jeudi 17 février 2011

Libye, Bahreïn, Yemen, la colère monte

Après la Tunisie et l'Egypte, la contestation s'élève en Libye, à Bahreïn et au Yemen où des affrontements meurtriers ont eu lieu.

Manifestation place des Perles le 17 février 2011à Manama

Manifestation place des Perles le 17 février 2011à Manama

Libye

Selon des ONG et des sites d'opposition, les affrontements qui ont eu lieu ce mercredi dans la ville d'Al-Baïda, l'une des principales villes du pays, ont fait au moins quatre morts. Divers appels à manifester ce jeudi ont été lancés sur Internet notamment. Le ministère libyen de l'Intérieur a limogé un haut responsable local de la sécurité, a rapporté le journal libyen Qurina sur son site internet.

Situation. En Libye, le colonel Mouammar Kadhafi dirige le pays d'une main de fer depuis 40 ans. Dans cet Etat verrouillé par le pouvoir, c'est de Bengahzi, foyer d'opposition historique au pouvoir de Kadhafi - située à 1 000 km à l'est de Tripoli - qu'est partie la contestation.

Bahreïn

Les opposants au gouvernement voulaient faire de la place de la Perle à Manama, le lieu symbolique de la contestation, à l'image de la place Tahrir du Caire. Ce jeudi, les blindés ont pris position autour de ce lieu après que les forces anti-émeutes ont dispersé les protestataires dans la nuit. Quatre personnes auraient été tuées et plusieurs dizaines d'autres blessées, a rapporté l'opposition.

Situation. Ce petit royaume du Golfe à majorité chiite. La contestation est surtout le fait de cette majorité dans un pays gouverné par une dynastie sunnite. Le roi cheikh Hamad ben Issa Al Khalifa est au pouvoir depuis 1999. L'opposition a notamment réclamé "une monarchie constitutionnelle dans laquelle le gouvernement serait élu par le peuple", mais assuré ne pas vouloir la chute du régime ni l'instauration d'un Etat religieux sur le modèle iranien.

Yemen

Dans la capitale Sanaa, les heurts se poursuivent ce jeudi entre opposants et partisans du pouvoir. L'AFP rapporte qu'une douzaine de personnes ont été blessées lorsque les manifestants, des étudiants pour la plupart, ont été violemment pris à partie à leur sortie du campus à Sanaa par des partisans du Congrès populaire général (CPG). Hier, les affrontements ont fait deux morts à Aden.

Situation. Le pays est en proie à une rébellion sécessionniste au sud et est également devenu l'un des refuges des militants d'Al-Qaïda. Malgré ses importantes ressources pétrolières, le Yémen est l'un des pays les plus pauvres du monde arabe. Plus de 40% de la population yéménite vivrait en dessous du seuil de pauvreté, fixé à deux dollars par jour.