène pour disperser les partisans de l'opposition. À Ispahan, des incidents ont éclaté entre les forces de l'ordre et les quelques dizaines de manifestants. Si l’opposition iranienne appelle à manifester, c'est, "officiellement", en solidarité avec l’Égypte et la Tunisie. "Passée sous silence depuis plus d’un an à cause de la répression, l’opposition compte bien mobiliser ses troupes aujourd’hui autour d’un prétexte idéal : la chute de Moubarak, saluée par le gouvernement iranien", explique à FRANCE 24 Delphine Minoui, correspondante du Figaro au Liban. "Les dissidents politiques Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi sont toutefois bloqués à leur domicile", tempère-t-elle. "Le gouvernement refuse de leur accorder l’autorisation de manifester." La semaine dernière, les autorités avaient procédé à une vague d’arrestations afin de réprimer toute velléité de révolte.

BAHREÏN : Après des manifestations jugées de "faible ampleur" par Nathalie Gillet, la correspondante de FRANCE 24 dans le Golfe, "le pays s’attend aujourd’hui à une vraie manifestation à Manama, la capitale". Des activistes ont lancé un appel sur Facebook pour réclamer des réformes politiques et sociales. Le lieu de rendez-vous attendu, place de la Mosquée, est "complètement bloqué par la police", explique Nathalie Gillet. "On ne sait pas encore si l’appel à manifester de l’opposition sera suivi mais le gouvernement prend ces événements très au sérieux". La semaine dernière, le roi Hamad ben Issa al-Khalifa a multiplié les gestes d’apaisement en promettant de remettre des primes de 1000 dinars [environ 2000 euros, NDLR] à toutes les familles du royaume et en promettant une plus grande liberté de la presse.

YÉMEN : Malgré des affrontements, dimanche, entre les forces de l'ordre et des manifestants anti-gouvernementaux qui réclamaient le départ du président Saleh au pouvoir depuis 32 ans, l'opposition a accepté d'entamer des pourparlers avec le pouvoir. Deux petits rassemblements – anti et pro-gouvernement - sont toutefois prévus ce lundi, selon Charlotte Velut, correspondante de FRANCE 24 à Sanaa. "Il y a moins de cinquante personnes. La police est fortement déployée et bloque les accès de l’université de Sanaa", explique-t-elle. "Je ne pense pas que les manifestants pourront entamer une marche dans la ville".

ALGÉRIE : L’opposition algérienne appelle à manifester chaque samedi jusqu'à la démission du gouvernement. "Une méthode de harcèlement pour tenter de faire céder Bouteflika", explique Tahar Hani, envoyé spécial de FRANCE 24 à Alger. Samedi dernier, un important dispositif de sécurité a empêché quelque 2 000 personnes de défiler. Trois cents opposants ont été interpellés. Du côté de la présidence, Abdelaziz Bouteflika avait annoncé le 3 février que l'état d'urgence serait bientôt levé, sans plus de précisions. "Une mesure qui serait toutefois insuffisante pour calmer la colère des manifestants", estime encore le journaliste Tahar Hani.

IRAK : De jeunes Irakiens ont décidé d'organiser une manifestation "pacifique et romantique" à l'occasion de la Saint-Valentin pour demander aux dirigeants d'aimer leur pays plutôt que de le piller, a affirmé à l'AFP un des organisateurs. Dans la foulée des révoltes en Tunisie et en Egypte, plusieurs manifestations ont eu lieu ces dernières semaines en Irak pour demander la remise en état des infrastructures, notamment le réseau électrique, ainsi que des réformes économiques.

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france24

dimanche 13 février 2011

Algérie: L'opposition appelle à manifester chaque samedi


Des organisations de l'opposition algérienne ont appelé dimanche à manifester chaque samedi jusqu'à la démission du gouvernement. Plusieurs centaines de manifestants, inspirés par les révolutions de Tunisie et d'Egypte, ont défié samedi l'interdiction qui leur était faite de se rassembler place du 1er-Mai dans le centre d'Alger. Des milliers de policiers antiémeutes avaient été déployés pour faire échec à cette tentative de rassemblement.

La coalition des organisations de la société civile, certains syndicalistes et le parti d'opposition RCD, qui avait appelé au rassemblement de samedi, ont décidé lors d'une rencontre de renouveler de telles manifestations chaque samedi et de tenter de convaincre de plus en plus de monde d'y prendre part.

