document parut le 15 janvier 2011
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wroodelhaq
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La comparaison entre les situations égyptienne et tunisienne permet également d'estimer les politiques étrangères de Sarkozy et d'Obama. L'influence US en Egypte est certes plus importante que celle de la France en Tunisie. Or les différences sont patentes. D'un côté la passivité de la politique étrangère française, superbement illustrée par la pusillanimité de sa Ministre, par les déclarations de Bruno Le Maire allant jusqu'à prendre la défense de Ben Ali, Ali, "souvent mal jugé", et qui avait "fait beaucoup de choses". Alors qu'il avait prétendu vouloir refonder la politique extérieure autour de la question de la promotion de la démocratie, Sarkozy n'a fait que cautionner les le régime d'un homme, frauduleusement réélu pendant 24 ans et la dernière fois avec 94,49 % des suffrages, ce qui en son temps avait fait déclarer à l'ineffable Eric Raoult que ce score signifiait que « beaucoup de Tunisiens aiment Ben Ali » !
Et le 13 janvier, alors que des émeutes sanglantes faisaient 50 morts, la France se dit inquiète de «l'utilisation disproportionnée de la violence» !
Lors de sa dernière visite, Sarkozy a déclaré n'avoir pas de leçons au président Ben Ali avant de se justifier ainsi : « Et quant aux questions de sécurité et de terrorisme, qui peut penser que l'Europe serait plus heureuse avec un régime taliban en Algérie, en Tunisie, sans parler du Maroc ? ». Et le 13 janvier, prés d'un mois après l'immolation d'un jeune vendeur ambulant, alors que des émeutes sanglantes ont lieu début janvier dans le centre ouest faisant 50 morts selon les syndicats, que les rues sont pleines de manifestants sur lesquels des balles de fabrication française sont de nouveaux morts, la France se dit inquiète de «l'utilisation disproportionnée de la violence» ! Le 19 Janvier, un mois après les premiers affrontements MAM a cette phrase mémorable : «Soyons honnêtes: nous avons tous été surpris par la Révolution de jasmin" et personne n'en a perçu "l'accélération"». Pourtant la France pouvait prétendre à une énorme influence en Tunisie pour arrêter le massacre.
... et quatre jours seulement après la première journée de contestation, le porte-parole d'Obama a expressément refusé de dire qu'il soutenait Moubarak
Les USA en ont bien davantage en Egypte puisque l'aide militaire directe se chiffrait à 1,3 milliards de dollars et 28 milliards de dollars d'aide au développement ! Or le 28, quatre jours seulement après la première journée de contestation massive, le porte-parole d'Obama a expressément refusé de dire que Washington soutenait Moubarak, réitérant que c'était « au peuple d'Egypte de décider de la suite des événements », un peuple »qui a des demandes légitimes ». Mais surtout, il a admis que les Etats-Unis envisageaient de « réévaluer l'aide » qu'ils apportent à l'Egypte ! Lorsque Moubarak annonce le 1er février qu'il reste au pouvoir mais qu'il ne sera pas candidat à la présidentielle, Obama affirme avoir dit à Moubarak qu'une transition politique pacifique doit débuter "maintenant". Et pourtant l'aide apportée par Moubarak aux USA est loin d'être négligeable : relations apaisées avec Israël, musèlement des islamistes, toujours prêt à accueillir un sommet international de crise.
Obama, contrairement à notre Président a lu les télégrammes diplomatiques dépeignant une élite profondément déconnectée du peuple
Obama aurait pourtant beaucoup plus à perdre dans certaines hypothèses, mais lui, contrairement à notre Président a lu les télégrammes diplomatiques américains rendus publics par le site WikiLeaks dépeignant une élite au pouvoir profondément déconnectée du peuple. Les autorités y apparaissent comme paralysées par des luttes de pouvoir et très frileuses sur la question de droits de l'Homme. Mieux, toujours selon Wikileaks les États-Unis ont financé à hauteur de plusieurs dizaines de millions de dollars des organisations de promotion de la démocratie en Égypte, selon des notes publiées vendredi par le journal norvégien Aftenposten. Hier encore, alors que le chaos provoqué par les nervis de Moubarak régnait sur la place de la Libération, Obama a déclaré prier " pour que la violence en Egypte s'arrête, que les droits et les aspirations des Egyptiens se réalisent, et que des jours meilleurs arrivent en Egypte et dans le monde entier".
