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lundi 14 février 2011

Une blogueuse syrienne condamnée à cinq ans de prison

Une blogueuse syrienne condamnée à cinq ans de prison


Tal Al-Mallouhi, une blogueuse syrienne de 19 ans, a été condamnée lundi à cinq d’emprisonnement par la Haute cour de Sûreté à Damas a annoncé l’Observatoire syrien des droits de l’homme. Elle est accusée d’espionnage pour le compte des Etats-Unis.

Dès samedi, le département d’Etat américain avait émis un communiqué condamnant sévèrement le “procès secret” de la blogueuse et demandant sa libération immédiate. “Nous appelons le gouvernement syrien à relâcher immédiatement tous ses prisonniers de conscience, et à autoriser ses citoyens à jouir de leurs droits universels d’expression et d’association sans peur de représailles”, avait ajouté Philip Crowley, porte-parole du département d’Etat.

Tal Al-Mallouhi est la petite-fille d’un ancien ministre syrien en poste sous la présidence d’Hafez al-Assad, le père, décédé, de l’actuel président Bachar al-Assad. La jeune lycéenne a été arrêtée le 27 décembre 2009 suite à une convocation des services de sécurité. Deux jours plus tard, son ordinateur, quelques livres, des CDs et d’autres affaires personnelles étaient saisis à son domicile. Elle était depuis détenue sans charge.

Selon l’ONG de défense des droits de l’homme Human Right Watch, Tal Al-Mallouhi ne fait partie d’aucun groupe politique. Sur son blog, elle publiait essentiellement des poèmes et des articles en soutien à la cause palestinienne. Sa famille et des militants syriens n’expliquent pas son arrestation, mis à part un poème critiquant les limites imposées à la liberté d’expression en Syrie.

Cette condamnation survient dans un contexte tendu entre la Syrie et les Etat-Unis. Le mois dernier, les Etats-Unis ont rappelé leur ambassadeur en Syrie. La secrétaire d’Etat Hillary Clinton doit, quant à elle, prononcer mardi un discours annoncé comme “capital” sur les libertés sur Internet.

Les réseaux sociaux sur le web et les blogs ont été largement utilisés au cours des mouvements populaires qui viennent de provoquer la chute du président tunisien Zine El Abidine Ben Ali et du président égyptien Hosni Moubarak. Coupé depuis deux ans et demi, l’accès aux sites Facebook et Youtube vient d‘être rétabli. Dans le journal El Watan proche du gouvernement, des analystes expliquent que la levée de ce blocage montre “que le gouvernement a confiance en ses capacités et ne considère aucun site comme une menace, ni ces deux-là ni aucun autre.” D’autres y voient une concession du gouvernement pour éviter à l’histoire tunisienne ou égyptienne de se répéter à Damas.

Avec AFP et Reuters

euronews

dimanche 13 février 2011

Tunisie: Où sont les facebookers qui ont bouleversé le régime de Ben Ali ?

les_facebookers.jpgOù sont les facebookers tunisiens qui ont bouleversé le régime de Ben Ali ? Semblent-ils abandonner leurs devoirs en ligne ! Un rassemblement d’un million et demi de tunisiens utilisateurs de Facebook a détruit déjà tout le système de Ben Ali et peut mieux faire encore. Et c’est pour la première fois de son histoire que Facebook a débattu telle situation. C’est la loi de se soumettre aux grands nombres !