«Nous continuerons de manifester jusqu'à ce que le régime tombe. Chaque samedi, nous maintiendrons la pression», a expliqué Mohsen Belabes, porte-parole du Rassemblement pour la culture et la démocratie.

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20minutes

Algérie : l'opposition manifestera "jusqu'à ce que le régime tombe"

Au lendemain d'une manifestation qui a réuni entre 2 000 et 3 000 personnes à Alger, le mouvement d'opposition algérien Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNDC) a appelé à à de nouvelles mobilisations dans la capitale algérienne tous les samedi "jusqu'à ce que le régime tombe", selon un porte-parole du parti d'opposition Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) , Mohsen Belabes. "Chaque samedi, nous maintiendrons la pression", a-t-il expliqué. Peu de temps avant, Moustepha Bouchachi, membre du CNCD, avait déclaré qu'une manifestation aurait lieu le 19 février, sans préciser que le mouvement était appelé à se renouveler toutes les semaines.

La coordination, qui réunit des partis d'opposition, de la société civile et de syndicats autonomes, était à l'origine d'une première marche à Alger, qui a été empêchée par un important dispositif estimé à quelque 30 000 policiers. Plusieurs centaines de manifestants avaient néanmoins bloqué la Place du 1er-Mai pendant plusieurs heures, malgré l'interdiction de la marche par les autorités. Les organisateurs cherchent maintenant à mobiliser davantage de personnes.

"LES GENS ONT BRAVÉ L'INTERDICTION"

Le lieu de rendez-vous, samedi 19 février, sera le même, ont précisé les organisateurs. Lors de sa réunion, la CNDC a fait le bilan de la tentative de marche de samedi, jugeant le bilan de cet événement "positif"."Les gens ont bravé l'interdiction pour venir manifester pacifiquement", s'est réjoui M. Bouchachi. Samedi, des rassemblements de très durée s'étaient également tenus à Oran, la grande ville de l'ouest algérien, où une trentaine de participants ont aussi été interpellés, ainsi qu'à Constantine, Annaba, Tizi Ouzou et Bejaia.

Créée le 21 janvier dans la foulée des émeutes du début de l'année contre la vie chère, la CNCD avait promis " un grand jour pour la démocratie en Algérie." L'initiative a toutefois été rejetée par plusieurs syndicats et formations d'opposition historiques, dont le Front des forces socialistes, le Front national algérien (15 députés sur 389) et le Parti des travailleurs.

Dimanche, des affrontements ont eu lieu à Annaba, dans l'est de l'Algérie, entre policiers et jeunes chômeurs qui dénoncaient les lenteurs de l'administration. Les chômeurs s'étaient rendus dans la matinée à des guichets publics d'offres d'emploi à durée déterminée pour jeunes, avec ou sans diplômes, initiés par l'action sociale. Mais las de revenir tous les jours et d'attendre des heures d'être reçus par les fonctionnaires pour espérer bénéficier de ces contrats, ils s'en sont pris aux employés de l'administration qui ont pris la fuite. Quatre policiers ont été blessés.

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lemonde

samedi 12 février 2011

La chute de Moubarak vue par la presse française : "et de deux !"


La contagion tunisienne a bel et bien gagné l'Egypte : après la fuite de Ben Ali en janvier et Moubarak qui quitte le pouvoir en février, les éditorialistes français font les comptes... et se demandent "à qui le tour", Bouteflika arrivant en tête des pronostics.

Egypte Caire Moubarak
Vendredi, l'explosion de joie à l'annonce de la démission de Moubarak © AFP

Unanime pour une fois, la presse française salue la révolution qui, de l'autre côté de la Méditerranée, a emporté Hosni Moubarak en moins de trois semaines de manifestations. "La peur change de camp et l'angoisse s'insinue sous le crâne des dictateurs", note Laurent Joffrin dans Libération samedi matin, alors que l'Egypte a mis fin à l'ère du raïs depuis quelques heures à peine. "Et de deux ! En moins de cent jours, à Tunis et au Caire, deux régimes qu'on pensait inexpugnables sont passés à la trappe de l'histoire", se réjouit-il.