Obama a dit qu'il souhaitait un changement « maintenant » et « maintenant, cela veut dire maintenant » a sèchement ajouté son porte-parole
Si le pouvoir reprend (provisoirement) la main, c'est plus la réaction sanglante d'une bête blessée qu'une promesse pour l'avenir. Car la Maison-Blanche a vivement condamné les violences de la place Tahrir, martelant qu'Obama souhaitait qu'un changement intervienne « maintenant » et « maintenant, cela veut dire maintenant » a sèchement ajouté son porte-parole. Ce vendredi , les Etats-Unis discutent avec des responsables égyptiens des modalités d'un départ immédiat du président Hosni Moubarak et du transfert du pouvoir à un gouvernement de transition dirigé par le vice-président Omar Souleimane, rapportait jeudi le New York Times. Bien que M. Moubarak ait refusé de démissionner du poste qu'il occupe depuis près de 30 ans, des responsables américains et égyptiens réfléchissent à un scénario dans lequel M. Souleimane, soutenu par les militaires, engagerait immédiatement un processus de réforme constitutionnelle, ajoute le New York Times. Le quotidien américain cite des responsables de l'administration Obama et des diplomates arabes. Le projet est destiné à recueillir le soutien de l'armée égyptienne. C'est toute la différence entre deux diplomaties et deux politiques !
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nouvelobs.com
La Bourse de Tunis, le 1er février 2011. (REUTERS)
L’économie tunisienne a pâti de l’ère Ben Ali. «La corruption, le népotisme, la prédation, l’absence de respect des règles de droit, l’imprévisibilité de la justice, ont considérablement porté atteinte au climat des affaires et à l’incitation à investir», affirme Mahmoud Ben Romdhane, professeur d’économie à l’université de Tunis, et membre du secrétariat du Ettajdid (ex-parti communiste). Particulièrement touchées, les entreprises privées tunisiennes.
«L’un des problèmes de ce pays est le manque d’investissement de leur part. Pour ne pas s’exposer aux appétits de la famille Ben Ali-Trabelsi, elles avaient recours à une forme d’autolimitation», explique Bertrand Furno, chef du service économique régional de l’ambassade de France. Ce contexte a eu des conséquences sur la croissance et le chômage. «Du fait du déficit d’investissement, j’estime à 200.000 les opportunités d’emploi perdues sur la période 1995-2010», calcule Ben Romdhane.
A sa décharge, «le secteur privé était pressuré, poursuit cet économiste. Il n’y a pas une entreprise qui n’ait pas été contrainte d’acheter du matériel pour le compte du RCD [le parti politique de Ben Ali, ndlr] ou de verser des montants colossaux [on parle de centaines de milliers de dinars, ndlr] pour soutenir le Président lors des élections». Chaque entreprise abritait également une cellule du RCD.
Ces ponctions s’expliquent par le coût de l’Etat Ben Ali, «un appareil de répression et de contrôle de la population pléthorique», selon Mahmoud Ben Romdhane: 150.000 policiers (autant qu’en France pour un pays de 10 millions d’habitants) et 8 à 10.000 personnes détachées de l’administration et des entreprises publiques auprès du RCD. L’un des outils de «pressurisation» du pouvoir était le fameux 2626, numéro de compte d’un soi-disant fond de solidarité nationale.
«Chaque travailleur devait payer, raconte Ali, salarié d’un grand groupe. Au début, tout le monde était pour. La première fois, mon frère a donné 500 dinars. Ce montant a été ensuite reconduit d’année en année. Dans la fonction publique, il y avait des barêmes. C’était retenu sur le salaire des gens. J’ai de la chance. Mon patron est très social. C’est mon entreprise qui payait pour moi.» Cette cagnotte, sur laquelle le Parlement n’avait aucun contrôle, et dont on ignore le montant, aurait servi de caisse noire au régime Ben Ali.
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liberation.fr
Le président Barack Obama a ainsi fait savoir au directeur national du renseignement James Clapper qu'il était "déçu par la communauté du renseignement" pour n'avoir pas su prévoir les manifestations qui ont éclaté en Tunisie et provoqué le départ du président Zine El Abidine Ben Ali, selon un responsable américain informé de ces messages transmis par la Maison Blanche. D'après cette source, qui a requis l'anonymat, le renseignement n'a pas plus anticipé la révolte égyptienne.
