lundi 7 février 2011

La fortune des Moubarak dépasserait les 40 milliards

La fortune d'Hosni Moubarak serait estimée à 15 milliards de dollars, selon des experts du Moyen-Orient.
La fortune d'Hosni Moubarak serait estimée à 15 milliards de dollars, selon des experts du Moyen-Orient. Crédits photo : KHALED DESOUKI/AFP

Selon des experts cités par le journal britannique The Guardian, la fortune de la famille Moubarak pourrait même atteindre 70 milliards de dollars à la suite de partenariats d'affaires avec des entreprises étrangères.

Le peuple égyptien réclame ostensiblement son départ, mais Hosni Moubarak s'accroche. Alors qu'environ 40% de la population (l'Egypte compte 80 millions d'habitants) vivrait avec moins de trois dollars par jour, le journal britannique The Guardian rapporte ce dimanche que selon des experts du Moyen-Orient la fortune de la famille du président égyptien serait comprise entre 40 et 70 milliards de dollars. Elle serait répartie comme tel : 15 milliards de dollars pour Hosni Moubarak, un milliard pour son épouse Suzanne, huit milliards pour son fils aîné, Alaa et 17 milliards pour son second fils Gamal. Par comparaison, celle du couple Ben Ali est estimée à cinq milliards de dollars, selon le classement du magazine américain Forbes. Et celle de l'homme le plus riche des Etats-Unis, Bill Gates, à 54 milliards.

Selon le journal algérien Al Khabar, une bonne partie de la fortune des Moubarak serait déposée dans des banques ou investie dans de l'immobilier. La famille Moubarak possèderait ainsi, en dehors de l'Égypte, des propriétés aux États-Unis, en Grande-Bretagne (dont les fils et la mère détiennent la nationalité), en France, en Suisse, en Allemagne, en Espagne et à Dubaï. Enfin, ses deux fils, Gamal et Alaa ont créé et pris des participations dans de nombreuses sociétés en Europe et aux États-Unis. A en croire la chaîne de télévision australienne ABC News, le premier aurait commencé son business dans les années 80 en spéculant sur la dette de son pays sur le marché financier international. Avec les bénéfices réalisés, il acquérait des terrains militaires à des prix défiant toute concurrence qu'il revendait à des investisseurs. Le produit était directement versé dans des comptes en banques en Europe.

Régime corrompu

Cet enrichissement fulgurant ne surprend pas les experts. Selon Christopher Davidson, professeur de politique au Moyen-Orient à l'Université de Durham, Moubarak, son épouse et ses deux fils «ont été en mesure d'accumuler ces richesses dans le cadre d'un certain nombre de partenariats d'affaires avec des entreprises et des investisseurs étrangers, à l'époque où il était général dans l'armée et en position de bénéficier de la corruption dans les entreprises». Il ajoute : «Presque tous les projets ont besoin d'un parrain et Moubarak était bien placé pour profiter de toutes les offres proposées. Il y avait beaucoup de corruption dans ce régime et un étouffement des ressources publiques à des fins personnelles».

La plupart des Etats du Golfe exigent des entreprises étrangères de donner à un partenaire local 51% de parts dans de nouvelles start-up. «En Egypte, le chiffre est généralement plus proche de 20% mais cela permet toujours aux politiciens et à leurs proches alliés dans l'armée d'avoir accès à d'énormes profits sans mise de fonds initiale et avec peu de risques», poursuit le professeur de Princeton. C'est pour cette raison que McDonald's aurait refusé de s'implanter en Tunisie.

Ces pratiques seraient comparables à celles d'autres dirigeants régionaux, à en croire Amaney Jamal, professeur de sciences politiques à l'Université de Princeton.«C'est le modèle appliqué par d'autres dictateurs du Moyen-Orient afin que leur richesse ne soit pas saisie au cours d'un changement de pouvoir. Ces dirigeants prévoient ce cas», affirme-t-il.

Par Guillaume Errard
Journaliste, Le Figaro.fr

Alger : Chômeurs en colère

 Ils se sont rassemblés hier à Alger

Ils étaient venus de partout. De Aïn Témouchent, Béjaïa, Médéa, Ouargla, Bouira, Skikda, Aïn Defla, Khemis Miliana… Plus d’une centaine de jeunes (et vieux) chômeurs se sont rassemblés, hier, devant le ministère du Travail. Un travail décent, un salaire digne, une protection sociale, tel est le credo du tout nouveau Comité national pour la défense des droits des chômeurs (CNDDC).

Le siège du ministère du Travail, naguère considéré comme une citadelle imprenable pour les millions de chômeurs dont l’existence n’apparaît pas dans les statistiques officielles, l’a été davantage hier lors du rassemblement auquel a appelé le CNDDC. Le dispositif policier mis en place était des plus impressionnants pour contenir les irréductibles membres du Collectif des chômeurs suicidaires des wilayas du Sud, élargi depuis vendredi dernier en comité national sous l’égide du syndicat autonome Snapap. Les quartiers et ruelles adjacentes à la rue Mohamed Belouizdad (ex-rue de Lyon), où se trouve le siège du ministère du Travail, étaient bouclés dès la matinée par les forces antiémeute.