"De nombreux régimes autoritaires vont devoir s'adapter à la nouvelle donne, ou bien se préparer à passer la main", estime Pierre Rousselin dans Le Figaro. Pour Yves Harté, de Sud-Ouest, "la Tunisie était une brèche comme le furent à l'Est les premières fissures de Pologne ou de Hongrie. Sur les bords du Nil, ce mouvement est un symbole majeur. Dans le monde arabe, tout part d'Egypte. Tout revient vers l'Egypte."

"Les yeux se tournent vers l'Algérie"

"La contagion de la liberté continue donc de gagner le monde arabe que l'on croyait ligoté, comme momies, dans les bandelettes de la dictature", estime Xavier Panon (La Montagne). "Aujourd'hui les yeux se tournent vers l'Algérie où perce également une aspiration à la liberté sur fond d'exaspération sociale. On ne sait pas si l'air frais de Tunis et du Caire y soufflera aussi vite qu'à côté. Quand le vent de l'histoire souffle, il ne s'arrête pas toujours aux frontières", ironise l'éditorialiste.

Michel Vagner de L'Est Républicain juge que "l'évènement est considérable, il présage d'un bouleversement profond dans le Moyen-Orient et le Maghreb (en Algérie peut-être, demain, au Yémen ou ailleurs) et s'il est lourd encore de menaces, l'heure est d'abord à la célébration de la prise de la Bastille égyptienne." Pascal Jalabert fait chorus dans Le Progrès et pense que "ce crépuscule des dictateurs millionnaires illumine le ciel du monde arabe de deux questions brûlantes : A qui le tour ? Et après ?" Dans Nord Eclair, Patrick Pépin se demande aussi "après Le Caire, quelle sera la capitale touchée par cette lame de fond ? Au Maghreb pour l'instant, l'Algérie semble le pays le plus fragile", analyse-t-il en rappelant que "comme dans un jeu où les dominos tombent les uns derrière les autres, l'Egypte fait suite à la Tunisie et confirme les aspirations démocratiques de la rue arabe et musulmane." "De Saana, à Beyrouth, de la Cisjordanie, du Maroc, en Tunisie, tout le monde arabe vit cette révolution comme un encouragement contre les régimes autocratiques qui briment les libertés", confirme Jean-Marcel Bouguereau dans La République des Pyrénées.

De son côté, Jacques Camus (La République du Centre) cite Obama: "L'Egypte ne sera plus jamais la même". Et d'ajouter: "notre façon de voir le monde arabe non plus!". "Une nouvelle tête est tombée. Après Ben Ali le vendredi 14 janvier, c'est au tour de Moubarak de fuir sous la pression populaire, un autre vendredi. Un peu comme si les dictateurs s'étaient échangés la bonne feuille de route : discours à la télé le jeudi et paquetage le lendemain", ironise Yann Marec dans Le Midi Libre.

Par TF1 News le 12 février 2011 à 08:30

vendredi 11 février 2011

Le peuple tunisien appelle les Algériens à être les suivants

Le peuple tunisien appelle les Algériens à être les suivants



L'annonce du départ du président égyptien Hosni Moubarak a donné lieu en quelques minutes à une explosion de joie vendredi à Tunis. "C'est formidable! Deux dictateurs sont tombés en moins d'un mois!" exultait par exemple Nourredine, un étudiant de 23 ans. Son copain Ahmed: "A qui le tour maintenant?" La foule a répondu : Abdelaziz Bouteflika, président algérien.

Un concert assourdissant de klaxons a salué la nouvelle donnée au Caire par le vice-président égyptien Omar Souleiman. Ce dernier venait de déclarer que le raïs avait quitté ses fonctions et remis le pouvoir à l'armée. Au fil des minutes, le flot grossit sans cesse. Des drapeaux égyptiens se mêlent à des drapeaux tunisiens brandis par des manifestants dans l'avenue Bourguiba dans le centre de la capitale tunisienne, où des gens sautent sur place et dansent de joie. Un hélicoptère de l'armée survolait l'avenue dans une indifférence quasi-générale.

Le mouvement de contestation déclenché en Tunisie à la mi-décembre a provoqué la chute le 14 janvier du président Zine El Abidine Ben Ali, et donné le signal de mouvements de protestations dans plusieurs pays arabes.

