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mercredi 16 février 2011

Une journaliste de CBS a été battue et agressée sexuellement en Egypte

Elle couvrait les célébrations sur la place Tahrir du Caire le jour de la démission du président Hosni Moubarak. Lara Logan, une journaliste vétérante de de CBS a été battue et agressée sexuellement, révèle la chaîne.

Avec son équipe, elle a été encerclée par «une foule de plus de 200 personnes frénétiques. Dans la bousculade provoquée par la foule, elle a été séparée du reste de son équipe. Elle a été encerclée, victime d'une agression sexuelle violente et prolongée, et battue avant d'être sauvée par un groupe de femmes et une vingtaine de militaires égyptiens», écrit CBS.

Cette journaliste originaire d'Afrique du Sud de 39 ans, habituée des zones de conflit, a été rapatriée aux Etats-Unis et hospitalisée.

Judith Matloff, professeur à l'école de journalisme à Columbia a rendu hommage à Logan. «Confier que vous avez été agressée sexuellement est courageux. En général, les correspondantes de guerre n'en parlent pas car elles ont peur de ne plus être envoyées en mission.»

52 journalistes agressés, un tué

D'après le Comité pour la protection des journalistes, au moins 52 journalistes ont été agressés et 76 placés en détention durant les trois semaines de manifestations qui ont conduit à la chute d'Hosni Moubarak. Tous ont été relâchés.

Un journaliste a été tué alors qu'il filmait des affrontements près de la place Tahrir, selon le CPJ. Il s'appelait Ahmad Mohamed Mahmoud et travaillait pour le journal égyptien Al-Ta'aoune.
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fr.news.yahoo

jeudi 10 février 2011

Egypte : Moubarak menace de faire intervenir l'armée

Place Tahrir, au CaireAlors que les manifestants de la place Tahrir au Caire sont toujours mobilisés contre le président Hosni Moubarak, le pouvoir a menacé de faire intervenir l'armée en cas de "chaos".

(c) AFP Place Tahrir, au Caire

Sur place. Alors que les manifestants de la place Tahrir au Caire ne semblaient pas vouloir lâcher prise mercredi, au 16e jour de révolte et au lendemain d'une mobilisation monstre contre le président Hosni Moubarak, le ministre égyptien des Affaires étrangères Ahmed Aboul Gheit a menacé de faire intervenir l'armée en cas de "chaos". Déjà mardi, le vice-président Omar Souleimane avait averti qu'une fin immédiate du régime "signifierait le chaos". Sur le rond-point devenu symbole du mouvement de contestation déclenchée le 25 janvier et transformé en village de tentes, les milliers de protestataires présents en permanence promettent de ne pas céder avant le départ du chef d'Etat, l'une de leurs principales revendications. La révolte a aussi touché la ville d'Assiout, au sud du Caire, où des manifestants anti-Moubarak ont bloqué une voie de chemin de fer et coupé une autoroute reliant le nord et le sud du pays à l'aide de pneus brûlés. Des manifestants ont également saccagé un bâtiment officiel dans la ville de Port Saïd (nord-est), à l'entrée méditerranéenne du canal de Suez, et incendié la voiture du gouverneur. A la contestation politique se sont ajoutés plusieurs mouvements sociaux portant sur les salaires ou les conditions de travail, dans les arsenaux de Port-Saïd, dans plusieurs sociétés privées travaillant sur le canal de Suez (est) ou encore à l'aéroport du Caire.

Parallèlement, la vie reprenait au Caire son cours dans la journée, la plupart des commerces ayant rouvert dans la capitale. Mais en soirée le couvre-feu reste en vigueur au Caire, à Alexandrie (nord) et Suez (est) de 20 heures (18 heures GMT, 19 heures françaises) à 6 heures.

Le nombre de victimes. Depuis le 3 février, les manifestations se déroulent le plus souvent dans le calme. Des heurts entre policiers et manifestants pendant les premiers jours de la contestation, puis entre militants favorables et opposés à Hosni Moubarak le 2 février, ont fait près de 300 morts ainsi que des milliers de blessés selon l'Onu et Human Rights Watch. La révolte a touché une ville à 400 km au sud du Caire, El Kharga, où cinq personnes, blessées dans des heurts entre manifestants et policiers ayant fait usage de balles réelles, ont succombé, selon des sources médicales.

