
TUNIS — "Ils ne doivent pas lâcher sinon c'est la déroute". Pour les "tombeurs de Ben Ali", l'ex-président tunisien, dont la révolution a inspiré et servi d'exemple aux manifestations en Egypte, seule la pression pourra faire partir le raïs égyptien Hosni Moubarak.
Aux terrasses des cafés de l'Avenue Bourguiba, on ne parle que de ça. "Nos frères égyptiens ne doivent pas lâcher, Moubarak est un renard et la moindre concession de la rue ajoutera à son obstination", déclare Abdel Kader, plongé dans son journal en quête de nouvelles de la place Tahrir au Caire.
Vendredi matin, des dizaines de milliers d'Egyptiens ont commencé d'affluer pour une journée de mobilisation massive contre le président Moubarak, qui a provoqué leur colère jeudi soir en s'accrochant à son poste.
Devant la mosquée Al-Fatah, dans le centre de Tunis, la discussion s'anime entre des fidèles peu avant la grande prière hebdomadaire. "Il n'est pas parti car les Américains veulent qu'il reste", estime Adnane, 40 ans.
Youssef n'est pas de cet avis. "Ni les Américains ni l'armée ne peuvent le protéger, la pression est forte et il partira avec la volonté de Dieu".
Hosni Moubarak, 82 ans, a gouverné sans partage pendant trois décennies l'Egypte, qui compte plus de 80 millions d'habitants.