Certes on a fait beaucoup… mais le reste est le plus sérieux. L’essentiel ne réside pas à ce qui s’est passé déjà mais plutôt à ce qui va venir. Nous sommes aujourd’hui en déséquilibre permanent où personne ne peut prétendre son avenir. La situation en soi appelle tous les facebookers à intervenir et poursuivre leur falloir. Des simples messages et communications peuvent aujourd’hui jouer un rôle crucial pour calmer la situation et pousser notre économie vers l’avant. C’est le temps en effet de fournir davantage de soutien et d'informations afin d’aider notre chère Tunisie à rétablir sa confiance, c’est vital pour le pays !
Oui c’est le temps da faire régner la confiance entre les différentes parties de la société et rien ne peut être retardé encore. Gouvernement, entreprises, banques et étudiants, tous ensemble pour retourner la confiance à notre pays. La sécurité s’abstient de tous le pays et c’est à nous de la faire réintégrer. Aujourd’hui, les travailleurs ne souhaitent pas reprendre leurs travaux à cause des actes de viol et de braquages commis par certaines personnes qui ne veulent pas que la Tunisie reprenne sa sécurité. Les industriels de l’aéronautique réunis récemment avec M.Afif Chelbi, ministre du commerce et de l’industrie ont recommandé la sécurité et rien que la sécurité pour poursuivre leurs activités.
D’ailleurs, aujourd’hui personne ne peut nier le rôle qu’a joué « facebook » pour renverser le régime de Ben Ali et bouleverser tout un régime dictatorial qui a duré 23 ans. Des milliers et des milliers de pages se créent et se multiplient dans chaque jour et chaque heure. Il suffit de taper « Tunisie » ou « sidi bouzid » pour se rendre compte de la dense information qui circule en temps réel et sans inquiétude ou désarroi envers « Ammar 404 ». Des publieurs, observateurs, journalistes, témoins et tiers se sont armés de mots, de termes et de vidéos pour défendre tout un système devenu un lourd fardeau. Ces jours là, les internautes ont pris de l’ampleur jamais prévu et le « facebook » à cet instant est devenu source principale pour les médias étrangers tels que les grandes chaînes de télévision comme Al Jazeera ou France24. La télévision nationale a même de sa part procédé à la publication de quelques vidéos prises du « facebook ».
Attendons à ce que peuvent faire les facebookers tunisiens pour la reprise de la confiance en notre pays, reprise de notre croissance, reprise de notre économie... On ne veut pas voir les chiffres de la Tunisie tombent de nouveau vers le bas !

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investir-en-tunisie

mercredi 9 février 2011

Egypte : Wael Ghonim, symbole de la "révolution Facebook"


Ce cadre de Google, relâché lundi après douze jours de détention, a été accueilli mardi de manière triomphale par les manifestants de la place Tahrir, épicentre de la révolte au Caire.


La contestation ne faiblit pas au Caire. Après un mardi marqué par les manifestations les plus importantes depuis le début du mouvement le 25 janvier, la mobilisation n'a montré aucun signe d'essoufflement dans la nuit de mardi à mercredi sur la place Tahrir, épicentre de la révolte au Caire. Malgré les nuits fraîches, la fatigue et les conditions de vie spartiates sur ce rond-point devenu un village de tentes retranché. La foule a réservé un accueil triomphal au cybermilitant et cadre de Google Wael Ghonim, libéré lundi après 12 jours aux mains des très redoutés services de sécurité d'Etat. "J'aime à appeler ça la révolution Facebook mais après avoir vu les gens ici, je dirais que c'est la révolution du peuple égyptien", a lancé le jeune homme, entouré par des milliers de manifestants. Devenu un symbole de la contestation, Wael Ghonim a confirmé dans une interview à la chaîne privée Dream 2 être l'administrateur de la page Facebook "Nous sommes tous Khaled Saïd", du nom d'un jeune homme battu à mort par la police, un mouvement qui a joué un rôle-clé dans le lancement du mouvement.

Moubarak lâche un peu plus de lest
Dans une tentative d'apaisement, Hosni Moubarak, 82 ans et presque 30 ans à la tête de l'Etat, a annoncé la création d'une commission pour amender la Constitution, dans le cadre du "dialogue national" entamé dimanche entre le pouvoir et l'opposition dont, pour la première fois, les Frères musulmans, jusqu'ici bête noire du régime. Lundi, il a promis une hausse de 15% des salaires des fonctionnaires et des retraites à partir du 1er avril, et a demandé la formation d'une commission d'enquête sur les violences du 2 février place Tahrir, où des affrontements meurtriers ont opposé pro et anti Moubarak. L'opposition conteste notamment les articles de la Constitution liés aux conditions très restrictives de candidature à la présidentielle et au mandat présidentiel. Mais les mesures politiques - dont l'annonce le 1er février du président qu'il ne briguerait pas un sixième mandat en septembre - n'ont pas apaisé la colère des protestataires qui exigent toujours son départ immédiat.