En politique intérieure. Dans une tentative d'apaisement, Hosni Moubarak, 82 ans et presque 30 ans à la tête de l'Etat, a annoncé la création d'une commission pour amender la Constitution, dans le cadre du "dialogue national" entamé dimanche entre le pouvoir et l'opposition dont, pour la première fois, les Frères musulmans, jusqu'ici bête noire du régime. L'opposition conteste notamment les articles de la Constitution liés aux conditions très restrictives de candidature à l'élection présidentielle et au mandat présidentiel. Mais ces mesures politiques -dont l'annonce le 1er février du président qu'il ne briguerait pas un sixième mandat en septembre- ne semblent pas avoir convaincu les opposants qui exigent toujours un départ immédiat d'Hosni Moubarak. Entre-temps, les Frères musulmans ont réaffirmé qu'ils ne recherchaient pas le pouvoir, alors que beaucoup, en particulier en Occident, redoutent l'émergence d'une Egypte islamiste.

Des conséquences économiques. La crise risque de coûter cher à l'économie du pays le plus peuplé du Moyen-Orient, l'instabilité ayant fait fuir les touristes et pouvant refroidir durablement l'ardeur des investisseurs étrangers. Le directeur de l'Organisation mondiale du tourisme a déclaré mercredi ne se faire "aucun souci" quant à l'attractivité de l'Egypte comme destination touristique. Aucun assureur ne garantit la perte d'exploitation liée à des troubles ou le remboursement de frais supplémentaires pour rapatrier des touristes. Des voyagistes réclament la constitution d'un fonds de mutualisation à l'image de ce qui existe aux Pays-Bas.
Le nouveau gouvernement égyptien a approuvé, par ailleurs, une hausse de 15% des salaires des fonctionnaires ainsi que des retraites des militaires et des civils. Ces augmentations entreront en vigueur à partir du 1er avril.
Le gouvernement a approuvé également la création d'un fonds à hauteur de 5 milliards de livres (840 millions de dollars) pour compenser les propriétaires de commerces, d'usines et de voitures victimes de vol, de pillage et de vandalisme au cours des manifestations réclamant la chute du président Hosni Moubarak.
La réouverture de la Bourse du Caire a été reportée à dimanche.

A l'international. Le président de l'UE Herman Van Rompuy a concédé mardi que les Européens avaient parlé de manière trop dispersée sur les troubles en Egypte, ce qu'ont vivement critiqué les chefs des principaux groupes politiques du Parlement européen.
La Maison Blanche a de son côté assuré lundi que les autorités américaines n'étaient pas en contact avec les Frères musulmans, soulignant "les nombreux désaccords (des Etats-Unis) avec les déclarations de certains dirigeants de cette organisation". Le président des Etats-Unis, Barack Obama a estimé quant à lui que le processus politique en Egypte enregistrait des "progrès". Pour autant, selon le porte-parole du département d'Etat américain, Philip Crowley, l'organisation d'élections libres à brève échéance en Egypte constituerait "une entreprise ambitieuse".
De son côté, tout en affirmant que la France ne souhaitait pas "s'ingérer dans le choix du peuple égyptien", le ministre français de la Défense Alain Juppé a souligné que Paris soutenait l'avènement d'une "réelle démocratie" et estimé que "la transition (devait) se développer dès que possible". "J'ignore ce qui va arriver en Egypte, mais notre intérêt est clair : il faut préserver la paix qui existe depuis trois décennies et a apporté le calme dans le sud (d'Israël) et la stabilité dans la région", a à cet égard dit le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Le site internet allemand d'information Spiegel Online écrivait dans la soirée que Hosni Moubarak pourrait venir effectuer "un bilan médical prolongé" en Allemagne, évoquant des réflexions "concrètes" en faveur d'une telle solution. Le porte-parole du gouvernement allemand a toutefois assuré qu'il n'y avait eu "ni demande officielle, ni demande officieuse concernant un tel séjour".

Les consignes de sécurité. Le ministère des Affaires étrangères, notant "des signes d'une reprise d'activités" en Egypte, a indiqué mercredi que les expatriés pouvaient commencer à "préparer" leur retour dans ce pays, dans une actualisation de sa rubrique Conseils aux voyageurs de son site internet. Pour le tourisme, le Quai d'Orsay continue d'inviter les Français "à reporter leur voyage afin de s'assurer que les évolutions actuelles se confirment dans les jours qui viennent". A noter que les voyagistes français ont décidé de prolonger jusqu'au 14 février inclus, la suspension de tous les départs de vacanciers pour la Tunisie et l'Egypte, départs suspendus depuis le 28 janvier pour l'Egypte et depuis mi-janvier pour la Tunisie.