Les Tunisiens appellent les Algériens à être les suivants

Une immense clameur a soudain retenti appelant cette fois les Algériens "à faire tomber le régime de leur président" Abdelaziz Bouteflika: "Oh peuple d'Algérie, révolte toi contre Bouteflika", crient en cœur un groupe de manifestants.

Ce vendredi, un chômeur de 36 ans qui s'était immolé par le feu dans la ville d'El Oued, à l'extrême est de l'Algérie, a succombé à ses brûlures. Lotfi Maamir, père de six enfants, est mort au service des grands brûlés de l'hôpital de Douera, dans la banlieue sud-est d'Alger, selon cette sourceIl s'agit du quatrième décès par immolation enregistré en Algérie depuis la mi-janvier. Au moins huit autres tentatives de suicide par le feu ont été également enregistrées dans ce pays depuis le déclenchement en janvier d'un mouvement de mécontentement social qui a provoqué des émeutes dans la foulée de la "révolution du Jasmin" en Tunisie.

Ces tentatives d'immolation sont intervenues après un retour au calme en Algérie, secouée du 6 au 9 janvier par des émeutes contre la cherté de la vie, émeutes qui ont fait cinq morts et plus de 800 blessés. Mais la vague de protestations pourrait s’étendre. Une marche de l'opposition doit avoir lieu demain samedi dans les rues d’Alger, la capitale, malgré son interdiction par les autorités de la ville.

La Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD), regroupant opposition et société civile et née dans la foulée des émeutes contre la vie chère de début janvier, a appelé à cette marche pour demander notamment la levée de l'état d'urgence, en vigueur depuis février 1992, et un "changement de système".

Les manifestations de rue sont interdites dans la capitale depuis le 14 juin 2001 où une marche en faveur de la Kabylie avait tourné à l'émeute faisant huit morts et des centaines de blessés.

Le jeune homme immolé par le feu vu en martyre ayant déjà fait tomber 2 dictateurs

Des youyous lancés par des femmes fusent de toute part, tandis que d'autres jeunes dansent et chantaient l'hymne national tunisien. "Bouazizi (Mohammed, le jeune vendeur de fruits et légumes tunisien qui s'était immolé par le feu, et dont la mort a déclenché les émeutes qui ont conduit à la chute du régime de Ben Ali) repose toi bien, ton martyre a fait tomber deux dictateurs, Ben Ali suivi par le pharaon Moubarak", lance un manifestant.

L'avenue Bourguiba, haut-lieu des manifestations qui ont fait tomber le président Ben Ali au bout de 23 ans de pouvoir, a été vite envahie par des centaines de véhicules qui n'arrêtaient pas de klaxonner. Des petits groupes de gens se mettent spontanément à danser. "Oh peuple égyptien que tu es grand!", lance un danseur.

Fiers d’avoir initié le mouvement

"C'est pas possible, c'est nous les Tunisiens qui avons commencé ça, je suis tellement contente pour eux" (les Egyptiens), exulte Jamila: la jeune femme trépigne de joie, portable collé à l'oreille.

"Le monde arabe connaît un tournant historique. Nous espérons que tous les peuples arabes pourront vivre dans un régime de citoyens et non de sujets", a déclaré à l'AFP Ahmed Brahim, le ministre de l'Enseignement supérieur du gouvernement de transition et chef du parti Ettajdid (opposition légale)."Je pense que la volonté du peuple, quand elle s'exprime comme en Egypte finit par s'imposer car c'est la loi de la liberté et de la justice. Je félicite le peuple égyptien, j'espère que pour eux la transition démocratique se passera avec succès (...), le plus pacifiquement possible", a-t-il poursuivi, visiblement très heureux au téléphone.

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rtlinfo

Algérie: blessés, arrestations lors d'une manifestation "spontanée" pro-Egypte


ALGER - Plusieurs personnes ont été blessées et 10 interpellées vendredi à Alger alors qu'il saluaient "spontanément" la chute du président égyptien Hosni Moubarak, à la veille d'une grande marche pour "changer de système" en Algérie, a annoncé un chef de l'opposition, Said Sadi.

Des militants avaient commencé à se rassembler devant le siège du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD) dès l'annonce de la démission de Moubarak, a indiqué à l'AFP M. Sadi, le président de cette formation.