Pressions internationales
Mardi, les Etats-Unis ont appelé les autorités égyptiennes à prendre des mesures pour aboutir à des réformes "irréversibles" dans le cadre de la transition politique. Ils ont notamment présenté aux autorités égyptiennes un programme en quatre points pour mettre fin à la contestation, qui recommande notamment la levée immédiate de l'état d'urgence. Washington, pour qui le Caire reste un partenaire de la plus haute importance stratégique, tant pour le processus de paix au Proche-Orient que pour l'activité du canal de Suez, semble douter de l'engagement du président Hosni Moubarak et de son gouvernement en faveur de réformes démocratiques substantielles. La France a pour sa part appelé à "l'émergence des forces démocratiques" pour une transition qui doit se dérouler "sans violence et aussi rapidement que possible". L'ambassadeur russe à l'ONU Vitaly Churkin, a lui souhaité que le Conseil de sécurité de l'ONU se rende en visite au Moyen-Orient pour tenter de lever l'impasse au processus de paix et évaluer les troubles en Egypte et dans les autres pays de la région. De son côté, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a estimé que le peuple égyptien était frustré et attendait des "réformes audacieuses".

L'Egypte rejette les "ingérences étrangères"
Le vice-président Omar Souleimane a rejeté les "ingérences étrangères" dans les affaires de l'Egypte, sans nommer un pays en particulier, soulignant qu'elles étaient "plutôt une invitation à davantage de chaos". Il faut dire que les recommandations américaines, formulées par le vice-président Joe Biden, et qui appelaient notamment à "mettre un frein aux activités du ministère de l'Intérieur en cessant immédiatement les arrestations" faisaient figure de réponse aux propos prêtés dimanche à l'ex-chef des services de renseignement, qui aurait déclaré que l'Egypte n'est pas mûre pour la démocratie et que l'état d'urgence ne sera levé qu'une fois les condition réunies.
Par TF1 News le 09 février 2011 à 08:15

mercredi 2 février 2011

Contestation : où en est le monde arabe ?

Par Caroline Vigoureux

Les dirigeants des pays arabes font face à la pression de la rue.

Les dirigeants des pays arabes font face à la pression de la rue. © Reuters

Alors que les manifestations se poursuivent en Egypte, Europe1.fr fait le point sur la situation dans les autres pays arabes.

Syrie : des appels à manifester sur Facebook. Le mouvement de contestation sans précèdent qui a touché la Tunisie, puis l'Egypte, semble se répandre dans les pays arabes. Un groupe Facebook, qui compte près de 8.000 personnes, a lancé un appel à manifester vendredi sous le slogan de "la Révolution syrienne 2011".

Objectif : dénoncer la "monocratie, la corruption et la tyrannie" en Syrie. Les manifestants entendent participer à "la première journée de la colère du peuple syrien et de rébellion civile dans toutes les villes syriennes". En attendant, le réseau social est toujours bloqué par les autorités syriennes mais les internautes parviennent à contourner la censure, via certains programmes.

Les contestataires dénoncent notamment la concentration des richesses du pays au sein des proches du président Bachar al-Assad, au pouvoir depuis 2000, en remplacement de son père décédé. Le régime syrien est considéré comme l’un des plus répressifs de la région.

Yémen : le président renonce à un nouveau mandat. Après 32 ans de pouvoir, le président yéménite, Ali Abdallah Saleh, a annoncé mercredi qu’il renonçait à briguer un nouveau mandat. "Je ne vais pas faire preuve d'orgueil, et je vais présenter les concessions l'une après l'autre dans l'intérêt national", a-t-il promis, sur un ton qui se veut de plus en plus consensuel. Le chef de l'Etat a en outre annoncé le report des élections législatives prévues pour le 27 avril.

Ces annonces font suite à un important mouvement de contestation. Des milliers de Yéménites se sont rassemblés jeudi à Sanaa, à l'appel de l'opposition, pour réclamer le départ du chef de l'Etat dans ce pays le plus pauvre du monde arabe.

Jordanie : dans l’attente d’un nouveau gouvernement. Pour calmer la colère de la rue, qui réclame son départ, le roi Abdallah II de Jordanie a fait un geste, en limogeant mardi son Premier ministre. Mais cette décision a rapidement été critiquée par la puissante opposition islamique. Le Front de l'action islamique (FAI) s’est dit déçu du choix de Maarouf Bakhit et a demandé que ce dernier se retire.

Le FAI reproche au Premier ministre désigné d'être "impliqué dans les fraudes électorales municipales et législatives" en 2007 et "dans des affaires de corruption", lors de son mandat de Premier ministre, de 2005 à 2007.

Maarouf Bakhit a en tout cas entamé mercredi des consultations en vue de la formation de son gouvernement dont la composition pourrait être annoncée samedi ou dimanche.

