Les manifestants yéménites, inspirés par la chute du régime en Égypte, ont voulu marcher jusqu'au quartier général de la police de la capitale, mais ils ont été accueillis par des partisans du président, Ali Abdallah Saleh.
Ces derniers les ont attaqués à coups de pierre, de poignard et de bouteille. Selon la chaîne Al-Jazira, une douzaine de personnes auraient été blessées.
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Photo: AFP/Mohammad Huwais Des manifestants protestent contre le gouvernement dans les rues de Sanaa, au Yémen. |
À Taëz, au sud de Sanaa, des affrontements ont également eu lieu entre des policiers et des opposants qui réclament un changement de régime.
Dans le sud du pays, ce sont des fonctionnaires qui ont protesté pour demander de meilleures prestations sociales. Des employés de la Yemen Gulf of Aden Port Corporation ont même réussi à chasser leurs directeurs en occupant leur entreprise.
« Les événements en Égypte et en Tunisie ont encouragé les travailleurs à défendre leurs droits et à préserver leur entreprise », a affirmé à l'Agence France-Presse Ali Ben Yahia, un responsable du syndicat de cette compagnie.
En réponse à cette protestation sans précédent, le président yéménite a déjà fait savoir qu'il ne solliciterait pas un autre mandat en 2013 et a lancé un appel à un dialogue de réconciliation avec l'opposition.
Le parti d'Ali Abdallah Saleh a demandé lundi une réunion d'ici quelques jours entre les deux parties responsables de ce dialogue.
Bahreïn également touché
Le vent de contestation souffle désormais jusqu'à Bahreïn, où des troubles ont éclaté dans deux villages. Une vingtaine de personnes auraient été blessées, et une personne serait morte.
Les policiers se sont attaqués à des manifestants chiites qui réclament la fin des discriminations de la part des dirigeants sunnites.
Ils souhaitent aussi un élargissement des pouvoirs du Parlement et la fin de l'emprise de la monarchie sur les hauts postes gouvernementaux.
Plus tôt dans la journée, un appel a été lancé sur Internet pour un grand rassemblement en fin d'après-midi dans la capitale, Manama.
« Nous invitons toute la population bahreïnie - hommes, femmes, garçons et filles - à participer à nos rassemblements de manière paisible et civilisée pour garantir un avenir stable et prometteur pour nous-mêmes et nos enfants », peut-on lire sur Twitter.
Toutefois, les autorités sont en état d'alerte et ont renforcé la présence policière dans les rues de la ville.
En entrevue à Al-Jazira, Nabeel Rajab, du Centre des droits de l'homme de Bahreïn, a déclaré que les revendications des manifestants concernaient les droits de la personne et « n'avaient rien à voir avec la famille régnante et leur régime ». L'activiste a cependant prévenu que si les autorités utilisaient la force contre les manifestants, ceux-ci pourraient être amenés à demander un changement radical de régime.
Pour empêcher un renforcement de la protestation, la famille régnante a jusqu'à présent promis un versement de 2700 $ à chaque famille du pays.
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Photo: AFP/AFP Des manifestants tentent d'échapper à la police dans le village de Biraz, à Bahreïn. |
Radio-Canada.ca avecAgence France Presse, Associated Press et Reuters
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