"Au début, les policiers ont laissé faire. Mais c'est quand des jeunes du quartier (voisin) de Messonnier ont rejoint le groupe, c'est là qu'ils ont changé. Ils ont chargé assez durement", a-t-il indiqué.

"Il y a eu des blessés qui sont à l'hôpital Mustapha, je ne saurai vous dire combien, mais il y a eu au moins dix arrestations", a ajouté M. Sadi. "Des policiers en civil étaient en train de pourchasser les jeunes dans les rues adjacentes", a-t-il ajouté.

"Ce n'était même pas une manifestation organisée. C'était spontané. C'était une explosion de joie", a affirmé le dirigeant qui ne se trouvait pas sur les lieux au moment des incidents.

Selon un journaliste de l'AFP arrivé sur place, les militants en train de célébrer ont eu à peine le temps de s'exprimer, environ une heure, qu'ils se sont retrouvés entourés de centaines de policiers. Ces derniers les ont poussés à l'intérieur du siège du parti. Certains militants criaient "On veut la chute du régime" algérien ou "Après Moubarak, c'est Bouteflika".

Au-dessus du lieu tournoyait un hélicoptère des forces de l'ordre.

C'est là que le 22 janvier, le RCD avait été empêché par un cordon très important de forces de l'ordre de rejoindre la Place de la Concorde (ou Place du 1er Mai) pour entamer une marche, en faveur de la démocratie et de la levée de l'état d'urgence, qui avait été interdite par les autorités.

Un haut responsable du RCD sur les lieux a indiqué à l'AFP qu'ils n'allaient pas insister "afin de se préserver pour demain".

Samedi, la Coordination nationale pour la démocratie et le changement (CNDC) créée le 21 janvier, dont le RCD est membre, a appelé à une marche dans Alger, en dépit de l'interdit réitéré par les autorités, et dans différentes wilayas du pays pour "changer de système".

En prévision de cette nouvelle manifestation, toute la capitale était dès samedi quadrillée de forces de l'ordre, y compris aux entrées d'Alger où les barrages de police, en place depuis les attentats suicide de 2007, ont été renforcés.

Au Caire, le président Moubarak a finalement quitté ses fonctions et remis le pouvoir à l'armée vendredi, après trente ans au pouvoir et au terme de plus deux semaines de manifestations massives contre le régime.

(©AFP / 11 février 2011 19h39)

Algérie: 4e décès par immolation

Un chômeur de 36 ans qui s'était immolé par le feu dans la la ville d'El Oued, à l'extrême est de l'Algérie, non loin de la frontière avec la Tunisie, a succombé aujourd'hui à ses brûlures, a-t-on appris auprès de sa famille.

Lotfi Maamir, père de six enfants, est mort au service des grands brûlés de l'hopital de Douera, dans la banlieue sud-est d'Alger, selon cette source. Il y avait avait été admis après s'être aspergé d'essence qu'il avait enflammée le 17 janvier dans l'enceinte du siège de l'Assemblée populaire de Wilaya (APW, assemblée départementale) où il était venu réclamer un emploi et un logement.

Il s'agit du quatrième décès par immolation enregistré en Algérie depuis la mi-janvier. Au moins huit autres tentatives de suicide par le feu ont été également enregistrées dans ce pays depuis depuis le déclenchement en janvier d'un mouvement de mécontentement social qui a provoqué des émeutes dans la foulée de la "révolution du Jasmin" en Tunisie.

Ces tentatives d'immolation sont intervenues après un retour au calme en Algérie, secouée du 6 au 9 janvier par des émeutes contre la cherté de la vie, émeutes qui ont fait cinq morts et plus de 800 blessés. Le mouvement était en partie motivé par la flambée des prix des produits de première nécessité, dont l'huile et le sucre.

Une manifestation pour demander "le départ du système" doit avoir lieu demain à Alger à l'appel de la coordination nationale pour la démocratie et le changement (CNDC), regroupant des partis d'opposition, des syndicats autonomes et des représentants de la société civile.