Algérie : les appels à la grève se multiplient. Une série de grèves a débuté mardi en Algérie. Le Syndicat algérien des paramédicaux (SAP) a appelé le personnel paramédical des hôpitaux et des polycliniques à observer une grève de deux jours pour faire pression sur le ministère de la Santé. Les personnels du ministère l'éducation prévoient de leur côté de se rassembler le 14 février pour réclamer notamment une augmentation de salaire. Les chômeurs organisent pour leur part un mouvement de protestation le 6 février devant le siège du ministère du Travail à Alger.

De son côté, l'opposition a appelé à une marche à Alger pour demander "le départ du système". En attendant, après la chute du régime tunisien, le président Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis 1999, continue d’observer un certain silence.

Tunisie: "la situation n'est pas encore stabilisée". Deux semaines après la chute du président Ben Ali, la tension reste vive en Tunisie. Mardi, le gouvernement de transition s’est réuni, pour aborder notamment la question de la sécurité dans le pays, où les incidents se multiplient. Selon le dernier bilan de l’ONU, les troubles qui ont fait chuter l’ancien président, au pouvoir depuis 30 ans, ont fait 219 morts et 510 blessés.

Le nouveau Premier ministre Mohammed Ghannouchi resté très contesté par la rue. Pendant cinq jours, des manifestants ont campé sous ses fenêtres malgré le couvre-feu. Selon une source gouvernementale, la levée du couvre-feu, en vigueur depuis le 13 janvier, reste pour l’heure peu probable car "la situation n'est pas encore stabilisée".

Désormais, le gouvernement doit faire face à une grogne de fonctionnaires de plusieurs ministères et aux revendications des policiers, un peu partout dans le pays
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http://www.europe1.fr

Tunisie: C'est la révolution qui a changé Internet et non l'inverse!

Par Mohamed Mehdi Lamloum

Si “la révolte du Jasmin” fut un raccourci facile, la “révolution Internet” l'a été encore plus.

La révolution tunisienne ne s’est pas faite grâce à Internet même si les réseaux sociaux ont contribué à diffuser efficacement l’information vers les citoyens et les médias étrangers. Internet n’a pas fondamentalement modelé la révolution tunisienne...mais l’inverse est vrai! La révolution a changé à jamais le rapport du Tunisien à Internet et à plus d’un égard.

La révolution a modifié notre rapport à Internet: L’information est venue à nous...malgré nous!

L’information concernant les abus de l’ancien régime arrivait essentiellement d’Internet. La censure des plateformes de partage de vidéos et des principaux sites de l’opposition en Tunisie et en exil a fait que cette information restait accessible uniquement aux Tunisiens habitants à l’étranger ou ceux en Tunisie qui avaient un proxy... et avaient envie d’aller sur ces sites.

La révolte a renversé la donne sur Internet: en diffusant les vidéos sur Facebook, personne ne pouvait prétendre ne pas savoir! Alors qu’on pouvait jusqu’à présent aller tranquillement sur Internet en fermant les yeux sur ce qui se passait, le début de la révolte à Sidi Bouzid et les efforts des citoyens-journalistes sur place pour diffuser les vidéos, l’information est venue comme une claque pour les internautes tunisiens.

Une fois ce pallier franchi, une forme de conscience s’est créée! On ne peut plus dire qu’on ne sait pas… sur son compte Facebook non plus!

La révolution a poussé le Tunisien à assumer ses opinions sur internet

Quelque temps après le début des événements à Sidi Bouzid, des messages ont commencé à fleurir: beaucoup d’utilisateurs de Facebook commençaient à menacer leurs contacts de les supprimer s’ils partageaient du contenu autre que relatif à la révolution.

En plus, les Tunisiens étaient habitués à partager essentiellement du contenu télé léger (clips, matchs de foot,...), mais ceci apparaissait comme indécent, vu les martyrs et le contexte délicat.

On assistait alors à deux catégories d’utilisateurs: ceux qui partagent du contenu relatif à la révolution (photos, vidéos, status...) et ceux qui s’abstenaient.

La révolte a poussé les internautes tunisiens à assumer leurs opinions sur Internet sans crainte. Si la moitié de sa liste d’amis partageait des vidéos de Sidi Bouzid, pourquoi est-ce que lui ne le ferait pas?

La révolution a provoqué cette prise de conscience chez l’internaute tunisien. Il a changé sa manière de “consommer” Internet. Ce n’est plus un outil de travail ou de divertissement, c’est aussi un outil d’expression à tous les niveaux et de militantisme.

