samedi 29 janvier 2011

La génération Facebook plus forte que Ben Ali


Depuis que Mohamed Bouazizi s’est immolé par le feu le 17 décembre, la région de Sidi Bouzid connaît de graves troubles. Pour le journaliste et écrivain tunisien Taoufik Ben Brik, le régime de Ben Ali commence à se fissurer.

Depuis que Mohamed Bouazizi, un vendeur de fruits et légumes, s’est immolé par le feu le 17 décembre après que la police municipale lui a confisqué sa marchandise, la région de Sidi Bouzid connaît de graves troubles. Des manifestations de soutien ont eu lieu dans plusieurs villes de Tunisie, faisant trois morts. Un vent de contestation souffle, fait très rare dans un pays où l’opposition est bâillonnée. Face aux troubles, le président Ben Ali, au pouvoir depuis 1987, a remanié son gouvernement le 29 décembre et limogé des gouverneurs de région. Pour le journaliste et écrivain tunisien Taoufik Ben Brik, le régime commence à se fissurer.

Mohamed Bouazizi, le jeune homme qui s'était immolé le 17 décembre à Sidi Bouzid est décédé le 5 janvier.

Cette mort va donner un second souffle au mouvement de contestation. Ces derniers temps, cette contestation s'exprimait surtout à travers l'Internet. Cette cyberguerre, on la veut aussi sur le terrain. La Tunisie avait besoin de son martyr. Maintenant, elle l'a.

De quels moyens disposent les journalistes pour rendre compte des événements de Sidi Bouzid?

Personne n’a foulé la «lune» Sidi Bouzid. C’est la cité interdite. Interdite à tous ceux et celles qui savent ébruiter de scandaleuses vérités sur la place publique. Des ébruiteurs, observateurs, journalistes; tous sont pris en chasse. Mais les autorités tunisiennes peuvent-elles empêcher l’information de gambader hors de leur périmètre de sécurité? A part le bouche-à-oreille, le téléphone arabe, il y a ces instruments du diable contre lesquels le président Ben Ali ne peut rien: les SMS, Internet, et surtout Facebook. Les Tunisiens font partie des plus grands utilisateurs de Facebook. Jamais un événement local n’a été aussi ébruité. La circulation de l’information a été tellement dense qu’elle a créé un bouchon sur l’Internet. En fait, sans Internet, il n' y aurait jamais eu une telle implosion. Il vous suffit de taper «Sidi Bouzid» sur Facebook. Des dizaines de pages s'affichent. Les Tunisiens sont de plus en plus nombreux dans le cyberespace.

Quelles sont les revendications de ces manifestants?

Ils n’appartiennent ni à des partis, ni à des organisations syndicales, ni à des associations de la société civile. Ces jeunes se sont identifiés à Mohamed Bouazizi. Ben Ali a cherché à le maintenir artificiellement en vie, mais Mohamed Bouazizi n'a pas voulu. Il s'est immolé par le feu. Il n'a pas voulu que ses brûlures restent vaines. Il faut que cette mort tragique ouvre enfin la voie à la liberté. Celle dont la Tunisie rêve depuis l'indépendance. Celle qu'elle n'a jamais eu depuis l'indépendance. L'heure est venue d'y accéder enfin.

Pourquoi les jeunes sont-ils aux avants-postes de la révolte?

Les villes tunisiennes ne sont pas adaptées aux jeunes ni aux jeunes adultes. Ils n'ont pas beaucoup de loisirs, pas de possibilité de s'impliquer véritablement dans la citoyenneté. Les nouveaux médias sont un véritable défouloir pour cette frange de la population en mal d'expression. Internet est le relais d'un hymne à l'action.

Les grandes chaînes de télévision comme Al Jazeera ou France24 se sont transformées en «radios-trottoir». Leurs sources principales ce sont ces internautes, des journalistes amateurs. Les vidéos qu'ils postent. Les journalistes de ces médias ont été censurés: ils n'ont pas vraiment eu accès aux évènements. Sauf la chaîne privée Nessma TV. Mais on peut se poser des questions sur le l'indépendance de ce média vis-à-vis du régime de Ben Ali.

Le régime de Ben Ali est-il menacé par ces troubles?

Il ne peut rien contre ce raz-de-marée qui touche bien un million de Tunisiens. Barak Obama avait qualifié le régime tunisien d'«ennemi de l'Internet» parce que tous ces sites participatifs et ces réseaux ont été bloqués par Ben Ali. Mais la pression est trop grande. Les «intifadas» successives, tout au long de ces deux dernières années, dans le bassin minier de Gafsa, à Ben Guerdane —ville frontalière tuniso-libyenne—, à Sidi Bouzid, sont venues à bout du «mythe Ben Ali», le Caligula maghrébin.

A Tunis, on raconte que même la propre fille du président, Cyrine Mabrouk, l'a supplié de débloquer Internet. Elle dirigeait le premier fournisseur d'accès Internet en Tunisie. C'était vital pour elle. Cela l'est tout autant pour le reste des Tunisiens.

