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vendredi 11 février 2011

Algérie: blessés, arrestations lors d'une manifestation "spontanée" pro-Egypte


ALGER - Plusieurs personnes ont été blessées et 10 interpellées vendredi à Alger alors qu'il saluaient "spontanément" la chute du président égyptien Hosni Moubarak, à la veille d'une grande marche pour "changer de système" en Algérie, a annoncé un chef de l'opposition, Said Sadi.

Des militants avaient commencé à se rassembler devant le siège du Rassemblement pour la Culture et la Démocratie (RCD) dès l'annonce de la démission de Moubarak, a indiqué à l'AFP M. Sadi, le président de cette formation.

"Au début, les policiers ont laissé faire. Mais c'est quand des jeunes du quartier (voisin) de Messonnier ont rejoint le groupe, c'est là qu'ils ont changé. Ils ont chargé assez durement", a-t-il indiqué.

"Il y a eu des blessés qui sont à l'hôpital Mustapha, je ne saurai vous dire combien, mais il y a eu au moins dix arrestations", a ajouté M. Sadi. "Des policiers en civil étaient en train de pourchasser les jeunes dans les rues adjacentes", a-t-il ajouté.

"Ce n'était même pas une manifestation organisée. C'était spontané. C'était une explosion de joie", a affirmé le dirigeant qui ne se trouvait pas sur les lieux au moment des incidents.

Selon un journaliste de l'AFP arrivé sur place, les militants en train de célébrer ont eu à peine le temps de s'exprimer, environ une heure, qu'ils se sont retrouvés entourés de centaines de policiers. Ces derniers les ont poussés à l'intérieur du siège du parti. Certains militants criaient "On veut la chute du régime" algérien ou "Après Moubarak, c'est Bouteflika".

Au-dessus du lieu tournoyait un hélicoptère des forces de l'ordre.

C'est là que le 22 janvier, le RCD avait été empêché par un cordon très important de forces de l'ordre de rejoindre la Place de la Concorde (ou Place du 1er Mai) pour entamer une marche, en faveur de la démocratie et de la levée de l'état d'urgence, qui avait été interdite par les autorités.

Un haut responsable du RCD sur les lieux a indiqué à l'AFP qu'ils n'allaient pas insister "afin de se préserver pour demain".

Samedi, la Coordination nationale pour la démocratie et le changement (CNDC) créée le 21 janvier, dont le RCD est membre, a appelé à une marche dans Alger, en dépit de l'interdit réitéré par les autorités, et dans différentes wilayas du pays pour "changer de système".

En prévision de cette nouvelle manifestation, toute la capitale était dès samedi quadrillée de forces de l'ordre, y compris aux entrées d'Alger où les barrages de police, en place depuis les attentats suicide de 2007, ont été renforcés.

Au Caire, le président Moubarak a finalement quitté ses fonctions et remis le pouvoir à l'armée vendredi, après trente ans au pouvoir et au terme de plus deux semaines de manifestations massives contre le régime.

(©AFP / 11 février 2011 19h39)

lundi 7 février 2011

La Tunisie est devenue le centre du monde

Ce qui se déroule en Tunisie est vraiment exceptionnel. Je me demande ce qu'il en résultera. Si la Tunisie devient une démocratie, et pour l'instant, elle en prend clairement le chemin, elle révolutionnera complètement le Magrheb et le Proche-Orient. On assiste à un déverrouillage dans précédent. En fait, c'est même mieux que cela : les verrous ont purement et simplement sauté. Les Tunisiens vivent un très grand moment dans l'histoire de l'humanité.

J'ai enfin un sondage : je me demandais quand un institut de sondage allait avoir une bonne de le faire, un résultat de sondage sur l'opinion politique tunisienne. L'agence sigma en a donc fait un.

Difficile d'en tirer des enseignements, car la Tunisie ne connaît pas encore sa classe politique. Ceux qui craignaient l'islamisme en Tunisie en sont pour leurs frais. Si le parti islamiste est connu, son leader n'a qu'une très faible cote de popularité (moins de 4% !!!). C'est fou de se dire que seul un quart de de population connaît l'ex-parti au pouvoir, autant pour l'ancien parti d'opposition laïque, et de même pour le mouvement islamiste Ehnada. Presque la moitié de la population ignore tout de la politique.

Finalement, la force politique qui semble la plus populaire, pour l'instant, c'est encore le gouvernement qui remporte une majorité de suffrages en dépit de la méfiance des Tunisiens.

Les Tunisiens sont reconnaissants envers leur jeunesse : ils estiment à 99% qu'elle a été le fer de lance de la révolte.

Parmi les institutions qui obtiennent un succès d'estime, on compte l'armée avec une cote de confiance de plus de 87%.

La présidentielle va être très ouverte, les Tunisiens ne savent pas pour qui ils vont voter : l'homme qui obtient le plus de suffrages est l'ancien opposant Ahmed Néjib avec 8% d'intentions de vote !!!

Il ne s'agit pas pour autant de tomber dans un optimisme béat : les islamistes tenteront d'appliquer une stratégie qui marche à peu près partout où ils ont pris pied. Ils mettront en action des organisations confessionnelles caritatives partout où il y a des besoins et se gagneront ainsi le soutien d'une partie de la population, notamment parmi les déshérités. Il est possible de contrer cette stratégie à condition de financer des programmes d'aide dans les zones désertées de Tunisie et en s'appuyant sur le tissu laïc local auquel devra en revenir le mérite.

Pour éviter de devoir affronter une "hard war", mieux vaut gagner la "soft war". Dans ce domaine, les Européens ont jusqu'ici été assez bons sur les marches de leur civilisation (l'Europe, en somme) mais vraiment pas fameux partout ailleurs. C'est en injectant massivement des fonds dans le tissu associatif solidaire laïc en Tunisie qu'on peut s'assurer de mettre en pièces les Islamistes en dépit de l'argent de la Réaction dont ils ne manqueront pas de disposer.

Cela suppose un renseignement efficace, capable de distinguer les associations transparentes des associations corrompues. Une chose est de vouloir et pouvoiir distribuer de l'aide et de l'argent, une autre est de déterminer à qui en toute confiance.

On dépense des sommes folles en avions espion, satellites et systèmes d'observation de toute sorte (et sans doute n'est-ce pas complètement inutile, j'en conviens), mais si l'on agissait en amont, c'est à dire au milieu des populations avec des relais d'information locaux, et de l'aide locale efficace, on s'épargnerait par la suite bien des soucis et bien des investissements aussi lourds que peu rentables, in fine.

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heresie.hautetfort.com