Une fois qu'on a atteint les limites de la diffusion d'information sur Facebook, le Tunisien est allé chercher ailleurs de nouvelles sources...

La révolution a poussé le Tunisien à découvrir Internet

Depuis deux ans, Internet en Tunisie se résumait à Facebook ou presque: Le seul site a réunir deux millions d’utilisateurs tunisiens, un phénomène social et source d’information.

La révolution a poussé le Tunisien a découvrir d’autres services sur Internet. Le cercle d’influence sur Facebook est restreint: il se limite à sa liste d’amis. Au mieux aux amis de ces derniers.

Sur Twitter, la notion d’ami n’existe pas: on peut suivre n’importe qui. Pour avoir un maximum d’informations, les Tunisiens se sont référés à Tnlabs.org, un aggrégateur d’utilisateurs de Twitter tunisiens. Ils avaient, grâce à ce site, les liens et les informations que partageaient les tunisiens.

Le nombre de Tunisiens s’en est ressenti. Même s’il reste très probablement inférieur à 10.000 personnes, il a été multiplié par 4 en deux semaines et ça continue de plus belle.

A titre d’indication, Twitter existe depuis 3 ans et il plafonnait en Tunisie à un peu plus qu’un millier de personnes.

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http://www.webmanagercenter.com

mardi 1 février 2011

Appels à manifester en Syrie sur les réseaux sociaux

BEYROUTH (AP) — A leur tour, emboîtant le pas aux Tunisiens et Egyptiens, des Syriens ont commencé à appeler à une "journée de la colère" à Damas à la fin de la semaine, via les réseaux sociaux sur Internet.

Sur Facebook, la principale page appelant les Syriens à réclamer des réformes fixe la date des vendredi 4 et samedi 5 février, pour "mettre fin à l'état d'urgence et à la corruption en Syrie".

Le nombre de personnes ayant rejoint les appels à manifester sur Facebook et Twitter reste relativement restreint, et certains se trouveraient en dehors du pays. Plus de 2.500 personnes ont rejoint la page Facebook appelant à manifester, l'interdiction du réseau social en Syrie rendant compliquée l'organisation de manifestations par ce biais. AP

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http://tempsreel.nouvelobs.com

samedi 29 janvier 2011

La génération Facebook plus forte que Ben Ali


Depuis que Mohamed Bouazizi s’est immolé par le feu le 17 décembre, la région de Sidi Bouzid connaît de graves troubles. Pour le journaliste et écrivain tunisien Taoufik Ben Brik, le régime de Ben Ali commence à se fissurer.

Depuis que Mohamed Bouazizi, un vendeur de fruits et légumes, s’est immolé par le feu le 17 décembre après que la police municipale lui a confisqué sa marchandise, la région de Sidi Bouzid connaît de graves troubles. Des manifestations de soutien ont eu lieu dans plusieurs villes de Tunisie, faisant trois morts. Un vent de contestation souffle, fait très rare dans un pays où l’opposition est bâillonnée. Face aux troubles, le président Ben Ali, au pouvoir depuis 1987, a remanié son gouvernement le 29 décembre et limogé des gouverneurs de région. Pour le journaliste et écrivain tunisien Taoufik Ben Brik, le régime commence à se fissurer.

Mohamed Bouazizi, le jeune homme qui s'était immolé le 17 décembre à Sidi Bouzid est décédé le 5 janvier.

Cette mort va donner un second souffle au mouvement de contestation. Ces derniers temps, cette contestation s'exprimait surtout à travers l'Internet. Cette cyberguerre, on la veut aussi sur le terrain. La Tunisie avait besoin de son martyr. Maintenant, elle l'a.

De quels moyens disposent les journalistes pour rendre compte des événements de Sidi Bouzid?

Personne n’a foulé la «lune» Sidi Bouzid. C’est la cité interdite. Interdite à tous ceux et celles qui savent ébruiter de scandaleuses vérités sur la place publique. Des ébruiteurs, observateurs, journalistes; tous sont pris en chasse. Mais les autorités tunisiennes peuvent-elles empêcher l’information de gambader hors de leur périmètre de sécurité? A part le bouche-à-oreille, le téléphone arabe, il y a ces instruments du diable contre lesquels le président Ben Ali ne peut rien: les SMS, Internet, et surtout Facebook. Les Tunisiens font partie des plus grands utilisateurs de Facebook. Jamais un événement local n’a été aussi ébruité. La circulation de l’information a été tellement dense qu’elle a créé un bouchon sur l’Internet. En fait, sans Internet, il n' y aurait jamais eu une telle implosion. Il vous suffit de taper «Sidi Bouzid» sur Facebook. Des dizaines de pages s'affichent. Les Tunisiens sont de plus en plus nombreux dans le cyberespace.

