mardi 22 février 2011

Libye: alerte maximum dans les bases aériennes italiennes

En août 2010, Silvio Berlusconi et Muammar Kadhafi célébraient à Rome le deuxième anniversaire du traité d'amitié entre les deux pays.

En août 2010, Silvio Berlusconi et Muammar Kadhafi célébraient à Rome le deuxième anniversaire du traité d'amitié entre les deux pays.

L'Italie, ancienne puissance coloniale et premier partenaire commercial de la Libye, en proie à une insurrection massive contre le régime de Mouammar Kadhafi, a déclenché lundi l'alerte maximum dans ses bases aériennes et décidé l'envoi d'hélicoptères dans le sud de la péninsule.

"Le relèvement du niveau d'alerte à son niveau maximum" a été confirmé par des sources au ministère de la défense italienne, interrogées par l'agence italienne Ansa à Abou Dhabi, où le ministre de la Défense, Ignazio La Russa, effectue une visite officielle.

Rome, qui a décidé de rapatrier ses ressortissants, a également décidé l'envoi dans le sud de la péninsule d'un nombre important d'hélicoptères de l'Armée de l'Air et de la Marine.

La décision a été prise après l'atterrissage à Malte de deux avions de chasse libyens et de deux hélicoptères civils. Les pilotes des deux Mirage F1, ont affirmé avoir fait défection après avoir reçu l'ordre de tirer sur les manifestants à Benghazi, deuxième ville du pays, située à 1.000 km à l'est de Tripoli, et centre de la révolte depuis le 15 février.

Mardi, le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi a convoqué les ministres concernés par la crise (Intérieur, Défense, Affaires étrangères).

Car pour l'Italie, l'enjeu est de taille.

Les deux pays ont signé en août 2008 un accord historique qui a soldé les comptes de plus de trente ans de colonisation italienne (1911-1942). Silvio Berlusconi avait alors présenté les excuses de l'Italie et s'était engagé à verser cinq milliards de dollars de dédommagements sous forme d'investissements sur les 25 prochaines années.

Depuis, l'Italie est à la fois le premier exportateur en Libye, avec une part de marché de 17,5% et le premier débouché des exportations libyennes (20%). Les entreprises italiennes ont obtenu de nombreux contrats en Libye tandis que Tripoli, qui était déjà présente dans le capital d'entreprises italiennes, a renforcé sa présence grâce à ses "pétrodollars".

Belga