Le rassemblement s’est quand même tenu, soutenu par les jeunes d’Algérie pacifique, du Club des démocrates algériens, du Mouvement des jeunes indépendants pour le changement, des groupes sociaux qui essaiment la Toile DZ. Un seul député, Tahar Besbès du RCD en l’occurrence, a fait le déplacement pour soutenir le mouvement des chômeurs.
Yacine Zaïd, de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme, licencié en 2007 par une filiale de la multinationale britannique Compass, était l’un des premiers à «foncer» dans le «mur» de policiers déployés autour du ministère.
Il s’en sort avec quelques coups de trique et des lunettes cassées. «Ils (les dirigeants) se disent ouverts au dialogue et quand on est venus leur exposer pacifiquement nos doléances, on nous sort la matraque», dit-il. Plusieurs manifestants ont été molestés. Certains ont même été embarqués, puis relâchés quelques heures après.

Des slogans pleuvent, décapants, sentant le gaz moutarde : «El krassa machi daymine, khafou rab el alamin (le pouvoir n’est pas éternel, craignez Dieu !», «Messassin dima (suceurs de sang)», «Rendez-nous le sang des martyrs !» , «Djazaïr hora dimocratia (Algérie libre et démocratique)», «Barakat ! barakat min serkat el milliarate (Cessez ! Cessez de détourner l’argent public !)».
Dans son intervention, Tahar Belabès, l’ancien porte-voix du collectif des chômeurs suicidaires de Ouargla et actuel coordinateur du CNDDC, a pointé du doigt la «maffia» des bureaux de main-d’œuvre (agences de l’emploi), dénoncé «le système des quotas» dans l’octroi de postes d’emploi qui profitent (d’abord) aux «connaissances», aux «rejetons de la nomenklatura», l’exploitation des travailleurs par les sociétés de catering, de sécurité et de gardiennage, les «négriers de l’emploi» qui «s’en mettent plein les poches et exploitent les travailleurs précaires».
Il a lancé un appel à la «mobilisation générale» pour mettre un terme aux «pratiques maffieuses» qui parasitent le marché de l’emploi.

«Il y a lieu de s’interroger pourquoi le Sud connaît le plus grand nombre de tentatives de suicide de chômeurs alors que ses ressources souterraines profitent à toute l’Algérie», ajoute celui dont deux de ses frères, chômeurs impénitents, se sont déjà donnés la mort.
Le porte-parole du CNDDC, Samir Larabi, ancien journaliste à la Radio nationale, licencié après un mouvement de grève en mars 2010, a mis l’accent sur l’inefficience de tous les dispositifs d’emploi de jeunes (Ansej-CNAC). «Nous ne voulons pas devenir des patrons, nous voulons juste du travail. Un travail digne, un salaire décent. Nous voulons une vraie politique de l’emploi, qu’on mette fin au CCD, qu’on nationalise les entreprises stratégiques ; qu’on remette sur pied les entreprises communales. Nous voulons une allocation chômage à hauteur de 50% du SNMG pour tous les chômeurs.»
Reçus en délégation par des directeurs centraux du ministère, les membres du CNDDC n’ont même pas eu droit à des promesses. «Vos doléances sont entendues et seront répercutées en haut lieu, nous a-t-on dit. C’est un peu le : ’’Je vous ai compris’’ du général de Gaulle», ajoute Larabi.

Mohand Aziri
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elwatan

dimanche 6 février 2011

Quand le régime de Moubarak réquisitionne les réseaux de Vodafone

Vodafone affirme que les autorités du Caire l’ont contraint à envoyer à ses abonnés égyptiens des messages en faveur du président, Hosni Moubarak. Dans un communiqué, le géant de la téléphonie mobile affirme que ses réseaux ont été réquisitionnés en vertu du Telecoms Act. Cette loi oblige les opérateurs à communiquer à leurs clients des annonces gouvernementales
sous la forme de SMS. Selon Vodafone, les réseaux d’Etisalat et de Mobinil, deux de ses concurrents, se seraient vu adresser la même demande.
« Ces messages ne sont pas rédigés par les opérateurs de téléphonie mobile, et nous ne disposons d'aucun droit de regard face aux autorités concernant leur contenu », insiste le groupe, qui affirme avoir protesté auprès du gouvernement. « Nous avons fait savoir que tous les messages devaient être transparents et que leur expéditeur devait être clairement identifiable. » En effet, rien ne précisait que les autorités égyptiennes étaient à l’origine des SMS envoyés. Selon l’agence Reuters, l’un d'eux communiquait le lieu et l’heure d’une manifestation favorable à Hosni Moubarak.