Le pouvoir tunisien a-t-il encore les moyens de bâillonner cette opposition?

Bien sûr la répression est là. Mais les internautes savent bien contourner le problème. Pour ouvrir ces sites, tous utilisent un serveur proxy qui leur permet de masquer leur adresse IP. C'est le cas dans tous les pays où la liberté d'expression n'existe pas, en Chine, en Corée du nord. Ben Ali n'a pas les moyens d'empêcher cette intifada de prendre de l'ampleur.

Propos recueillis par Pierre Malet et Agnès Ratsimiala

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http://www.slate.fr

Comment contourner la censure en Egypte ?

Face à la montée de la contestation, Moubarak a décidé de couper l'accès à Internet. Les internautes égyptiens cherchent désormais à contourner la censure.

Depuis le jeudi 27 janvier 22h30, la majeure partie de l'Internet égyptien ne répond plus. Après avoir bloqué mardi l'accès aux réseaux sociaux (Twitter, Facebook), l'État Égyptien a tout simplement décidé la coupure quasi-totale du réseau à l'intérieur du pays (voir ce visuel assez évocateur).

Comment les autorités égyptiennes sont-elles parvenues à établir cette censure? Peut-elle être contournée ?

Jusqu'à présent, l'État égyptien s'était contenté de méthodes de filtrage classique empêchant l'accès aux réseaux sociaux, qui servaient aux manifestants pour s'organiser et cordonner leurs manifestations. Mais ce filtrage était imparfait, si le site public de Twitter ou Facebook était bien inaccessible, les applications sur téléphones mobiles notamment continuaient de permettre d'y accéder.

En prévention de la journée test de ce vendredi 28 janvier, le gouvernement a donc décidé d'aller beaucoup plus loin en interdisant aux quatre principaux fournisseurs d'accès (FAI) d'établir des connexions à l'intérieur ou à l'extérieur du pays. Alors qu'en France, nous comptons une centaine d'opérateurs, en Egypte, ces quatre opérateurs privés bénéficient du quasi-monopole sur le trafic internet. Entièrement soumis à l'exécutif, ils n'ont opposé aucune résistance à la requête d'Hosni Moubarak, plongeant ainsi dans le noir la grande majorité des internautes égyptiens.

Quasiment «historique», selon Benjamin Bayart, président de la French Data Network, un des fournisseurs d'accès historiques français, puisque contrairement à la Tunisie où Internet avait été coupé pour les particuliers mais restaient accessible pour les entreprises, ou en Iran, où le gouvernement avait joué sur le ralentissement du débit pour en limiter l'utilisation Là, le «blackout» toucherait 88% de l'internet égyptien. Unique exception : le fournisseur d'accès (le Groupe Noor) hébergeant le site de la bourse égyptienne aurait échappé à la censure. Seule la Birmanie avait osé aller aussi loin jusqu'à présent.

Comment le gouvernement égyptien a procédé? En ordonnant aux fournisseurs d'accès d'interrompre l'accès aux protocole BGP (Border Gateway Protocol) et DNS. Pour faire simple, l'Internet égyptien n'émet plus d'adresse IP et n'a plus de «routes» pour accéder à Internet. Les ordinateurs sont reliés physiquement à Internet puisqu'il n'y a pas eu de destruction matérielle mais les IP ne répondent plus, les routeurs internationaux sont coupés. 3500 routes ont été ainsi retirées sans laisser de chemin valide. Un peu comme si on avait supprimé tous les panneaux d’indications d’un système routier.

Les autorités égyptiennes ont également suspendu les réseaux de téléphonie mobile.

Mais si le réseau haut-débit ne répond plus, il reste cependant le bon vieux réseau analogique de liaison radio amateur qui peut permettre de contourner partiellement cette censure. La situation est assez similaire à celle des résistants pendant la seconde guerre mondiale, la problématique de communication et les risques sont les mêmes, à savoir que ce type de radio sont très facilement localisables pour la police. Telecomix, un groupe d'hacktivistes suédois multiplie ainsi les passerelles afin «d'acheminer les IP» des Egyptiens qui utilisent ce genre de radio amateurs.

Le gouvernement n'ayant pas encore osé éteindre l'intégralité du réseau téléphonique, avec une ligne fixe et un modem 56k, les Egyptiens peuvent aussi accéder au web. Notamment grâce à FDN, qui vient de lancer un réseau téléphonique commuté permettant aux Egyptiens capables de joindre la France par téléphone, d'accéder à Internet. Malheureusement, la bande passante reste très limitée.

Enfin pour les journalistes et les élites du pays, il reste le réseau satellitaire mais qui demeure trop onéreux pour représenter une véritable solution alternative.

Ce black-out de l’Egypte sur elle-même représente une solution d'urgence qui aura de toute manière du mal à être soutenu sur le long terme. La Birmanie avait réussi à le maintenir durant deux semaines mais n'avait pas les mêmes besoins politico-économiques que l'Egypte. Internet est tellement intégré la société et à l'économie égyptienne que les pertes seront considérables. Si le groupe Noor qui héberge la bourse égyptienne a été épargné, des hackers parlaient aujourd'hui de lancer des attaques DDOS afin de le faire tomber.

