samedi 26 février 2011

Libye : les sanctions tombent

Un projet de résolution du Conseil de sécurité évoque les "crimes contre l'humanité" commis contre de la population libyenne. Barack Obama a décidé de geler les avoirs du leader libyen aux Etats-Unis. Le haut commissaire de l'ONU pour les droits de l'homme demande une intervention internationale.


Archives : Mouammar Kadhafi, novembre 2010
Kadhafi, novembre 2010 © AFP

Le geste est plus que symbolique : Barack Obama a pris vendredi des sanctions contre Mouammar Kadhafi et ses proches en signant un décret présidentiel gelant les avoirs et bloquant les biens aux Etats-Unis du leader libyen et de ses quatre fils. Washington a par ailleurs annoncé la fermeture provisoire de son ambassade à Tripoli, faute de pouvoir assurer la sécurité de ses diplomates. Des signes de plus montrant que l'étau diplomatique se resserre autour de Kadhafi. Le même jour, le Conseil de sécurité de l'ONU s'est réuni et ses membres sont tombés d'accord pour s'efforcer d'adopter une résolution imposant des sanctions contre le régime libyen.

Un projet de résolution du Conseil de sécurité, rédigé par les Occidentaux, l'avertit que "les attaques étendues et systématiques qui ont lieu actuellement en Libye contre la population civile peuvent être assimilées à des crimes contre l'humanité". "La violence doit cesser", a affirmé le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, qui, évaluant à mille le nombre de morts, a appelé le Conseil à prendre des mesures "décisives". "S'il vous plaît, Nations unies, sauvez la Libye", a quant à lui imploré l'ambassadeur de Libye à l'ONU, Mohammed Shalgham, après avoir fait défection. Il est important que "le Conseil de sécurité prenne maintenant une vraie décision pour arrêter l'effusion de sang", a-t-il affirmé.

Les démissions d'ambassadeurs se multiplient

Le régime libyen semble aussi être lâché par ses pairs arabes et les démissions de ses ambassadeurs se multiplient. La délégation libyenne à la Ligue arabe, dont le siège se trouve au Caire a annoncé qu'elle rejoignait le camp des insurgés, et a dénoncé les "crimes abominables" commis contre des civils sans armes. Les ambassadeurs de Libye en France et auprès de l'Unesco, basée à Paris, ont également démissionné.

L'UE est tombée d'accord pour décréter un embargo sur les ventes d'armes et de matériel de répression ainsi que pour geler les avoirs et interdire de visa Kadhafi et ses proches, selon des sources diplomatiques. Les Européens préparent des "plans d'urgence" pour contrôler l'espace aérien libyen mais ils ont "d'abord besoin d'une résolution du Conseil de sécurité" l'y autorisant, selon un diplomate présent à la réunion. L'Otan et l'Union européenne se sont en outre concertées sur ce même thème vendredi en Hongrie. Navi Pillay, haut commissaire des Nations unies pour les droits de l'homme, s'est prononcée en faveur d'une intervention internationale pour faire cesser les massacres. Selon elle, des milliers de personnes risquent encore de mourir ou d'être blessées dans les violences exercées contre les manifestants anti-gouvernementaux. "Monsieur Kadhafi doit partir", a souligné le président français, Nicolas Sarkozy, en visite à Ankara. Seul le président vénézuélien, Hugo Chavez, lui a exprimé son soutien.