Quelles sont les revendications de ces manifestants?

Ils n’appartiennent ni à des partis, ni à des organisations syndicales, ni à des associations de la société civile. Ces jeunes se sont identifiés à Mohamed Bouazizi. Ben Ali a cherché à le maintenir artificiellement en vie, mais Mohamed Bouazizi n'a pas voulu. Il s'est immolé par le feu. Il n'a pas voulu que ses brûlures restent vaines. Il faut que cette mort tragique ouvre enfin la voie à la liberté. Celle dont la Tunisie rêve depuis l'indépendance. Celle qu'elle n'a jamais eu depuis l'indépendance. L'heure est venue d'y accéder enfin.

Pourquoi les jeunes sont-ils aux avants-postes de la révolte?

Les villes tunisiennes ne sont pas adaptées aux jeunes ni aux jeunes adultes. Ils n'ont pas beaucoup de loisirs, pas de possibilité de s'impliquer véritablement dans la citoyenneté. Les nouveaux médias sont un véritable défouloir pour cette frange de la population en mal d'expression. Internet est le relais d'un hymne à l'action.

Les grandes chaînes de télévision comme Al Jazeera ou France24 se sont transformées en «radios-trottoir». Leurs sources principales ce sont ces internautes, des journalistes amateurs. Les vidéos qu'ils postent. Les journalistes de ces médias ont été censurés: ils n'ont pas vraiment eu accès aux évènements. Sauf la chaîne privée Nessma TV. Mais on peut se poser des questions sur le l'indépendance de ce média vis-à-vis du régime de Ben Ali.

Le régime de Ben Ali est-il menacé par ces troubles?

Il ne peut rien contre ce raz-de-marée qui touche bien un million de Tunisiens. Barak Obama avait qualifié le régime tunisien d'«ennemi de l'Internet» parce que tous ces sites participatifs et ces réseaux ont été bloqués par Ben Ali. Mais la pression est trop grande. Les «intifadas» successives, tout au long de ces deux dernières années, dans le bassin minier de Gafsa, à Ben Guerdane —ville frontalière tuniso-libyenne—, à Sidi Bouzid, sont venues à bout du «mythe Ben Ali», le Caligula maghrébin.

A Tunis, on raconte que même la propre fille du président, Cyrine Mabrouk, l'a supplié de débloquer Internet. Elle dirigeait le premier fournisseur d'accès Internet en Tunisie. C'était vital pour elle. Cela l'est tout autant pour le reste des Tunisiens.

Le pouvoir tunisien a-t-il encore les moyens de bâillonner cette opposition?

Bien sûr la répression est là. Mais les internautes savent bien contourner le problème. Pour ouvrir ces sites, tous utilisent un serveur proxy qui leur permet de masquer leur adresse IP. C'est le cas dans tous les pays où la liberté d'expression n'existe pas, en Chine, en Corée du nord. Ben Ali n'a pas les moyens d'empêcher cette intifada de prendre de l'ampleur.

Propos recueillis par Pierre Malet et Agnès Ratsimiala

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http://www.slate.fr

Comment contourner la censure en Egypte ?

Face à la montée de la contestation, Moubarak a décidé de couper l'accès à Internet. Les internautes égyptiens cherchent désormais à contourner la censure.

Depuis le jeudi 27 janvier 22h30, la majeure partie de l'Internet égyptien ne répond plus. Après avoir bloqué mardi l'accès aux réseaux sociaux (Twitter, Facebook), l'État Égyptien a tout simplement décidé la coupure quasi-totale du réseau à l'intérieur du pays (voir ce visuel assez évocateur).

Comment les autorités égyptiennes sont-elles parvenues à établir cette censure? Peut-elle être contournée ?

Jusqu'à présent, l'État égyptien s'était contenté de méthodes de filtrage classique empêchant l'accès aux réseaux sociaux, qui servaient aux manifestants pour s'organiser et cordonner leurs manifestations. Mais ce filtrage était imparfait, si le site public de Twitter ou Facebook était bien inaccessible, les applications sur téléphones mobiles notamment continuaient de permettre d'y accéder.