Née le 21 janvier dans la foulée des émeutes, cette coordination veut "changer le système" pour faire au "vide politique" qui menace la société algérienne "d'éclatement". D'importants renforts de police ont été déployés vendredi au centre d'Alger, à la veille de cette marche, interdite par les autorités.

mardi 8 février 2011

Algérie: l’opposition maintient sa marche malgré les mesures de Bouteflika

Algérie: lopposition maintient sa marche malgré les mesures de Bouteflika
L’opposition a décidé samedi de maintenir sa marche prévue le 12 février à Alger, malgré les mesures de libéralisation annoncées par le président Abdelaziz Bouteflika, un mois après des émeutes contre la vie chère qui avaient fait cinq morts en Algérie.

La Coordination nationale pour le changement et la démocratie (CNCD), regroupant opposition et société civile et née dans la foulée des émeutes, avait appelé à cette manifestation pour demander notamment la levée de l’état d’urgence, en vigueur depuis février 1992.

Le maintien de cette marche intervient dans un contexte tendu en Afrique du Nord, avec la chute du régime Ben Ali le 14 janvier en Tunisie et d’importantes manifestations pour le départ du chef de l’Etat égyptien Hosni Moubarak.

Le président algérien avait promis jeudi une « levée de l’état d’urgence dans un très proche avenir », tout en annonçant l’ouverture des médias publics et diverses mesures réclamées par l’opposition et la société civile.

Mais pour la Coordination, ces annonces présidentielles sont insuffisantes.

« La marche a été maintenue. Elle aura lieu comme prévu le samedi 12 février à 11H00 (10H00 GMT) », a déclaré à l’AFP Tahar Besbès, député du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD, opposition) à l’issue d’une réunion de la Coordination.

M. Bouteflika avait rappelé jeudi qu’Alger était interdite aux manifestations mais que des marches pouvaient être organisées ailleurs. Pour les autorités, l’interdiction des marches à Alger est justifiée par « des raisons d’ordre public ».

Les manifestations de rue sont interdites dans la capitale depuis le 14 juin 2001 quand une marche en faveur de la Kabylie avait tourné à l’émeute faisant huit morts et des centaines de blessés.

Outre le RCD, la CNCD regroupe la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme (LADDH) et des représentants de la société civile.

« Jusqu’à présent, il n’y a pas eu de refus pour organiser notre marche de la part de la wilaya (préfecture) d’Alger, qui nous a demandé, mercredi dernier, de reformuler la demande », a déclaré le président de la LADDH Mustapha Bouchachi.

S’appuyant sur les exemples de Tunisie et d’Egypte, la coordination a adopté le slogan « système dégage », mettant l’accent sur les revendications économiques et sociales, dont le chômage des jeunes et la crise du logement, fréquemment à l’origine d’émeutes.

Le président Bouteflika « n’a pas annoncé de mesures concrètes. Il a juste exprimé l’intention du pouvoir de revoir l’état d’urgence qui sera compensé par une loi antiterroriste », a estimé M. Besbès, le député du RCD.

Une manifestation de ce parti avait déjà été empêchée par la police le 22 janvier au centre d’Alger.

Le Front de libération nationale (FLN, nationaliste), le Rassemblement national démocratique (RND, libéral) du Premier ministre Ahmed Ouyahia et le Mouvement de la société de la paix (MSP, islamiste), les trois composantes d’une alliance présidentielle, ont pour leur part salué ces mesures.

Des émeutes contre la vie chère avaient fait cinq morts, plus de 800 blessés, et d’importants dégâts matériels début janvier.

Depuis, au moins huit Algériens ont tenté de s’immoler par le feu et trois sont morts, à l’image du geste d’un Tunisien le 17 décembre qui avait déclenché la contestation dans le pays voisin

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algerie360

lundi 7 février 2011

Alger : Chômeurs en colère

 Ils se sont rassemblés hier à Alger

Ils étaient venus de partout. De Aïn Témouchent, Béjaïa, Médéa, Ouargla, Bouira, Skikda, Aïn Defla, Khemis Miliana… Plus d’une centaine de jeunes (et vieux) chômeurs se sont rassemblés, hier, devant le ministère du Travail. Un travail décent, un salaire digne, une protection sociale, tel est le credo du tout nouveau Comité national pour la défense des droits des chômeurs (CNDDC).