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challenges.fr

mercredi 9 février 2011

Egypte : Wael Ghonim, symbole de la "révolution Facebook"


Ce cadre de Google, relâché lundi après douze jours de détention, a été accueilli mardi de manière triomphale par les manifestants de la place Tahrir, épicentre de la révolte au Caire.


La contestation ne faiblit pas au Caire. Après un mardi marqué par les manifestations les plus importantes depuis le début du mouvement le 25 janvier, la mobilisation n'a montré aucun signe d'essoufflement dans la nuit de mardi à mercredi sur la place Tahrir, épicentre de la révolte au Caire. Malgré les nuits fraîches, la fatigue et les conditions de vie spartiates sur ce rond-point devenu un village de tentes retranché. La foule a réservé un accueil triomphal au cybermilitant et cadre de Google Wael Ghonim, libéré lundi après 12 jours aux mains des très redoutés services de sécurité d'Etat. "J'aime à appeler ça la révolution Facebook mais après avoir vu les gens ici, je dirais que c'est la révolution du peuple égyptien", a lancé le jeune homme, entouré par des milliers de manifestants. Devenu un symbole de la contestation, Wael Ghonim a confirmé dans une interview à la chaîne privée Dream 2 être l'administrateur de la page Facebook "Nous sommes tous Khaled Saïd", du nom d'un jeune homme battu à mort par la police, un mouvement qui a joué un rôle-clé dans le lancement du mouvement.

Moubarak lâche un peu plus de lest
Dans une tentative d'apaisement, Hosni Moubarak, 82 ans et presque 30 ans à la tête de l'Etat, a annoncé la création d'une commission pour amender la Constitution, dans le cadre du "dialogue national" entamé dimanche entre le pouvoir et l'opposition dont, pour la première fois, les Frères musulmans, jusqu'ici bête noire du régime. Lundi, il a promis une hausse de 15% des salaires des fonctionnaires et des retraites à partir du 1er avril, et a demandé la formation d'une commission d'enquête sur les violences du 2 février place Tahrir, où des affrontements meurtriers ont opposé pro et anti Moubarak. L'opposition conteste notamment les articles de la Constitution liés aux conditions très restrictives de candidature à la présidentielle et au mandat présidentiel. Mais les mesures politiques - dont l'annonce le 1er février du président qu'il ne briguerait pas un sixième mandat en septembre - n'ont pas apaisé la colère des protestataires qui exigent toujours son départ immédiat.

Pressions internationales
Mardi, les Etats-Unis ont appelé les autorités égyptiennes à prendre des mesures pour aboutir à des réformes "irréversibles" dans le cadre de la transition politique. Ils ont notamment présenté aux autorités égyptiennes un programme en quatre points pour mettre fin à la contestation, qui recommande notamment la levée immédiate de l'état d'urgence. Washington, pour qui le Caire reste un partenaire de la plus haute importance stratégique, tant pour le processus de paix au Proche-Orient que pour l'activité du canal de Suez, semble douter de l'engagement du président Hosni Moubarak et de son gouvernement en faveur de réformes démocratiques substantielles. La France a pour sa part appelé à "l'émergence des forces démocratiques" pour une transition qui doit se dérouler "sans violence et aussi rapidement que possible". L'ambassadeur russe à l'ONU Vitaly Churkin, a lui souhaité que le Conseil de sécurité de l'ONU se rende en visite au Moyen-Orient pour tenter de lever l'impasse au processus de paix et évaluer les troubles en Egypte et dans les autres pays de la région. De son côté, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a estimé que le peuple égyptien était frustré et attendait des "réformes audacieuses".

L'Egypte rejette les "ingérences étrangères"
Le vice-président Omar Souleimane a rejeté les "ingérences étrangères" dans les affaires de l'Egypte, sans nommer un pays en particulier, soulignant qu'elles étaient "plutôt une invitation à davantage de chaos". Il faut dire que les recommandations américaines, formulées par le vice-président Joe Biden, et qui appelaient notamment à "mettre un frein aux activités du ministère de l'Intérieur en cessant immédiatement les arrestations" faisaient figure de réponse aux propos prêtés dimanche à l'ex-chef des services de renseignement, qui aurait déclaré que l'Egypte n'est pas mûre pour la démocratie et que l'état d'urgence ne sera levé qu'une fois les condition réunies.
Par TF1 News le 09 février 2011 à 08:15