Après 23 ans ...
La chute de Ben Ali inquiète les autres dirigeants maghrébins. AFP
Les travaux de l’Union africaine accorderont une large place à la situation politique qui agite tout le nord du continent.
La contagion tunisienne, qui vient de s’étendre à l’Égypte et, dans une moindre mesure, à l’Algérie, au Maroc et à la Mauritanie, risque de déstabiliser quelques-uns des pays les plus riches du continent.
Au regard de la situation qui prévaut dans de très nombreux pays d’Afrique, les Africains du Nord étaient considérés comme favorisés en matière économique ou d’éducation. Cette image est brouillée.
L’échec économique de l’Afrique du Nord
Les revendications, entendues depuis plusieurs semaines des rues de Tunis à celles d’Alger ou du Caire, mettent à mal l’image de ces régimes. Les émeutiers ont mis le doigt sur l’absence de démocratie, ainsi que sur la pauvreté qui sévit au Maghreb comme au pays des pharaons.
Cette révolte sociale est née de l’échec économique des pays nord-africains. C’est le constat dressé vendredi par La Tribune. Le quotidien économique démontre « comment les pays arabes ont gâché leur croissance ». Chômage, corruption, immense fossé entre riches et pauvres sont autant de preuves de l’échec de ces pays incapables d’offrir des perspectives d’avenir à leur jeunesse, touchée par des taux de chômage explosifs (21,5 % en Algérie, 17,6 % au Maroc, 16,7 % en Égypte, selon les chiffres officiels).
Ces mouvements internes mettent aussi à mal l’image historique des pays africains du nord. Le Maroc et la Tunisie avaient ouvert la voie aux indépendances africaines. L’Algérie indépendante tenait le haut du pavé des révolutions africaines. De vaines promesses en échecs économiques, les « phares » du tiers-monde se sont éteints.
Le temps des enveloppes est révolu
Désormais, l’Algérie, la Mauritanie ou le Maroc sont plus connus comme des terres de transit pour les clandestins attirés par l’Europe. Le temps des leçons et des enveloppes en pétrodollars est terminé. L’Afrique du Nord n’a plus l’envie, ni les moyens, de jouer les bienfaitrices du continent.
Le sort du président tunisien Ben Ali a de quoi inquiéter bien des chefs d’État africains qui ont vieilli, accrochés à leur pouvoir. La contestation de la jeunesse pourrait fort bien traverser le Sahara pour s’étendre aux pays du sud, déjà affaiblis par leurs difficultés économiques ou leurs luttes internes.
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