Le siège du ministère du Travail, naguère considéré comme une citadelle imprenable pour les millions de chômeurs dont l’existence n’apparaît pas dans les statistiques officielles, l’a été davantage hier lors du rassemblement auquel a appelé le CNDDC. Le dispositif policier mis en place était des plus impressionnants pour contenir les irréductibles membres du Collectif des chômeurs suicidaires des wilayas du Sud, élargi depuis vendredi dernier en comité national sous l’égide du syndicat autonome Snapap. Les quartiers et ruelles adjacentes à la rue Mohamed Belouizdad (ex-rue de Lyon), où se trouve le siège du ministère du Travail, étaient bouclés dès la matinée par les forces antiémeute.

Le rassemblement s’est quand même tenu, soutenu par les jeunes d’Algérie pacifique, du Club des démocrates algériens, du Mouvement des jeunes indépendants pour le changement, des groupes sociaux qui essaiment la Toile DZ. Un seul député, Tahar Besbès du RCD en l’occurrence, a fait le déplacement pour soutenir le mouvement des chômeurs.
Yacine Zaïd, de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme, licencié en 2007 par une filiale de la multinationale britannique Compass, était l’un des premiers à «foncer» dans le «mur» de policiers déployés autour du ministère.
Il s’en sort avec quelques coups de trique et des lunettes cassées. «Ils (les dirigeants) se disent ouverts au dialogue et quand on est venus leur exposer pacifiquement nos doléances, on nous sort la matraque», dit-il. Plusieurs manifestants ont été molestés. Certains ont même été embarqués, puis relâchés quelques heures après.

Des slogans pleuvent, décapants, sentant le gaz moutarde : «El krassa machi daymine, khafou rab el alamin (le pouvoir n’est pas éternel, craignez Dieu !», «Messassin dima (suceurs de sang)», «Rendez-nous le sang des martyrs !» , «Djazaïr hora dimocratia (Algérie libre et démocratique)», «Barakat ! barakat min serkat el milliarate (Cessez ! Cessez de détourner l’argent public !)».
Dans son intervention, Tahar Belabès, l’ancien porte-voix du collectif des chômeurs suicidaires de Ouargla et actuel coordinateur du CNDDC, a pointé du doigt la «maffia» des bureaux de main-d’œuvre (agences de l’emploi), dénoncé «le système des quotas» dans l’octroi de postes d’emploi qui profitent (d’abord) aux «connaissances», aux «rejetons de la nomenklatura», l’exploitation des travailleurs par les sociétés de catering, de sécurité et de gardiennage, les «négriers de l’emploi» qui «s’en mettent plein les poches et exploitent les travailleurs précaires».
Il a lancé un appel à la «mobilisation générale» pour mettre un terme aux «pratiques maffieuses» qui parasitent le marché de l’emploi.

«Il y a lieu de s’interroger pourquoi le Sud connaît le plus grand nombre de tentatives de suicide de chômeurs alors que ses ressources souterraines profitent à toute l’Algérie», ajoute celui dont deux de ses frères, chômeurs impénitents, se sont déjà donnés la mort.
Le porte-parole du CNDDC, Samir Larabi, ancien journaliste à la Radio nationale, licencié après un mouvement de grève en mars 2010, a mis l’accent sur l’inefficience de tous les dispositifs d’emploi de jeunes (Ansej-CNAC). «Nous ne voulons pas devenir des patrons, nous voulons juste du travail. Un travail digne, un salaire décent. Nous voulons une vraie politique de l’emploi, qu’on mette fin au CCD, qu’on nationalise les entreprises stratégiques ; qu’on remette sur pied les entreprises communales. Nous voulons une allocation chômage à hauteur de 50% du SNMG pour tous les chômeurs.»
Reçus en délégation par des directeurs centraux du ministère, les membres du CNDDC n’ont même pas eu droit à des promesses. «Vos doléances sont entendues et seront répercutées en haut lieu, nous a-t-on dit. C’est un peu le : ’’Je vous ai compris’’ du général de Gaulle», ajoute Larabi.

Mohand Aziri
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elwatan

mercredi 2 février 2011

Contestation : où en est le monde arabe ?

Par Caroline Vigoureux

Les dirigeants des pays arabes font face à la pression de la rue.

Les dirigeants des pays arabes font face à la pression de la rue. © Reuters

Alors que les manifestations se poursuivent en Egypte, Europe1.fr fait le point sur la situation dans les autres pays arabes.