Suspension des activités du RCD et fermeture de l'ensemble de ses locaux dans l'attente de sa dissolution

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TUNIS, 6 fév 2011 (TAP) - Compte tenu de l'extrême urgence et afin d'éviter de porter atteinte à l'ordre public et dans l'objectif de préserver l'intérêt supérieur de la patrie, le ministre de l'Intérieur a décidé, dimanche 6 février 2011, de suspendre les activités du parti du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) et toute réunion ou tout rassemblement de ses adhérents, et de fermer l'ensemble des locaux qui appartiennent à ce parti ou dont il assure la gestion, et ce dans l'attente du dépôt d'une demande aux fins de sa dissolution auprès des autorités judiciaires compétentes.

La décision du ministre de l'Intérieur s'appuie sur les dispositions des articles 2, 18 et 19 de la loi organique n°32 de l'année 1988, en date du 3 mai 1988, relative à l'organisation des partis politiques.

تونس 6 فيفرى 2011 /وات/ جاء في بلاغ صادر عشية اليوم الاحد عن وزارة الداخلية انه //اعتبارا لصبغة التأكد القصوى وتفاديا للاخلال بالنظام العام وحفاظا على المصلحة العليا للوطن قرر وزير الداخلية اليوم الاحد 06 فيفرى 2011 تعليق نشاط حزب التجمع الدستورى الديمقراطي وكل اجتماع أو تجمع لاعضائه وغلق جميع المحلات التي يملكها هذا الحزب أو التي يتصرف فيها وذلك في انتظار التقدم بطلب في حله لدى السلط القضائية ذات النظر//
وقد استند قرار وزير الداخلية وفقا لنص البلاغ نفسه الى مقتضيات الفصول 2 و18 و19 من القانون الاساسي عدد 32 لسنة 1988 المورخ في 3 ماى 1988 والمتعلق بتنظيم الاحزاب السياسية

samedi 5 février 2011

إبراهيم القصبى يكتب: ثورة تونس.. مالهاش مكان ف مصر

2011/1/21
سعدت وابتهجت لسعادة وبهجة إخوانى فى تونس للخلاص من نظام يظنونه فاسدًا وقمعيًا، ولكن سعادتى تحولت إلى قلق مرضى عندما بدأت الأصوات المحذرة من ثورة مماثلة فى مصر

وتحول القلق إلى


خوف عندما بدأ مصريون فى تقليد بدايات ما حدث فى تونس (الخضراء) ظنا منهم أن البدايات المتشابهة لابد أن تؤدى إلى نهايات متشابهة.

ولكن...

مع كامل التقدير للوضع فى تونس ومع كل الاعتراف بأن أهل تونس هم الأدرى بشعابها...

دعونا نتساءل: وماذا بعد الثورة واستقرار الأوضاع؟، هل سيحصل التوانسة على حريتهم المنشودة؟، هل سيحكم بلادهم من يرضيهم؟، وهل وهل وهل...

الإجابة من وجهة نظرى المتواضعة هى: غالبا لا.

فبعد استقرار الأوضاع وانتهاء الفرحة العارمة بالحرية، سيقفز المعارضون على أكتاف الشعب الحر ليصلوا إلى مقاعد السلطة،

وسيكتشف هؤلاء الأحرار أن دماء إخوانهم التى أريقت من أجل الحرية، إنما أريقت من أجل استبدال حاكم بحاكم أو قل طاغية بطاغية (إن اعتبرنا الأول طاغية).

ونعود إلى مصر (المحروسة)...

فلسوف نجد أنفسنا أمام شعب: أكثر عقلا وأعمق حضارة وأكثر اهتماما بالاستقرار وأكثر ارتباطا بالأرض.

فهل يقدم شعب بهذه الصفات على التضحية بعشرات بل قل مئات من أبنائه من أجل تغيير أشخاص بأشخاص؟

فيا كل مصرى ينشد خيرًا لأولاده فى هذا البلد ...

إن كان بيدك تغيير من حولك، فأرجو أن تحاول.

وإن كان بيدك أن تقدم ابنا يعرف كيف يغير، فأرجو أن تحاول.

وإن كان بيدك أن تشارك من بيده التغيير، فأرجو أن تشارك.

ملاحظه أخيرة:

إن كان التونسى أبى القاسم الشابى قد قال: إذا الشعب يوما أراد الحياة فلابد أن يستجيب القدر.

فإن المصرى صلاح جاهين قد قال:

بحبها وهى مالكة الأرض شرق وغرب

وبحبها وهى مرمية جريحة حرب

بحبها بعنف وبرقة وعلى استحياء

وأكرهها وألعن أبوها بعشق زى الداء

وأسيبها وأطفش فى درب وتبقى هى ف درب

وتلتفت تلاقينى جنبها فى الكرب

والنبض ينفض عروقى بألف نغمة وضرب


وياله من فارق ما بين الأرضين والشعبين والشاعرين

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Il faut toujours en revenir aux sources (usûl) et s'en remettre à soi-même. Un esprit clair et un bon sens bien droit doivent distinguer, naturellement, entre le possible et l'impossible ...

Discours sur l'Histoire universelle - Al-Muqaddima - Ibn Khaldoun

- Sûrement ce qui est possible pour le peuple tunisien est impossible pour les égyptiens mais j’en doute fort…-