Lors d'une série de réunions à la mi-janvier, avant les manifestations au Caire, le service de la sécurité nationale de la Maison Blanche a fait passer à de hauts responsables du renseignement le message que le président n'était pas satisfait, selon un responsable américain. Ces hauts responsables ont dû promettre de "faire mieux" la prochaine fois, selon deux sources proches du dossier.
Des sénateurs de la commission du Renseignement veulent aussi savoir à quel moment le président des Etats-Unis a reçu des informations et ce qui lui a été dit avant les manifestations en Egypte et Tunisie.
"Ces événements n'auraient pas dû nous surprendre ainsi", estime la sénatrice démocrate Dianne Feinstein, présidente de la commission. "Il y aurait dû avoir davantage d'alertes" sur les révoltes qui ont éclaté en Tunisie et en Egypte, souligne-t-elle, d'autant plus que les manifestants utilisaient Internet et les réseaux sociaux pour s'organiser. La sénatrice en vient même à se demander si "quelqu'un regardait ce qui se passait sur Internet"?
Stephanie O'Sullivan, l'une des hauts responsables de la CIA, a déclaré jeudi devant les sénateurs que Barack Obama avait été prévenu de l'instabilité en Egypte "à la fin de l'année dernière". Elle s'exprimait lors d'une audience de confirmation de sa nomination au poste de vice-directrice du renseignement national.
La sénatrice républicaine Saxby Chambliss, membre de la commission, a réclamé une liste écrite de tous les compte-rendus du renseignement reçus par Barack Obama. Elle doit être transmise sous dix jours à la commission.
Le président de la commission du Renseignement de la Chambre des représentants, le républicain Mike Rogers, a jugé toutefois qu'il n'était pas réaliste d'attendre que le renseignement prédise ce qui allait se passer dans les deux pays. "Nous devons être réalistes sur ses limites, en particulier en ce qui concerne la complexité et les interactions du comportement de millions de personnes".
De son côté, la porte-parole de la Direction nationale du renseignement (DNI), Jamie Smith, assure que le renseignement a "suivi de près ces pays et au moment où les tensions et les manifestations s'accumulaient en Tunisie, il a été tout à fait anticipé que cette activité pourrait se propager".
Officiellement, la Maison Blanche a démenti que le renseignement n'ait pas été performant sur la Tunisie et a assuré qu'il avait prévenu que la "révolution du jasmin" pourrait faire des émules. "Est-ce que quelqu'un dans le monde avait prédit qu'un vendeur de fruits en Tunisie allait s'immoler et déclencher une révolution? Non", a observé le porte-parole de la Maison Blanche Tommy Vietor.
"Mais est-ce que la communauté diplomatique et celle du renseignement avaient rendu compte depuis des dizaines d'années des troubles latents dans la région? Des changements démographiques, dont la part croissante de la jeunesse? Des frustrations générales suscitées par les conditions économiques et du manque de canaux politiques pour exprimer ces frustrations? Certainement", a-t-il souligné.
Selon une source proche du renseignement, les agences américaines avaient spécifiquement averti que les troubles en Egypte pourraient prendre de l'ampleur.
La surprise tunisienne, puis les événements au Caire, ont conduit certains responsables du renseignement à se demander si la traque des membres du réseau Al-Qaïda et de son chef Oussama ben Laden n'avait pas absorbé trop de ressources et entravé les analyses stratégiques et prévisions à long terme.
"Les communautés du renseignement américaine comme israélienne devront se demander ce qu'elles ont raté en Tunisie et en Egypte", estime l'ancien agent de la CIA Bruce Riedel. "Est-ce que nous sommes trop centrés sur le terrorisme et l'Iran aujourd'hui et pas assez sur les changements générationnels plus larges dans la région?". AP
sb/v0544/jp
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04/02/2011
Le guide suprême de la République islamique en Iran l’Ayatollah Ali Khamenei a qualifié ce qui se passe dans la région " d’évènement-miracle qui a commencé en Tunisie et se poursuit en Égypte", prévoyant que ces soulèvements restituent sa dignité à la nation musulmane .
« Le soulèvement en Tunisie et en Égypte est un mouvement de libération. En mon nom et au nom du peuple iranien et son gouvernement révolutionnaire, je salue les peuples égyptien et tunisien », a-t-il clamé dans la partie arabe de son discours-prêche prononcé durant la prière de vendredi, à l’Université de Téhéran, à l’occasion de la décade Fajr qui commémore la victoire de la révolution islamique en Iran.