Syrie : des appels à manifester sur Facebook. Le mouvement de contestation sans précèdent qui a touché la Tunisie, puis l'Egypte, semble se répandre dans les pays arabes. Un groupe Facebook, qui compte près de 8.000 personnes, a lancé un appel à manifester vendredi sous le slogan de "la Révolution syrienne 2011".

Objectif : dénoncer la "monocratie, la corruption et la tyrannie" en Syrie. Les manifestants entendent participer à "la première journée de la colère du peuple syrien et de rébellion civile dans toutes les villes syriennes". En attendant, le réseau social est toujours bloqué par les autorités syriennes mais les internautes parviennent à contourner la censure, via certains programmes.

Les contestataires dénoncent notamment la concentration des richesses du pays au sein des proches du président Bachar al-Assad, au pouvoir depuis 2000, en remplacement de son père décédé. Le régime syrien est considéré comme l’un des plus répressifs de la région.

Yémen : le président renonce à un nouveau mandat. Après 32 ans de pouvoir, le président yéménite, Ali Abdallah Saleh, a annoncé mercredi qu’il renonçait à briguer un nouveau mandat. "Je ne vais pas faire preuve d'orgueil, et je vais présenter les concessions l'une après l'autre dans l'intérêt national", a-t-il promis, sur un ton qui se veut de plus en plus consensuel. Le chef de l'Etat a en outre annoncé le report des élections législatives prévues pour le 27 avril.

Ces annonces font suite à un important mouvement de contestation. Des milliers de Yéménites se sont rassemblés jeudi à Sanaa, à l'appel de l'opposition, pour réclamer le départ du chef de l'Etat dans ce pays le plus pauvre du monde arabe.

Jordanie : dans l’attente d’un nouveau gouvernement. Pour calmer la colère de la rue, qui réclame son départ, le roi Abdallah II de Jordanie a fait un geste, en limogeant mardi son Premier ministre. Mais cette décision a rapidement été critiquée par la puissante opposition islamique. Le Front de l'action islamique (FAI) s’est dit déçu du choix de Maarouf Bakhit et a demandé que ce dernier se retire.

Le FAI reproche au Premier ministre désigné d'être "impliqué dans les fraudes électorales municipales et législatives" en 2007 et "dans des affaires de corruption", lors de son mandat de Premier ministre, de 2005 à 2007.

Maarouf Bakhit a en tout cas entamé mercredi des consultations en vue de la formation de son gouvernement dont la composition pourrait être annoncée samedi ou dimanche.

Algérie : les appels à la grève se multiplient. Une série de grèves a débuté mardi en Algérie. Le Syndicat algérien des paramédicaux (SAP) a appelé le personnel paramédical des hôpitaux et des polycliniques à observer une grève de deux jours pour faire pression sur le ministère de la Santé. Les personnels du ministère l'éducation prévoient de leur côté de se rassembler le 14 février pour réclamer notamment une augmentation de salaire. Les chômeurs organisent pour leur part un mouvement de protestation le 6 février devant le siège du ministère du Travail à Alger.

De son côté, l'opposition a appelé à une marche à Alger pour demander "le départ du système". En attendant, après la chute du régime tunisien, le président Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis 1999, continue d’observer un certain silence.

Tunisie: "la situation n'est pas encore stabilisée". Deux semaines après la chute du président Ben Ali, la tension reste vive en Tunisie. Mardi, le gouvernement de transition s’est réuni, pour aborder notamment la question de la sécurité dans le pays, où les incidents se multiplient. Selon le dernier bilan de l’ONU, les troubles qui ont fait chuter l’ancien président, au pouvoir depuis 30 ans, ont fait 219 morts et 510 blessés.

Le nouveau Premier ministre Mohammed Ghannouchi resté très contesté par la rue. Pendant cinq jours, des manifestants ont campé sous ses fenêtres malgré le couvre-feu. Selon une source gouvernementale, la levée du couvre-feu, en vigueur depuis le 13 janvier, reste pour l’heure peu probable car "la situation n'est pas encore stabilisée".

Désormais, le gouvernement doit faire face à une grogne de fonctionnaires de plusieurs ministères et aux revendications des policiers, un peu partout dans le pays
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