En prévention de la journée test de ce vendredi 28 janvier, le gouvernement a donc décidé d'aller beaucoup plus loin en interdisant aux quatre principaux fournisseurs d'accès (FAI) d'établir des connexions à l'intérieur ou à l'extérieur du pays. Alors qu'en France, nous comptons une centaine d'opérateurs, en Egypte, ces quatre opérateurs privés bénéficient du quasi-monopole sur le trafic internet. Entièrement soumis à l'exécutif, ils n'ont opposé aucune résistance à la requête d'Hosni Moubarak, plongeant ainsi dans le noir la grande majorité des internautes égyptiens.

Quasiment «historique», selon Benjamin Bayart, président de la French Data Network, un des fournisseurs d'accès historiques français, puisque contrairement à la Tunisie où Internet avait été coupé pour les particuliers mais restaient accessible pour les entreprises, ou en Iran, où le gouvernement avait joué sur le ralentissement du débit pour en limiter l'utilisation Là, le «blackout» toucherait 88% de l'internet égyptien. Unique exception : le fournisseur d'accès (le Groupe Noor) hébergeant le site de la bourse égyptienne aurait échappé à la censure. Seule la Birmanie avait osé aller aussi loin jusqu'à présent.

Comment le gouvernement égyptien a procédé? En ordonnant aux fournisseurs d'accès d'interrompre l'accès aux protocole BGP (Border Gateway Protocol) et DNS. Pour faire simple, l'Internet égyptien n'émet plus d'adresse IP et n'a plus de «routes» pour accéder à Internet. Les ordinateurs sont reliés physiquement à Internet puisqu'il n'y a pas eu de destruction matérielle mais les IP ne répondent plus, les routeurs internationaux sont coupés. 3500 routes ont été ainsi retirées sans laisser de chemin valide. Un peu comme si on avait supprimé tous les panneaux d’indications d’un système routier.

Les autorités égyptiennes ont également suspendu les réseaux de téléphonie mobile.

Mais si le réseau haut-débit ne répond plus, il reste cependant le bon vieux réseau analogique de liaison radio amateur qui peut permettre de contourner partiellement cette censure. La situation est assez similaire à celle des résistants pendant la seconde guerre mondiale, la problématique de communication et les risques sont les mêmes, à savoir que ce type de radio sont très facilement localisables pour la police. Telecomix, un groupe d'hacktivistes suédois multiplie ainsi les passerelles afin «d'acheminer les IP» des Egyptiens qui utilisent ce genre de radio amateurs.

Le gouvernement n'ayant pas encore osé éteindre l'intégralité du réseau téléphonique, avec une ligne fixe et un modem 56k, les Egyptiens peuvent aussi accéder au web. Notamment grâce à FDN, qui vient de lancer un réseau téléphonique commuté permettant aux Egyptiens capables de joindre la France par téléphone, d'accéder à Internet. Malheureusement, la bande passante reste très limitée.

Enfin pour les journalistes et les élites du pays, il reste le réseau satellitaire mais qui demeure trop onéreux pour représenter une véritable solution alternative.

Ce black-out de l’Egypte sur elle-même représente une solution d'urgence qui aura de toute manière du mal à être soutenu sur le long terme. La Birmanie avait réussi à le maintenir durant deux semaines mais n'avait pas les mêmes besoins politico-économiques que l'Egypte. Internet est tellement intégré la société et à l'économie égyptienne que les pertes seront considérables. Si le groupe Noor qui héberge la bourse égyptienne a été épargné, des hackers parlaient aujourd'hui de lancer des attaques DDOS afin de le faire tomber.

Les autorités devront aussi mesurer que si l’Internet représente un contre-pouvoir au régime égyptien, il est aussi une soupape de sécurité. Nul doute que la censure des réseaux risque de faire monter un peu plus le niveau d'exaspération de la société.

David Doucet

L'explication remercie Benjamin Bayart président de French Data Network, Jean-Michel Planche président de Witbe, Olivier Laurelli, blogueur sur Bluetouff, Bernard Pratz, ingénieur R/D chez Bearstech, Stéphane Bortzmeyer ingénieur à l'AFNIC, Soazig Dollet responsable du bureau Moyen-Orient et Nord Afrique chez RSF et enfin Lucie Mourion responsable Nouveaux Médias chez RSF.

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