Concernant le cas égyptien, il l’a qualifié « d’éclatement de la colère sacrée dans les cœurs des hommes libres face au régime traitre, qui a trahi l’Islam ».
« LES SIONISTES SONT INQUIETS CAR ILS SONT CONSCIENTS DU SEISME »
Le numéro un iranien a entre autre relevé l’inquiétude pressentie par l’ennemie sioniste face aux mouvements révolutionnaires en Tunisie et en Égypte.
« Les sionistes sont aujourd’hui plus inquiets que le président en fuite Ben Ali et son homologue égyptien, ce non-béni (Moubarak signifie en arabe béni, ndlr) » a-t-il ajouté.
La raison en est selon lui que « les sionistes sont parfaitement conscients du séisme que va provoquer le changement du pouvoir en Égypte, lequel va ramener l’Égypte à son véritable rang ».
« LES PRESIDENTS TUNISIEN ET EGYPTIEN SONT BANNIS CAR ILS ETAIENT DEPENDANTS DES AMERICAINS»
Il a de plus soupçonné les analyses occidentales de vouloir travestir les véritables raisons de ce soulèvement, leur reprochant de « se contenter d’évoquer des motifs économiques, et d’omettre les véritables raisons, en l’occurrence celles que ces régimes égyptien et tunisien ont humilié leurs peuples ».
« Cet homme de (non) Moubarak en Égypte a humilié le peuple égyptien, le président tunisien en fuite était dépendant de l’administration américaine ; certains rapports signalent qu’il était même un agent de la CIA », a-t-il précisé.
Le guide suprême a tenu à rappeler que l’Égypte qui avait été le pays qui a mené le plus de guerres contre l’ennemi sioniste, est devenu sous Moubarak celui qui impose un blocus contre la Bande de Gaza.
« Si ce n’est la dépendance de Moubarak aux sionistes, l’entité sioniste n’aurait jamais pu mener à bien ce blocus », a-t-il déploré.
A son avis, dès que le président égyptien prendra la fuite, la première porte qui se fermera en face de lui sera la porte américaine, à l’instar du Shah.
« L’Égypte est un exemple singulier : c’est le premier pays qui a obtenu son indépendance après la seconde guerre mondiale, il a de plus nationalisé le canal de Suez ; l’Égypte a été le seul pays à soutenir le peuple palestinien et a occupé un rang avant-gardiste dans le monde arabe », a-t-il soutenu.
« (…) ce pays a été criblé par les trahisons qui ont entaché sa dignité. Ce qui se passe aujourd’hui est la riposte convenable du peuple égyptien à ce crime commis par ce dictateur. Si cet étendard, que Dieu ne le veuille en arrive à tomber, c’est une ère sombre et obscure qui va s’instaurer », a mis en garde le guide suprême de la république islamique.
« N’AYEZ PAS CONFIANCE EN LES AMERICAINS ET LES OCCIDENTAUX »
S’adressant aux manifestants égyptiens, sayed Khamenei les a avertis contre le rôle actuel que les Américains et les Occidentaux sont en train de jouer, leur rappelant qu’ils ont toujours soutenu le régime égyptien.
« N’ayez pas confiance en les Américains et les Occidentaux, parce qu’ils sont prêts à substituer un agent par un autre » a-t-il également mis en garde.
Et d’ajouter : « les Américains qui ont soutenu leur agent depuis 30 ans n’ont pas le droit de s’ingérer dans les questions égyptiennes. Si le peuple égyptien peut mener à terme son soulèvement, les politiques américaines essuieront une défaite sans précédent dans la région ».
« PAS MOINS D’UN REGIME POPULAIRE FONDE SUR LA RELIGION »
"N’acceptez pas moins d’un régime entièrement populaire fondé sur la religion", a-t-il suggéré au peuple égyptien.
Sayed Khamenei s’est également adressé au clergé d’AlAzhar, l’appelant à prendre une position distincte en faveur du peuple.
Et pour terminer, Sayed Khamenei s’est attendu à ce que « les médias mondiaux répandent des informations mensongères, sur une soi-disant ingérence iranienne, l’exportation de la Wilayat-el-Faqih et sur un soi-disant prosélytisme du chiisme en Égypte ». « Nous sommes habitués à ce discours mensonger qui est relayé par les vendus. Son but n’est autre que de semer les divisions entre les peuples » a-t-il conclu, après avoir assuré aux égyptiens qu’il s’adresse à eux, en tant que frère, et par responsabilité de son engagement religieux.
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lepost.fr