Les autorités devront aussi mesurer que si l’Internet représente un contre-pouvoir au régime égyptien, il est aussi une soupape de sécurité. Nul doute que la censure des réseaux risque de faire monter un peu plus le niveau d'exaspération de la société.

David Doucet

L'explication remercie Benjamin Bayart président de French Data Network, Jean-Michel Planche président de Witbe, Olivier Laurelli, blogueur sur Bluetouff, Bernard Pratz, ingénieur R/D chez Bearstech, Stéphane Bortzmeyer ingénieur à l'AFNIC, Soazig Dollet responsable du bureau Moyen-Orient et Nord Afrique chez RSF et enfin Lucie Mourion responsable Nouveaux Médias chez RSF.

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HTC: Deux téléphone Facebook bientôt dévoilé

Voici une information qui devrait en ravir plus d'un. Le constructeur taiwanais HTC dévoilera, lors du Mobile World Congress (WMC) de Barcelone, non pas un mais deux téléphones officiellement estampillés Facebook.

Ce salon, qui aura lieu du 14 au 17 février 2011, sera l'occasion pour nous de découvrir officiellement les premiers modèles de téléphone haut de gamme qui afficheront le logo et les couleurs de la marque de Mark Zuckerberg. Ces modèles devraient, selon les premières fuites apparus sur la toile, fonctionner sous Android et permettre à leurs utilisateurs de passer des appels ou envoyer à des contacts de leur page Facebook. Les différents messages et fil d'actualités apparaitrons sur l'écran d'accueil de ses téléphones.

Le rendez-vous est pris pour le 14 février, où tous nous sera dévoilé au grand jour et nous ne manqueront pas d'être à l'affut, d'ici là, de la moindre information si (d'autres) fuites il y a.

mercredi 25 février 2009

Panne GMail : Google aurait trouvé la cause

Publié le mercredi 25 février 2009par Emilien Ercolani

Google aurait enfin trouvé la cause de la panne de la messagerie GMail hier matin.

Hier, mardi, l’accès à la messagerie de Google était impossible pour des millions d’utilisateurs. La panne a duré environ 2h30, un peu plus pour les malchanceux.

Platement et poliment, Google a donc présenté ses excuses pour cette interruption, et a déjà promis des dédommagements aux utilisateurs. Les entreprises bénéficieront de 15 jours d’accès gratuit aux services payants.

Tout le monde se demandait alors d’où venait la panne. Il aura fallu environ 24 heures pour que Google s’exprime, par la voix d’Acacio Cruz, le responsable fiabilité du service. C’est sur le blog officiel qu’il a posté une mise à jour du précédent billet. « Ce matin, il y a eu une procédure de maintenance de routine dans l’un de nos datacenters européens. Ce qui ne cause généralement pas de problème puisque les comptes sont basculés sur un autre datacenter ».

Certes, mais la manipulation aurait créé des « effets de bord » dans cet autre datacenter, ce qui aurait entrainé le même effet en chaine dans les autres centres de données.

Toutefois, ce n’est pas la première fois que Google fait « une gaffe ». Très récemment, fin janvier, les utilisateurs ont pu voir pendant 40 minutes « Ce site risque d’endommager votre ordinateur », sur tous les liens proposés par le moteur de recherche ! GMail avait également déjà eu son lot de soucis l’an dernier pendant l’été…

Mais vu l’ampleur de l’écosystème proposé souvent gratuitement par Google, on ne peut l’accabler en lui jetant la pierre pour des erreurs qui ne durent jamais plus de quelques heures.

mercredi 27 février 2008

Nokia donne de la souplesse au téléphone de demain


Photos - Le premier fabricant mondial de téléphones mobiles présente à New York un concept de combiné du futur : totalement flexible, translucide et fonctionnant à l’énergie solaire. Basé sur les nanotechnologies, il a été créé avec l’Université de Cambridge.


Nokia dévoile sa vision du téléphone du futur. Baptisé Morph, il s’agit pour l’instant d’un concept de combiné, dont la caractéristique est d’être constitué d’une matière déformable et translucide afin de pouvoir passer du format de carte postale à celui de bracelet.

Il s’agit de la première concrétisation de la collaboration du groupe finlandais avec l’Université de Cambridge autour des nanotechnologies, technologies de l'infiniment petit, à l’échelle du nanomètre (milliardième de mètre ; 10 puissance -9 mètres).

Le Morph de Nokia est présenté au Museum of Modern Art (MoMA) de New York, du 24 février au 12 mai, dans le cadre d'une exposition intitulée « Design and the Elastic Mind ».
Ici une utilisation du téléphone sous forme plane ; le clavier occupe la part majeure de la surface, qui n’est en fait qu’un écran. Notons en haut à gauche la partie circulaire faisant office de communicateur téléphonique. Un module qui peut être détaché pour devenir une oreillette. Crédit photo : Nokia




http://www.zdnet.fr/galerie-image/0,50018840,39378989,00.htm